ARTICLE PREMIER
Considérations générales et observations particulières sur T anévrisme de l'aorte »
Les lumières que la belle découverte de l’auscultation médiate a répandues sur le diagnostic des maladies du cœur et des poumons n’avaient point encore tout-à-fait dissipé l’obscurité dé celui des anévrismes de l’aorte , lorsque M. le professeur Laennec publia son excellent ouvrage. A cette époque (1S19), célèbre observateur que je viens de nommer s’exprimait ainsi en parlant des signes de l’anévrisme de l’aorte : « Je ne sais trop encore jusqu’à quel point l’auscultation médiate pourra servir à établir le diagnostic des anévrismes de l’aorte. J’en ai peu rencontré depuis le cornmencement de mes
recherches. Quelques-uns de ces faits donnent l’espérance, et même la certitude que , dans plusieurs cas au moins , le cylindre fera reconnaître la maladie avant qu’elle ait produit aucun symptôme local ou général grave. D’autres, au contraire , prouvent qu’un anévrisme trèsvolumineux de l’aorte pectorale peut exister sans que l’auscultation le fasse reconnaître, surtout si l’on n’a d’ailleurs aucun motif d’en soupçonner l’existence. » Deux observations d’anévrismes de l’aorte que j’ai recueillies récemment, sous les yeux et à la clinique de M. le professeur me portent à croire qu’au moyen d’une auscultation
attentive , on parviendra à reconnaître cette affection , même lorsqu’elle a son siège sur la partie ascendante et la crosse de l’aorte. Cette assertion, en apparence contradictoire à l’opinion de M. Laennec^ se concilie néapnaoins parfaitement avec elle. En effet, dans les cas rapportés par Laennec %ire voir que l’anévrisme de la crosse de l’aorte pourrait être facilement méconnu , le cylindre n’avait point été appliqué sur le sternum. Si M. Laennec eût pratiqué l’auscultation dans cet endroit , je suis bien persuadé qu’il aurait reconnu l’anévrisme , d’autant plus qu’il l’avait effectivement annoncé dans des cas où le diagnostic était bien plus difficile. .Ce ne aéra qu’après avoir rapporté les deux exemples d’anévrisme de la crosse de l’aorte dont j’ai parlé que j’exposerai les signes de cette maladie.