‹ Essai sur le Comte de CaylusChapitre 44 sur 197 · L. VI · texte numérisé non relu

L. VI

2. C'est ainsi que l'appellent Guasco et Montesquieu dans leurs lettres.

Mme Gcofîrin, bien qu'il fût déjà tle ses mercredis Sans doute il se prit lui-même pour un artiste, étant de ceux qui croient qu'un brevet vous confère toutes les connaissances qu'il suppose. En tout cas, il tenait, suivant son habitude, largement sa place, et même un peu plus, dans cette compagnie d'esprits et de talents divers qu'il nous a fort joliment dépeinte. C'est l'endroit le plus vivant et le plus intéressant de ses Mémoires^ tour à tour trop admirés et trop oubliés ^ On y voit les discussions de Carie Vanloo, l'endormi, avec Mme Geoffrin, la même qui faisait ajouter une perruque au buste de Diderot; on y voit Souffïot, dont la pensée (( était inscrite dans le cercle de son compas » ; Boucher, qui « n'avait pas connu les Grâces en bon lieu », et pas mal d'autres originaux. Tout ce monde d'artistes, en général assez ignorant, s'accommodait fort de Marmontel, homme en place, homme à principes et à citations, et, pour tout dire d'un mot, philosophe. Quant aux amateurs qui assistaient à ces dîners, « et il y en avait d'imbus d'assez bonnes études », ils faisaient aussi bon visage à ce littérateur. <( Un seul, ajoute-t-il, ne me marquait aucune bienveillance; et dans sa froide politesse, je voyais de l'éloignement : c'était le comte de Caylus. »

Ici, il faut citer le portrait tout entier; car Marmontel fait à cet ennemi muet l'honneur d'une peinture très étudiée : il y a loin de ce morceau aux croquis brefs et légers dont nous parlions tout à l'heure. L'auteur a quitté le crayon pour prendre le pinceau :

« Je ne saurais dire lequel de nous deux avait prévenu l'autre; mais à peine avais-je connu le caractère du personnage, que j'avais eu pour lui autant d'aversion qu'il en avait pour moi. Je ne me suis jamais donné le soin

1. Il logeait chez elle à cette époque, mais il payait son logement; en tout cas, il l'affirme très haut.

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