DES DUELS ET RENCONTRES
Avec l'jérrest du Parlement, du 7 décembre mil six
cens quarante.
Nos amez el féaux , les services signalez que la noblesse de nôtre Royaume nous a rendus depuis la rupture de la Paix , nous ayant donné sujet de lui té* moigner laOection qu'un bon Prince doit avoir pour des fidèles sujets; Nous avions estimé quelle n'en pouvoit recevoir des effets plus agréables , ny plus avantageux, qu'en la remise des peines que quelques-uns d'entre eux avoient encourues, en contrevenant à nôtre Edit des Duels : et bien que nous eus- ' sions une grande répugnance à blesser ou affoiblir une si sainte Loy , néanmoins nous nous estions laissé vaincre par la considération de leur zelç et de leur fidélité } et ce d'autant plus volontiers que noos
cfoyiiôud qtl'il ëstoîC bien juste que, Aanè le hotk* heur gênerai cpie la naissance de nôtre tresK^her et tre&-amé fils le Dauphin a causé à tout ce Royaume ; ceux qui n épargnent ny leur sang , ny leur vie pour le maintenir, ne fussent pas les seuls qui n'y eussent point de part : Nous avions même espéré que la grâce que nôtre noblesse recevroit de nous en cela f la rendroit désormais phis retenue à contrevenir à nos commandemens ; et que l'obligation qu'elle au** roit à nôtre bonté , seroit un nouveau lien qui la retiendroit à l'avenir dans l'observance plus parfaite de nos Edits. Mais comme les bonnes intentions n'ont pas toujours le succès que Ton s'est proposé; aussi tant s'en faut que nos Edits ayent esté plus re^ ligieusement gardez , qu'au contraire quelques-*uns ayans conceû de la facilité du pardon pour le passé « une impunité pour l'avenir, ils ont entrepris avec toute sorte de licence de Venger leurs injures par la voye du Duel , dont jusques icy nous n'avons point esté averti que vous ayez fait aucune diligence pour la punition de leurs crimes. Et d'autant que la qu»^ lité de Roy Tres-Chrétien que nous portons nous oblige plus étroitement à venger ces crimes, qui violent tout ensemble l'obéissance qu'ils doivent à Dieu, et le respect qui nous est deû par nos subjets ^ comme à leur Souverain ; de crainte que la disàmulation de l'injure qui est faite à sa divine Majesté , ne l'irrite contre nous , n'arrête enfin le cours des be-^
nadictions qu elle a versées si aboadammanl depuis quelques années sur cet Etat : A ces causes » Nous voulons , vous mandous > et tres*ezpressément enjoignons par ces présentes signées de nôtre main , que voua ayez à faire publier de nouveau la Déclaration démiare faite contre les Duels, et de faire une exacte perquisition de ceux qui ont fait des combats en duel 9 depuis la naissance de notredît Fils le Dau* phin, ou qui en feront à l'avenir , et de procéder eontr'euxy et les punir des peines portées par nos Edits. Mais comme souvent il est diflicile que Ton ait des preuves bien assurées de ce qui se passe en telles aetions , ceux qui les entreprennent n'oublians rien pour en oster la connoissance , et les rendre secrètes : Nous voulons aussi que sur la notoriété du fait, vous ayex, ainsi que vous avez accoutumé, à décréter contre ceux qui seront accusez de s'estre battus en Duel , ou bien ordonner qu'ils se rendront dans quinzaine, après la signiGcation de vôtre Arrest, en la prison de la Conciergerie de nôtre Palais » pour repondre sur les conclusions que nôtre Procureur général entendra prendre contr eux. Et à défaut de se rendre dans ledit temps de quinzaine , Nous voulons sans autre procédure, que tous leurs biens soient saisis , et mis en nôlre main , jusques à ce qu'ils ayent obéi, et procédé contr eux comme desobeissans à nos commandemens. Promettant en fby de Roy , que noua n'accorderons aucune grâce à
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l'avenir , pour les faits contenus en nôtre Déclaration sur les Duels : Et en cas qu'il arrivast que par facilité^ ou par surprise il en fust expédié quelqu'une, nôtre intention est , que vous n'y ayez aucun égard , comme contraire à nôtre volonté. Si n'y^ faites faute : Car tel est nôtre plaisir. Donné à Saint GermatA en Laye le premier joup de décembre mil six cens quarante. Signé LOUIS. Et plus bas, De Lo-
Et en la subscription.
ji noê amez et féaux Conseillers les gens îenans nôtre
Cour de Parlement à Paris.
^ ifl^
ARREST DE LA COUR DE PARLEMENT