‹ Essai sur le Comte de CaylusChapitre 176 sur 197 · rf., I · texte numérisé non relu

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écrire tout ce qu'ils ont voulu; les Phéniciens ont d'autant moins cherché à les contredire , qu'ils les avaient obligés non comme des savants, dont les procédés ne sont pas si tranquilles, mais comme des marchands. Les Grecs ont profité de celte indifférence pour répandre des voiles sur leur première ignorance dans la vue de diminuer l'excessive obligation qu'ils avaient aux Égyptiens Telle est, ajoute Caylus, la conduite du mauvais cœur éclairé par l'esprit . Cette ingratitude des Grecs n'a pas été sans succès ^ . » D'autres savants rejetteraient peut-être les erreurs de leurs devanciers sur Finsuffisance des témoignages, dont tant sont perdus pour nous , ou sur leur courte science ; — ou encore, contents de découvrir ce qu'ils croient la vérité, ils n'accuseraient pas les anciens d'avoir pris un malin plaisir à égarer la postérité. Caylus, lui, est sûr que l'on a eu de mauvaises intentions à l'égard des antiquaires ^ Leur mission n'en devient que plus haute, puisque, en démasquant la fraude, ils servent la vérité. C'est ce qu'il n exprime pas toujours sans amphigouri : « Après tout, on ne peut dire que le projet des Grecs ne fût réfléchi et fait avec esprit; il faut même convenir que ceux qui l'avaient conçu et imaginé devaient se croire à l'abri de toute contrariété : mais l'exemple de la vérité que le temps découvre tôt ou tard devrait suffire pour corriger de tout mensonge ^. »

Assurément on peut sourire de ces sorties naïves. Cay-

1. Caylus entend par là que les Phéniciens furent seulement des intermédiaires entre l'Egypte et la Grèce.

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