I.'® OBSERVATION
SjmptQpies génér(i'UPÇ des maladle^r duyçoeur f battemens très-^Jorts et soMoressous lesteermm ellesçfirtilages des premières cotes droites ^etc. — Mort six semaines après:rentrée; -r^^ 72 €Pm/w< 5 inr«f </ie /« crosse de^ Vaorte ^ hypertrophie et dilatation du ventricule,gauche. , ossifiça~. lions et iilcérations de raorte, péritonite et entérite.
Jean Hivet^âgéde soixante-cinq ans, terrassier, pas très-fortement constitué d’unp taille etd’unembonpointmédiocres, pâle, cheveux cendrés, entra à l’bôpital Co^in le novembre-1822. Il éprouvait depuis trois
ans des jf^lpitations et des étouffemens qu’il attribuait aux rhumôs nombreux dont il avait été affecté. Ün nouveau catarrhe bronchique qu’il avait eontracté dans le mois de septembre dernier l’avait forcé de s’aliter. Depuis cette époque , son état s’était considérablement aggravé , et il ne poutait plus continuer seS pénibles travaux.
Voici les phénomènes que nous ob^vâmes à son entrée : tèînt d’un pâle jaunâtre , pesanteur de tête , vertiges , étourdissemensétouffement au moindre exercice , sentiment faiblesse dans làÿ^ion épigastrique, avec tendance à se trouver engourdissement des membres inférieurs tel, que souvent le malade les croit morts j toux avec crachats épais ^ collans , muqueux ; langue rouge sur les bor^ j jaunâtre au milieu , assez humide ; inappétence et nausées , pouls irrégulier, inégal,, intermittent, sans harmonie avec les battemensdu cœur.
Auscultation. Le murmure respiratoire s’entend dans toute la circonférence de la poitrine ; il est même assez bruyant ; les ibattor mens du cœur se font îégaleinent entendre dans toute l’étendne du thorax. Explorés à la région précordiale , les battemens des ventricules, très-inégaux, intermittens, sontclairs, sonores et d’une impulsion médiocre. Au milieu de pulsations faibles se manifestent des contrap-r tions brusques, soudaines , analctgues au soubresaut d’un ressort. Sous le sternum et les cartilages des premières côtes sternales droites ^ on entend do^s battemens simples ^ .accompagnés d’un bruit très-clair ^ comme éclatant et mêlé d'une sorte de siffiement particulier. Les cont;r.actions des oreillettès s’entendent bien vers les clavicules ; on ne les eptend que très-confusément, au contraire , dans la région du cceuTi
.J^iagnostiç. Hypertrophie anévrismale des ventricules, anévrisme dç l’aorte sous-sternale. : — : . i ,
iVc 5 cri/zimn,:;till. ©rang. juL digff. vpédib rinap;- Lesjours suivons le malade se trouve un peu mieux ; le sommeü est tranquille,: le pouls moins irrégu lier ; la respiration ne paraît pas gênée. i
Les 8 et 9 dépCftibre , l’oppressiun es;t frès-Donsldérablei Jb eafcur
frappe la main par une largue surface , les battemens du ventricule gauche^ moins forts et moins irréguliers qu’à l’entrée , sont accompagnés d’un sifflement assez marqué , qui ne paraît être que le retentissement de celui qui existe sous le sternum et les cartilages des premières côtes droites. On continue l’emploi de la teinture de digitale , dont la dose, graduellement augmentée, s’élevait le 14 décembre à soixantecinq gouttes.
Le 19 décembre, à la visite du matîù , le malade offre des signes d’aliénation mentale. Son visage , singulièment décomposé, exprime un sourire stupide. L’on suspend l’usage de la digitale.
Le 20 , l’aliénation mentale persiste. Get homme s’imagine qu’il va èXït fusillé ; il dit tranquillement, et avec l’air delà plus intirne conviction qu’il voit disposer Jes préparatifs de son supplice , demande grâce à tout le monde, etc. Pendant le reste de la journée, il s’imagine être à la pêche dans son pays. Le pouls est ralenti, mais très-irrégulier; dé temps en temps plusieurs pulsations se succèdent coup siir coup.
‘ * Le 2:1 ^ âu matin, continuation du délire tranquille, pommettes injectées, yeux brillans. ( M. Berlin prescrit une saignée de pied }. Le soir, le malade paraît paisible , son visuge est moins^ coloré ; il est plus que jamais persuadé de sa mort prochaine.
Le 22 , la figure est profondément ridée , tout-à-fait décomposée % air de stupidité , sourire imbécille, assoupissement.
Le 23 , à la visite du matin , le malade semble avoir repris l’usage dé sa raison, il a de la fièvre, son visage est injecté, sa langue sèche et croûte U se , son pouls fréquent, sa peau chaude. ( Till. orang. soiip ). Les momens lucides ne durèrent pas long-temps. En effet, quand on lui présenta sa soupe, le malade la refusa , sous prétexte que l’on voulait l’einpoisonnéri Cependant il finit par l’accepter.
Les 24 , 25 , 26 et 27 , la raison se rétablit entièrement. Le malade qui se souvient de ses égaremens, ne conçoit pas comment il a pu les commettre.
