DU DUEL A L'EPEE
1* Arrivés sur le terrain, les adversaires ne doivent avoir entre eux aucune explication , leurs témoins étant leurs fondés de pouvoirs ; et si , par ignorance de ce qui doit se faire , ils se réunissaient et prenaient une décision quelconque, elle peut être considérée par les témoins comme nulle et non avenue.
2' Les témoins, après s'être entendus sur le terrain le plus égal pour les champions et le plus pro-
pre au combat, marquent les deux places, à une distance de deux pieds plus longue qu'il ne faut pour joindre les deux pointes d epée, les adversaires étant fendus.
3* Les places , après avoir été choisies par les témoins le plus également possible, sont tirées au sort.
4* Lorsque les combattans sont en place , les témoins mesurent ' les armes qui doivent être égales.
5* Les lames des épées ne doivent , dans aucun cas , être tranchantes ni ébréchées.
6* Les combattans sont invités à se dépouiller de leurs habits, et doivent découvrir leur poitrine de manière à laisser voir aux témoins qu'aucun corps étranger n'est capable de parer un coup d'épée. Uii refus de leur part équivaudrait à un refus du combat.
7* li'insulté peut toujours se servir de ses armes ,
si elles sont propres au combat et s'il est dans le cas du 1 1* article du i*' chapitre.
8* Si , par imprévoyance , les armes n étaient pas égales, le sort déciderait du choix, à moins que la diflérence ne fût trop forte, et larme inadmissible pour un combat de ce genre.
9"* Le mouchoir dont le combattant s'entoure la main ne doit pas pendre ; les témoins de son adversaire , après lui en avoir fait la remarque , peuvent lui enjoindre de 1 oter et de ne se servir que d'un cordon.
10* S'il a été convenu qu'on mettrait des gants d'armes, un seul peut s'en servir, au refus de l'autre d'en faire usage. Mais s'il n'en a été apporté qu'un seul , nul ne doit avoir cet avantage.
11* Lorsque les combattans sont en présence > le témoin désigné par le sort doit leur déclarer quelles sont les conditions adoptées pour le combat , afin que nul ne puisse s'en écarter, sous prétexte d'igno-
rance. Après cette déclaration , il donne le signal par ce seul mot : allez !
13* Si 9 avant ce signal, les épées se sont toachées ou jointes parla volonté seule des combattans, cette démonstration équivaut au signal ; mais celui qui » le premier 9 s'est avancé, est blâmable, et les témoins indistinctement peuvent le lui rappeler.
13"* Les témoins sont armés chacun d une épée ou d'une canne , dont ils tiennent la pointe ou le bout baissés , et se rangent de chaque côté des combattans , en regardant attentivement , et prêts à arrêter s'il arrive que le combat se passe hors des règles, ou qu'il y ait blessure.
i4'' Dans tout duel à l'épée, pour éviter que l'un des combattans puisse détourner de la main gauche l'arme de son adversaire , il est défendu de parer avec cette main , à moins d'une convention. (Art. i o, chap. 40
1 5* Si l'un des combattans détourne le fer de son adversaire avec la main gauche , et que la conven-
tioa n'en ait pas été expressément faite, le lémoin de la partie lésée peut demander que la main du fautif soit attachée de manière à ce qu'il ne puisse recommencer.
16* Se baisser, se grandir, se jeter à droite et à gauche, rompre, se jeter en avant, voltiger au-lour de son adversaire, est dans les règles du combat
17" Frapper son adversaire, lorsqu'il est désarmé; lorsqu'il est à terre , lui saisir la main ou le corps , prendre son épée avec la main, est hors des règles de ce duel.
1 8* Un combattant est désarmé lorsque son épée est visiblement sortie de sa main, ou s'en est échappée.
19* Lorsqu'un des combattans déclare être blessé, ou qu'un des témoins, quel qu'il soit, s'en aperçoit, le combat doit être arrêté aussitôt, jusqu'à ce qu'il plaise à son témoin de dire : recommencez. Il ne doit le faire qu'après avoir le consentement du combattant blessé. (Voyez Devoirs des Témoins. )
20* Si le blessé, après le combat arrêté, continue à croiser le fer avec précipitation , ou se jette sur son adversaire , cela équivaut à son assentiment de continuer le combat ; mais ses témoins doivent Tarrèter de nouveau et le réprimander. Si , après le combat arrêté et avoir déclaré qu'il y a blessure, celui qui est intact se jette à son tour sur son adversaire, tous les témoins doivent l'arrêter, et il doit être considéré comme ayant agi contrairement aux règles de ce duel.
21** Si un des témoins, dans les cas précités, ou voyant la fatigue des champions, lève la canne ou lepée, cela équivaut à son assentiment d'arrêter. Le témoin de la partie adverse peut dire : arrêtez ! et les combattans rompent d'un pas pour cesser. Mais ils doivent toujours rester en garde, même si l'un d eux croit avoir blessé son adversaire.
22" Si l'un des deux combattans est tué ou blessé hors des règles du combat , les témoins doivent se reporter aux art. 20 et 21 du 4* chapitre.