‹ Essai Sur Le Diagnostic De L'endorcardite Aiguië Simple Valier Des Modifications Des Bruits NormauxChapitre 17 sur 30 · Dans la péricardite nous ferons les mêmes observations · texte numérisé non relu

Dans la péricardite nous ferons les mêmes observations

La présence de liquide dans le péricarde fait paraître les bruits éloignés et assourdis. Cet épanchement peut être tel qu’il masque complètement les bruits du cœur. Ceux-ci se font entendre à nouveau et reprennent leur force première au fur et à mesure de la résorption du liqude. Mais dans ces cas les bruits du cœur ne seront

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pas seuls modifiés, le choc en premier lieu cessera d’être perçu, et la matité de la région précordiale sera accrue bien plus qu’on ne l’observe dans l’endocardite.

Dans la péricardite sèche les frottements qui se produisent dans l'enveloppe séreuse du cœur, peuvent occuper l'oreille au point que les bruits normaux paraissent notablement atténués. |

La coexistence fréquente de l’endocardite et de la péricardite devra faire apporter une certaine réserve dans le diagnostic.

3. Nous savons que l’emphysème s’oppose à une bonne transmission des bruits, et leur donne une sorte de caractère éteint. Il ne faudra donc pas supposer une altération des valvules si on trouve avec des bruits ainsi modifiés la voussure du thorax, le tympanisme, l’affaiblissement du murmure vésiculaire et les autres symptômes de cette altération du parenchyme pulmonaire.

4. L'existence d’une tumeur du médiastin où de l’abdomen, d'un épanchement pleural peut déterminer un déplacement du cœur tel que les bruits paraissent affaiblis aux foyers habituels d’auscultation. I] suffit pour éviter l’erreur d’ausculter avec un peu d'attention, on trouvera que les maxima sont seulement déplacés et qu’il en est de même pour la pointe du cœur. En cherchant du côté des viscères voisins on aura l’explication de ce déplacement.

5. L’affaiblissement du cœur, dans l’asystolie, la sénilité, la fièvre typhoïde, à la période ultime des malades se traduit à l’oreille par une diminution dans la force des bruits. Mais cette modification se produit également sur

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les battements qui sontsouvent aussi irréguliers, le pouls devient misérable, la circulation périphérique s’'embarasse, 1] se produit en somme un ensemble de désordres bien plus en rapport avec la dégénérescence du myocarde qu'avec une simple altération valvulaire.

Dans tous les cas que nous venons de passer en revue,

on trouve tous les bruits également affaiblis. Or, comme

l'endocardite ne se montre guère que dans le cœur gauche, on devrait alors trouver un bruit normal au moins à l’un des foyers.

III. — Dans un autre groupe de cas, on observe, au contraire, une exagération simultanée des claquements aortiques et pulmonaires. Signalée dans l’anémie, la leucocythémie, la dysenterie, la fièvre typhoïde, le rhumatisme articulaire aigu, la pneumonie, après la disparition de la période fébrile, elle pourrait faire penser au bruit dur que nous avons vu succéder au bruit éteint dans l’endocardite. Certes, la distinction ne sera pas toujours facile, surtout pour un observateur n'ayant pas assisté au début de la maladie. D'autant plus que dans la plupart d’entre elles les valvules sont souvent touchées. Ce n’est qu’en constatant au foyer pulmonaire une modification semblable à celle du foyer aortique qu'on devra mettre en doute l'existence d’une cause organique.

IV. — Nous avons vu qu'il est deux groupes d’affections dans lesquelles l’une seulement des deux parties du second bruit est modifiée. Par suite de l’exagération de pression dans l'artère pulmonaire, le claquement valvulaire de cette dernière est exagéré. Quand cette augmentation de tension se produit dans la grande

circulation, c'est l’altération du bruit aortique qu'on observe. Dans le premier cas, l'accentuation du ton pulmonaire pourrait faire paraître le ton aortique relativement éteint. Dans le second, on pourrait croire au claquement dur de l'endocardite. Je crois cependant que ce diagnostic se posera rarement parce qu’on à affaire alors à une affection chronique à laquelle correspondent des bruits qui varient peu. Tandis que dans l’endocardite, affection aiguë, on assiste quelquelois d’un jour à l’autre à des transformations et à des changements successifs. Ce n’est que dans le cas d’une poussée aiguë entée sur une lésion ancienne, qu'on pourra être dans l’incertitude.

En terminant ce chapitre de diagnostic, nous devons ajouter que dans tous les cas que nous venons de passer en revue, c’est plutôt l'intensité des bruits qui est augmentée ou diminuée, tandis que dans l’endocardite, c’est surtout le timbre qui est modifié. Toutefois les différences entre ces caractères : ton, timbre, intensité, sont souvent difficiles à apprécier pour le cœur, ainsi que Bouillaud le reconnaît. C’est d'autant plus exact que leurs altérations peuvent être connexes et parallèles.

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