Barthélémy à Paciaudi, 1. II (dans la Corr. de Caylus
Je jette ces gravures dans un coin avec leurs explications, et quand il y en a de quoi faire un vokmie, je les donne à quelqu'un de notre Académie, qui veut bien corriger les épreuves et veiller à l'impression, ce que je serais incapable de faire \ »
Deux volumes ont déjà paru. Paciaudi se fait fort de fournir la matière d'un troisième, et y réussit. Mais Caylus n'est pas pressé de le publier. Depuis sa relation avec un savant homme, il semble plus difficile pour lui-même. Il se décide enfin, quoique l'ouvrage ne le satisfasse pas : mais le public sera peut-être indulgent, « s'il devient posthume ». Caylus ne soupçonne pas encore jusqu'où son Recueil va le mener. « Je parie que vous ferez un quatrième volume! » lui écrit Paciaudi. Caylus demande qu'on lui en fournisse les moyens. Les antiques arrivent à souhait. « Je triomphe sur l'étrusque, mon romain est singulièrement étoffé, l'égyptien va un peu, mais le grec respire à peine ^ » Le grec est toujours sa « classe faible ». Tout en est rare, et fort cher; c'est en vain que Paciaudi écrit à Venise pour en avoir. Il n'y a plus rien nulle part, « même chez les juifs ». En revanche, l'égyptien est d'une acquisition facile : bientôt Caylus est « inondé, accablé, étouffé, par le nombre des égyptiens ». Il en a jusqu'à 297 morceaux! Voilà le quatrième volume sous presse, et il paraît dès 1761, un an seulement après le précédent. Le cinquième suit de près, quoique la pénurie de grec embarrasse de plus en plus Caylus, et lui arrache ce cri : « Ah! si je pouvais fourrager deux heures dans le cabinet du roi de Naples, comme je ferais de bonne besogne! car j'ai le coup d'œil preste et assez juste M » Mais, pendant qu'il prépare un sixième volume, un peu de fatigue se trahit. Paciaudi, maintenant