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toute la France, lorsque nous Tînmes au monde, et dans le ressentiment des senrices que la pluspart de la noblesse luy rendoit dans ses armées avec tant de zèle et de fidélité ; il se relftcha d'accorder des abolitions à quelques uns de ceux qui avoient con^ treyenu à ses Edits, espérant par celte grâce de les rendre tous désormais plus retenus dans leur devoir. Hais au contraire, comme si cette facilité du pardon pour le passé leur aToit donné Tesperance d'une impunité entière pour Tavenir, ils s'emportèrent, et continuèrent de s'emporter arec tant de violence à ces combats impies, qu'il ne s'est jamais fait en antant de temps un plus grand nombre [de Duels ; il semble qu'ils ayent pris plaisir à fouler aux pieds plus hardiment que jamais nôtre autorité Souveraine , et que par un insolent mépris de la bonté de leurs Rois, ils ayent voulu triompher d'elle. Que s'ils ont oublié que Dieu s'estant réservé la vengeance, c'est à luy qu'ils sont obligez de la demander lors qu'Os se croyent offensez , ils devroient au moins se souvenir de s'adresser à Nous, comme à son image vivante, et a qui il luy a plû de donner, à l'égard des peuples qu'il nous a soumis, quelque participation de sa puissance. Mais ils veulent, en violant toutes les Loix divines et humaines, se faire justice à eux mêmes, et se rendre independans en la chose du monde où ils sont le plus obligez de se soumettre. Ce que ne pouvant souffrir, sans nous témoigner indignes de
porter le sceplre du premier Royaume de la Chrétienté ; et n'ayant rien de plus cher que la conseryation de nôtre noblesse , dont la valeur si célèbre et redoutable par toute la terre , n*est ternie que par les déreglemens d'une si monstrueuse frénésie ; après avoir demandé à Dieu^ comme nous faisons , et fe rons toujours de tout nôtre cœur, qu'il veiiille luy oxX'* Vrir les yeux, pour dissiper ces damnables illusions qui la transportent de l'amour d'une fausse gloire* Nous nous sommes résolus, avec l'avis de la Reine Régente nôtre tres-honorée Dame et Mère , de nôtre très-cher et tres-amé Oncle le duc d'Orléans , de nôtre tre&-cher et tres-amé Cousin le Prince de Condé, autres Princes, Ducs, Pairs, Officiers de nôtre Couronne, et principaux de nôtre Conseil, de faire revoir exactement tous les susdits Edits et Déclarations , afin d'en tirer ce que l'usage a fait juger le plus propre pour déraciner de nos Royaumes, avec l'assistance du Ciel , un mal si pernicieux et si détestable, et de former un nouvel Edit, en révoquant les precedens; afin que n'étant plus permis aux Juges d'y avoir recours, et de s'arrester chacun selon son sens particulier, à ce qu'il y avoit de plus doux ou deplussevere, ils soient obligez de suivre exactement celuy-cy, où toutes choses sont si clairement exprimées , qu'ils n'auront lieu quelconque de douter de nôtre volonté , pour un effet si juste et si salutaire. Mais d'autant que les meilleures Loix sont
iimtUeSy si elles ne sont bien observées, et qne nous ne sçaurions esire déchargez devant la Justice divine des malheurs qui arrivent par les Duels» qu'en employant tout nôtre pouvoir pour en arrester le cours, et en demeurant inflexible dans une resolution si sainte : Nous défendons tres-eipressement à toutes personnes de quelque qualité et condition qu'elles soient , et même à nôtre tres^cher et tres-amé Frère le Duc d'Anjou, lors qu'il sera en ftge ; à nôtre trèscher et tres-amé Oncle le Duc d'Orléans ; aux Princes de nôtre Sang ; aux autres Princes, et autres Officiers de nôtre Couronne , et à nos principaux et plus spéciaux Ofliciers et serviteurs de nous faire aucune prière contraire au présent Edit, sur peine de nous déplaire. Et afin qu'après le serment le plus solennel et le plus inviolable de tous, nul ne prenne la hardiesse de nous supplier d'y contrevenir; Nous jurons et protestons par le Dieu vivant, de n'accorder jamais aucune grâce dérogeante au présent Edit, et de ne dispenser jamais personne des peines qui y sont contenues, en faveur de qui que ce soit, ny pour quelque considération, cause ou prétexte que ce puisse estre. A ces causes; sçavoir faisons : Qu'en révoquant, ainsi qu'il est dit cy- dessus, tous les precedens Edits et Déclarations faits sur le sujet des Duels et Rencontres, Nous avons par le présent Edit perpétuel et irrévocable, dit, déclaré, statué et ordonné ; disonsi declanAis» statuons et ordon«
