‹ Essai sur le Comte de CaylusChapitre 177 sur 197 · Cf. Y · texte numérisé non relu

Cf. Y

4. VII, 151. C'est cette dernière idée qui a inspiré à Caylus les frontispices allégoriques et bizarres des tomes IV et VI. Dans le 1", les Temps sont mis en fuite par des enfants qui personnifient l'étude; dans le 2% l'Antiquité, sous la forme d'un sphinx, est dégagée en partie de ses voiles par ces mêmes enfants, malgré l'elTort des Temps pour en rajuster les plis autour de la figure. Le commentaire explicatif de ces deux planches est d'un mauvais goût tout à fait réjouissant.

LA THÉORIE. — CAYLUS ET WINCKELMANN

lus se les fût épargnées, s'il s'était souvenu de ce qu'il avait écrit lui-même excellemment sur les Çoava \ Si les premiers ouvrages de l'art, statues ou colonnes, ont été d'abord travaillés dans le bois par les Grecs, les Égyptiens, et même « par tous les peuples », comment s'étonner de leur rareté? Il serait singulier qu'une matière aussi légère eût résisté mieux que la pierre à l'action du temps. Laissons donc l'argument pour ce qu'il vaut. Mais reconnaissons tous les services qu'il a pu rendre. Caylus a cru que sur ces questions d'influence et de pénétration réciproque des divers arts nationaux tout était encore à découvrir, et il a eu raison de le croire. Non seulement il a signalé cette question, mais il l'a traitée, parfois avec bonheur. Il ne s'est pas trompé quand il a affirmé la prodigieuse antiquité des Egyptiens, et qu'il a cru pouvoir distinguer deux périodes dans l'histoire de leur art, l'une d'expansion au début, l'autre d'arrêt et d'immobilité séculaires ^ Il ne s'est pas mépris sur la nature des services rendus par les Phéniciens, sur le caractère international de cet art conçu pour le colportage. Sur l'art étrusque, cette sorte d'x, à' inconnue de l'archéologie que chacun dégage alors à sa façon, il a dit tout ce que l'on pouvait savoir de son temps, et même quelque chose de plus, lorsque, avant Winckelmann, il soupçonnait l'origine grecque des vases peints, et croyait pouvoir affirmer de tel ou tel qu'il a dù être fait « après que la nation [étrusque] a vu, examiné, comparé des ouvrages grecs du bon style ^ ». A chaque instant, il voit juste sur le principe, sinon toujours sur l'application. Avec une

1. II, 112 et suiv. Caylus fait allusion dans ce passage à ce qu'il a dit « dans les Mémoires de l'Académie ». Nous n'y avons rien trouvé de spécial sur cette question. S'agissait-il d'un travail particulier, qui serait perdu? Ce serait en ce cas grand dommage, et rien n'eût été plus intéressant pour nous.

2. III, 2, 3. Voir l'éclatante démonstration de ce fait dans le tome I de MM. G. Perrot et Chipiez, l'Egypte.

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