Les 28 et 29 y l’esprit continue à jouir de son intégrité.
Les jours suiyans , le malade se plaint, comme à l’ordinaire, de faiblesse et d’oppression ; il dit être enrhumé, et rapporte le siège de son mal sous le sternum, où les crachats sont, dit-il, attachés. (On reprend l’usage de la teinture de digitale. )
Le 11 janvier, oppression extrême, crachats blancs, opaques et collans ; nouvelle décomposition des traits.
Le i 3 , l’intelligence s’altère une seconde fois. Le malade croit voir les canons braqués sur lui. Enfin il meurt le 14? à sept heures du matin, après un râle assez prolongé.
Autopsie cadavérique quarante-huit heures après la mort.
1.® Habitude extérieure. Peu de rigidité cadavérique, point d’infiltration , rougeur des parties déclives.
Organes circulatoires et respiratoires. Le côté gauche de la poitrine contient plus d’une pinte de sérosité rouge , analogue à du sang délayé, dans l’eau. Les deux poumons sont généralement crépitans. Le gauche, comprimé par l’épanchement, est bien moins volumineux qüe le droit. La membrane muqueuse des bronches est rouge , le péricarde injecté ; le cœur, débarrassé des caillots énormes qu’il contient , est encore d’un bon tiers plus volumineux que le poing du sujet; les cavités droites n’offrent de remarquable que la rougeur de leur membrane interne; les cavités gauches sont dilatées, le ventricule gauche , presque trois fois plus grand que le ventricule pulmonaire , pourrait contenir un œuf d’oie ; ses parois , vers la base, ont environ six lignes d’épaisseur; l’oreillette correspondante, est également di-r latée et hypertrophiée, les orifices ne présentent aucune lésion notable. Dans toute sa portion sous-sternale, l’aorte, dilatée en tous sens, forme une tumeur ovoïde du volume du poing du sujet ; le sac anévrismal, composé des trois membranes artérielles uniformément dilatées , contient un caillot fibrineux blanc, qui n’est point formé de couches concentriques distinctes et superposées; les parois artérielles sont épaissies; le péricarde , qui se réfléchit sur le commencement de l’aorte, est injecté, rouge, ainsi que la tunique celluleuse de cette artère;
la membrane interne est, pour ainsi dire, criblée d’ulcérations. Décollée en plusieurs points, on trouve au-dessous d’elle une matière pulpeuse, grumeleuse , stéatomateuse , jaunâtre ; elle se détache avec une grande facilité de la moyenne. L’aorte pectorale descendante et Taorte abdominale, conservent très-sensiblement leur calibre ordinaire ; mais leurs parois , dures et épaissies , crient sous l’instrument qui les incise. La surface interne du vaisseau est comme plaquée de lames cartilagineuses et calcaires, dont quelques-unes ont déchiré la membrane interne , et sont à nu au milieu du sang. On y rencontre en outre un grand nombre d’ulcérations. Plusieurs sont très-profondes et d’unç çouleijr noire j les autres, plus superficielles , n’intéressent que la membrane interne ; celle-ci est généralement iné^ gale et rugueuse. La rougeur que j’ai dit exister à la surface de la tumenr anévrismale règne tout le long de l’aorte. L’altération de la naembrane interne se prolonge dans les artères qui naissent immédiatement de l’aorte , circonstance qui diminue d’une manière inégale ^embouchure des troncs qui partent de la convexité de la crosse.
5 .“ Organes abdominaux. La portion du feuillet pariétal du péritoine , qui se trouve en contact avec les circonvolutions inférieures de l’intestin grêle , est tapissée d’une fausse membrane couenneuse , jaunâtre, albumineuse, et tout-à-faît semblable à du pus concret. Ces circonvolutions elles-mêmes , enfoncées dans rexcavation du bassin > sont d’un rouge foncé à l’extérieur. La membrane muqueuse de i’es-^ tomac offre une rougeur ponctuée très-vive qui se termine brusquement vers le duodénum , avec la blancheur duquel elle contraste. L’intestin grêle contient Une matière liquide , rougeâtre , sanguinolente , analogue à de la lie de vin \ sa membrane muqueuse , comme imbibée de ce liquide , est d’un rouge foncé ; ses vaisseaux capillaires, admirablement injectés, forment des arborisations à rameaux trèsrapprochés ; quelques circonvolutions ne présentent que des réseaux isolés ; partout ailleurs l’injection est continue , le tissu de l’intestin facile à déchirer, et comme flétri. La membrane muqueuse n’offre
aucune trace d’ulcération ; mais dans les dernières anses de l’iléon eHe est recouverte d’une couche grisâtre qui lui adhère assez fortement y et ressemble à une véritable fausse membrane , telle que celle qui existait sur le péritoine correspondant. La membrane muqueuse du gros intestin offre une rougeur et une injection rosée. Les autres viscères abdominaux sont dans l’état sain.
4." Organes encéphaliques. Les méninges sont légèrement épais^ sies s et d’une couleur un peu laiteuse ; les ventricules cérébraux contiennent une assez abondante quantité de sérosité blanchâtre. La substance cérébrale ne présente aucune altération.