htei M i|iil B^enittll i
Nous enjoignons à tons nos sujets, de quelque qua* lité et condition qu'ils soient , de viyre à TaYenir les uns avec les autres en paix» union et concorde, sans s'offenser, injurier, ny provoquer à haine et inimi* tië, sur peine d'encourir nôtre indignation, et d'estre châtiez exemplairement. Leur ordonnons d'honorer et respecter les personnes, qui par les avantages que leur donne la Nature , ou par les chaînes et dignitez dont nous les avons pourvus, mentent d'estre distinguez des autres, ainsi que nous entendons qu'elles le soient ; et que ceux qui manqueront à ce devoir et à ce respect soient châtiez, eu égard à la «jualité de la personne offensée. Lesdites personnes avantagées par la Nature , ou par leur qualité , s'abstiendront aussi d'offenser les autres, et les contraindre de perdre le respect qui leur est deû , et s'ils y manquent , ils seront tenus de les reparer , ainsi qu'il leur sera ordonné.
Tous différends intervenans entre nos sujets , dont la demande et décision peut et doit estre faite en Justice , seront terminez par les voyes ordinaires de droit établies en nôtre Royaume , et nous défendons
aux parties d'en former une querelle , sur peine à Taggresseur de la perte entière de la chose contentieuse, que dés à présent, comme pour lors, nous adjugeons à sa partie.
Et d'autant que par Tindiscretion et malice des uns, les autres sont quelques fois tellement outragez , qu'ils croyent n'en pouvoir tirer réparation qui les satisfasse en leur honneur , que par la roye des armes , laquelle leur estant défendue par nos Edits , ils la recherchent par eux-mêmes, ou par leurs amis; et au mépris de nos Loîx et de nôtre autorité , en viennent au combat , d'où naissent les crimes si fre-^ quens , que nous voulons à présent reprimer : Nous ordonnons , pour y remédier , h tous ceux qui s'estimeront offensez en leur réputation , de s'en plaindre Nous, ou à nos tres-cliers et bien amez Cousins les Maréchaux de France , afin que l'injure qu'ils auront receuë soit reparée de telle sorte, qu'ils en soient pleinement satisfaits en leur honneur.
lY.
Ceux qui seront en nos Provinces, s'adresseront en pareil cas aux Gouverneurs d'icelles , ou en leur absence, à nos Lieutenans Généraux, et en leur dé-
faut f aux Gouverneurs et Lieùtenans Généraux des Provinces les plus proches , pour leur faire leurs
.plaintes comme dessus : Lesquels Gouverneurs ou Lieùtenans Généraux décideront aussi-tost les différends , si faire se peut ; et s'ils sont de telle qualité,
. qu'ils ne les puissent terminer , ils nous en averti-* ront 9 pour faire exécuter ensuite nos commandemens sur ce sujet.
Celuy qui aura offensé sera tenu de comparoitre pardevant Nous , ou lesdits Maréchaux de France , ainsi que pardevant lesdits Gouverneurs ou Lieùtenans Généraux en la forme susdite, lors qu'il luy aura esté ordonné par nous , ou par eux ; et que nôtre commandement ou le leur aura esté signifié à sa personne , ou à son domicile, jusqu'à deux fois, avec la plainte de l'offensé; à quoy défaillant, il sera ajourné à trois briefs jours : Et ne comparoissant point , sera suspendu de son honneur , déclaré incapable de porter les armes , et renvoyé aux Gens tenans nos Cours de Parlement , chacun en son ressort , pour estre puni comme refractaire à nos Ordonnances , dont nous enjoignons à nosdites Cours de faire leur devoir.