‹ Essai sur le Comte de CaylusChapitre 173 sur 197 · Liv. I, chap. t, g · texte numérisé non relu

Liv. I, chap. t, g

LA THÉORIE. — CAYLUS ET WINCKELMANN. 347

tion des arts, répond-il, n'est particulière qu'à un petit nombre d'auteurs grecs; mais, quand tous soutiendraient que les arts ont passé des Egyptiens aux Grecs, ce ne serait pas encore une preuve démonstrative pour ceux qui connaissent la manie des hommes pour toutes les origines étrangères, manie dont les Grecs n'étaient pas plus exempts (jue les autres peuples ^ ». Par cet étrange raisonnement, Winckelmann montre bien qu'à ses yeux l'honneur de l'art grec est engagé dans la question. Mais que vient faire ici l'honneur? Et l'avocat qui d'avance se déclare prêt à soutenir sa cause contre l'unanimité des témoignages peutil passer pour impartial? Sans doute il est bon, en matière d'art, de s'en rapporter aux monuments plutôt qu'aux textes, surtout quand ceux-ci offrent des divergences. Caylus, loin d'avoir méconnu ce principe, l'a proclamé, lui qui a eu la hardiesse d'écrire : « Si les monuments s'accordent , il faudra bien que les textes s'accordent aussi ». Mais de la critique à l'aflirmation gratuite au nom d'un principe chimérique, au nom de la prétendue origine idéale du grand art grec, il y a loin. Passe encore si Winckelmann se bornait à nier que les Grecs soient les élèves directs des Egyptiens; mais il nie qu'ils aient été à une école quelconque, même à celle des Phéniciens. Il admet pourtant, sur la foi des auteurs, que ceux-ci ont introduit les sciences en Grèce; il reconnaît qu'il serait « assez vraisemblable » que l'art eut pris le môme chemin; mais comme « cela ne peut s'accorder avec les détails qu'il a donnés plus haut » (entendez : avec le principe de la nationalité dans l'art), il rejette l'hypothèse jusqu'à plus ample informé ^ Il est moins affirmatif cependant sur la communication entre les Perses et les Égyptiens, qu'il croit seulement « douteuse », et il reconnaît le caractère éclectique

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