Voir sa 17e, par l'abbé Deltey, 2 vol. in
SA JEUxNESSE. 5
« aimé et caressé » ; qu'il y a « passé son enfance en quelque façon * ». L'ancien aumônier du roi dut prendre souci de ces deux enfants que le demi-exil d'un père, la demidisgrâce d'une mère menaçaient dans leur avenir. Son habitation de Régennes, où fréquentaient souvent les tantes des enfants, Mmes de Caylus et de Lignerac, leur fut sans doute une seconde maison paternelle. La proximité du domaine de la Source, où résidaient les tantes du côté maternel, rend la supposition plus vraisemblable encore. Les Villette avaient à Sens d'autres attaches : le couvent où Mme de Caylus aimait à se retirer dans ses jours de tristesse n'est certainement autre que celui dont sa jeune demi-sœur, Mlle Louise Le Valois, était abbesse ^ Auxerre était donc, pour l'éducation de ses fils, un point central tout désigné. Les relations entre les deux familles étaient d'ailleurs bonnes à cette date, et la tendresse récente de Mme de Caylus pour le jansénisme ne pouvait que les rendre meilleures. Faut-il aller un peu plus loin, et croire, en rapprochant les dates, que l'évêque d'Auxerre ne fut pas étranger à cette sorte de conversion, si joliment narrée par cette mauvaise langue de Saint-Simon ^? Et ce regain de faveur, qui suivit de si près le retour de la disgraciée aux saines doctrines prêcliées par Mme de Maintenon, n'était-il pas pour déplaire au prélat opiniâtre, ne marqua-t-il pas un changement dans leurs rapports? Cela semble probable, bien qu'à vrai dire nous ne sachions rien de positif. On peut seulement observer
1. Bec. d'antiq., VII, 290 (à propos de dessins de monuments qu'il a reçus d'Auxerre) : « Ils me donnent occasion de parler d'une ville dans laquelle j'ai passé mon enfance en quelque façon, dans laquelle j'ai été aimé et caressé, et dans laquelle enfin on conserve une si grande amitié pour un oncle respectable.... J'étais trop jeune, et trop peu éclairé dans le temps que j'ai habité Auxerre pour juger [de ces monuments] par moimême. » Ces lignes étant écrites l'année de sa mort, il faut croire qu'il ne retourna plus à Auxerre depuis l'époque où il prit du service. (1707 environ. Il avait alors quinze ans.)
2. Voir Lettres de Mme de Caylus à la suite des Souvenirs, édit. Raunié, passim.