‹ Essai sur le Comte de CaylusChapitre 10 sur 197 · Mm., III · texte numérisé non relu

Mm., III

que, durant sa dévotion janséniste, tout semble rapprocher Mme de Gaylus de l'oncle de ses enfants : après, nous voyons clairement que tout l'en détache. La même correspondance , qui laisse deviner Tharmonic des premiers jours, accuse vivement les tiraillements des derniers \

Képoque intermédiaire fut la plus dangereuse à passer. C'était au lendemain de la mort de son mari (fin 1704). La veuve du menin de Monseigneur était réduite à l'état le plus précaire : sans charge, exclue de la cour, à peine pourvue d'une pension de six mille livres, elle n'avait pour l'établissement de ses fils ^ que le titre tous les jours plus discrédité de nièce de la favorite. Elle était encore jeune, et plus belle, plus spirituelle que jamais. Veuve à trente et un ans, quel usage allait-elle faire de sa liberté? Elle était femme à braver l'opinion, et l'avait prouvé ^ La moindre imprudence pouvait la perdre, et avec elle ruiner ses enfants. Un miracle de sagesse seul devait sauver la fortune chancelante de la famille. On pouvait craindre pour elle : mais elle sentit le danger. Dès lors, elle mit à reconquérir les positions perdues la prévoyance d'une mère et la diplomatie d'un vieux courtisan. Mme de Maintenon, dans cette crise, ne lui épargna pas l'appui de ses conseils judicieux, et non moins sévères. Qu'on en juge :

« A Saint-Gir, ce 30 décembre 1705.

(( Je suis ravie, ma chère niepce, de vous avoir fait plaisir. J'avois hésité entre vos enfants et vous, parce que c'est eux qui sont présentement plus mal dans leurs affaires que vous. Mais j'ai comté sur votre vertu et sur votre ten-

Page 1