L. II, chap. m, g
des objets d'art phénicien, (( destinés à plaire partout ^ ». Mais il ne cherche pas à mettre autrement d'accord ses phrases évasives et embarrassées ^ Ce qui semble évident, c'est qu'il n'a pas de doctrine sur les peuples secondaires. Il ne les connaît que par autrui, il les a peu étudiés; son jugement sur eux flotte et varie : peut-être, en ce qui les concerne, ferait-il des concessions à la théorie des « communications ». Mais, dès que les Grecs sont en jeu il reprend son ton pércmploire, et nie tout. Au fond, en vertu même de sa théorie, l'Assyrie, la Perse, la Phénicie, sont indifl'érentes à l'histoire de l'art grec : ce ne sont pas elles, assurément, qui donneront le mot de l'énigme ! De là sa négligence. Il les mentionne pour ne pas paraître incomplet, mais il a hâte d'arriver à son vrai sujet, à l'objet même du livre : la Grèce.
Autrement scientifique est la théorie de son rival, puisqu'elle pose le problème à tous les moments de l'histoire, et qu'elle fait concourir tous les peuples à sa découverte. La recherche est organisée sur un plan unique : rien ne reste hors de ses prises, et le jdus léger indice est matière à révélations.
Avant d'atteindre la Grèce, Caylus décrit ainsi comme une série de cercles concentriques. Tracés d'aussi loin que possible et toujours reliés entre eux, ceux-ci, de piste en piste, serrent de plus près l'objet à défmir, à expliquer, à montrer. Caylus suit pas à pas le progrès qui circule et se propage de proche en proche sous les espèces artistiques : il note les ressemblances et marque les emprunts. De ce chef il se trompe parfois assez gravement : mais il commet des méprises plutôt que des fautes; ce n'est pas sa méthode ni même son jugement qui a tort, ce sont ses connaissances qui sont insufhsantes. Il confond, on l'a remarqué