‹ Essai sur le Comte de CaylusChapitre 72 sur 197 · L. LUT · texte numérisé non relu

L. LUT

à Parme, est mal placé pour se procurer des antiques. Les fouilles de Véleia ne donnent presque rien. Caylus est obligé de se rabattre sur la « pauvre Gaule », qu'il a continué à mettre, malgré les remontrances de Paciaudi, dans la noble compagnie de ses sœurs aînées. De ce côté lui viennent, tantôt des trouvailles précieuses, tantôt de grandes déceptions. Il achète en Daupbiné, dans les Vosges, à Marseille, où il peut, comme il peut. Parfois un cabinet entier, acquis en bloc, ne lui fournit que trois planches médiocres. Décidément il y renonce. Si on lui trouve des antiquités, tant mieux; sinon, il s'en console aisément, « d'autant que six volumes sont bien suffisants et peuvent être regardés comme autant d'inconvénients à la sagesse ^ ». Et Paciaudi, qui connaît son homme, de répliquer : « Vous êtes dégoûté de l'antique parce que vous n'avez pas sur votre bureau, à votre ordinaire, deux cents morceaux à expliquer ». Caylus, en effet, dit bien adieu au lecteur à la fin de son sixième volume : toutefois, quand l'éditeur veut intituler « dernier » ce même volume, il l'en empêche, et songe qu'il pourra donner un supplément ou en laisser la matière, « si par hasard, dit-il, scampo di quà ». C'est que sur ces entrefaites les objets ont afflué : « Les monuments ont pris pour ainsi dire le chemin de ma retraite ». Parmi ceux-ci se trouvent les charmants petits bronzes de Chalon-sur-Saône, que l'évêque de Chalon lui a adressés lui-même. Comment résister ^?

En même temps, il donnait à d'autres arts des preuves de son zèle. 11 encourageait l'étude du modèle vivant, par un prix qui, sous le nom de Prix d'expression, fut décerné

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