Î. — DESCRIPTION ET VALEUR DES MODIFICATIONS DES BRUITS NORMAUX
Ces modifications sont capitales en l'espèce. Dûment constatées elles peuvent suffire pour établir que l’une des
valvules du cœur est touchée à un degré quelconque par le processus morbide, qu’il soit infectieux ou simplement inflammatoire. \
Dans le rhumatisme articulaire aigu, c'est vers le dixième jour que dans les deux tiers des cas ces modifications commencent à apparaître. is He
Au niveau du foyer d'auscultation de la mitrale, le bruit systolique normalement sourd et profond, se voile, et paraît plus sourd et plus éloigné. Ces caractères vont en se prononçant pendant quelques jours, mais sans qu'ils aillent jamais jusqu’à la disparition du bruit.
* Après être restés stationnaires pendant un temps plus où moins long ; sous l'influence d’un traitement énergique, ou par la seule marche naturelle de la maladie, ils reprennent peu à peu leur clarté primitive et finissent par retrouver leur timbre normal, ne permettant plus de constater les traces de l'atteinte qu'a reçue l’'endocarde.
Mais dans certains cas les choses ne se passent pas
aussi simplement, le bruit éteint prend alors un autre caractère, il devient dur et comme métallique. Puis cette altération disparaît à son tour pour faire place au bruit normal.
Dans des cas encore plus complexes, on peut voir les bruits passer successivement par ces diverses phases de bruit voilé et de bruit dur, qui paraissent correspondre à des recrudescences et à des atténuations de l’endocardite.
Mais c'est surtout quand les valvules aortiques se prennent que ces modifications sont faciles à noter et à suivre. L'existence des deux foyers d’auscultation pulmo-
ire et aortiq 6 la fréqience dés dédoublements nor- | pr Dr cette étude, comme nous l'avons
signalé plus haut. DT Fasmobiqur 2238 24} 926118 1ér
L'äbaissement des sigmoïdes produit, Soda dit,
ui son diastolique clair et bref. Ce timbre continue à étre
“entendu dans le éecond espace intercostal près du bord
gauche du sternum au niveau des sigmoïdes pulmonaires,
si rarement prises par l’endocardite. Mais si on ausculte
à droite dans l’espace correspondant le long du sternum on constate que le claquement y devient graduellement éteint et étouffé. M. le professeur Potäin à l'habitude de le comparer alors au bruit du tambour voilé d’un crépe.
C'est à Bouillaud qu'il a emprunté cette pittoresque
comparaison. C'est à elle certainement qu’à dû penser
. Beaudelaire, atteint d'une affection cardiaque, quand il a écrit ces “deux vers :
ere CŒuUr come Un FETE es yoilé Va battant des marches funébres.
Après être resté quelque temps éteint ef comme enroué, le bruit aortique reprend peu à peu de sa netteté, puis on le voit devenir bientôt plus dur que le bruit pulmonaire, et prendre un caractèré parcheminé.
Cet état cède à son tour et le bruit redevient enfin normal, non sans avoir pu aussi passer par les phases successives de bruit éteint et de bruit dur, et cela à
plusieurs reprises.
Enfis dans certains cas le caractère parcheminé du bruit a persisté et les malades l'avaient encore à leur sortie de l'hôpital.
Cette altération disparaîten moyenne du 11*°au 23° jour après le début. Quand les deux bruits sont pris, ils ne se rétablissent pas aussi rapidement l’un que l’autre.
Ce sont les valvules aortiques que l’on a trouvées prises le plus souvent, vient ensuite la mitrale, et enfin l’altération simultanée des deux valvules gauches.