CAYLUS ET WINCKELMANN
<lans « la médiocrité des premières idées »; car « les premiers moyens ont été perfectionnés très lentement, et par lie très légères additions, inspirées par la pratique, et principalement par la continuité des besoins ^ ». L'invention vient à son aide : mais qu'est-elle au demeurant? Le couronnement d'une série de moyens dus eux-mêmes à un grand nombre de liasards qui se complètent ^ Il est vrai que l'instinct est un agent plus efficace. L'iiomme est né « singe et copiste »; or « Tune et l'autre de ces espèces (sic) cliarge toujours; et la cbarge, ajoute très tinement Gaylus, est sans contredit une augmentation qui dans les premiers siècles a pu conduire au progrès ^ ». Après des siècles écoulés, l'art s'avance d'un pas moins indécis; il dispose plus de moyens, il sait imiter, il peut choisir. L'antiquaire alors voit « naître des divinités; c'està-dire que les liommes ])ienfaisants et les rois courageux obtiennent des autels longtemps après leur mort. Il distingue ensuite les augmentations de la superstition,... mais toujours avec la même lenteur que les secours contre les besoins \ »
L'art cependant, arrivé à ce point, peut tirer de l'esprit exceptionnel d'un homme un secours inespéré. « Il arrive quelquefois un génie juste qui éclaire ses contemporains et voit dans le ciel, pour ainsi dire, la partie qu'il veut rendre : il l'exprime alors dans toute sa simplicité. Il n'admet que le nécessaire, et, s'il se permet quelque richesse, il ne tolère que celle que l'objet autorise : d'autant qu'il n'est conduit que par la seule justesse de son esprit, puisqu'en effet il n'a point de choix à faire que sur lui-même, et... qu'il ne peut être alors ni soutenu, ni formé par la