‹ Essai sur le Comte de CaylusChapitre 169 sur 197 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

comparaison \ » L'auteur, qui note d'une manière si délicate et si juste la première apparition du goût, ne marque pas avec moins de profondeur la prépondérance de plus en plus absolue de cet élément nouveau. S'il n'y a point de place pour le goût dans Tenfance de Fart, en revanche, quand le goût est né, la destinée entière de Fart est liée à la sienne. Il en règle le développement, il en explique la bonne et la mauvaise fortune. Cause de progrès, il est cause de corruption. Car le goût, chose arbitraire, « est fondé sur le prétexte et les erreurs de la nouveauté, sa plus grande ennemie ^ ». Par là se justifient toutes les révolutions de Fart, les décadences et les renaissances, en vertu du plus simple et du plus naturel des principes, et Fliistoire de Fart offre, comme toute histoire humaine, une succession de phases logiques et bien ordonnées.

Winckelmann devait tirer un heureux parti de ces indications, courtes, il est vrai, mais fort nettes. Il étend le sujet; il l'enrichit de tout ce que la vue d'œuvres moins humbles a pu lui suggérer. Moins préoccupé d'abaisser l'orgueil des modernes en leur montrant dans Fart un vieil héritage de pratiques lentement apprises et péniblement conservées, il préfère l'histoire de sa marche à celle de ses tâtonnements, et son âge viril à son enfance. Si Caylus a surtout marqué l'uniformité des débuts, il sera plus préoccupé, lui, d'accuser les différences suivant les latitudes. Le génie propre à chaque race, l'influence du climat, seront tour à tour expliqués, exposés avec cette abondance et ce tact que peut seule fournir l'érudition mûrie par la réflexion. Caylus ne lui en frayait pas moins la route lorsqu'il poursuivait à travers ses manipulations le fantôme de l'art préhistorique. Il parle volontiers, selon le

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