‹ Essai sur le duelChapitre 14 sur 44 · REMARQUES SUR LES DUELS · texte numérisé non relu

REMARQUES SUR LES DUELS

Plusieurs personnes m'ayant adressé des remarques dont je suis reconnaissant et les remercie, je me suis empressé de les soumettre à mes amis qui, après les avoir discutées, les ont pour- la plupart adoptées, et en ont fait une juste application. J'ai reconnu la nécessité d'expliquer quelques règles mal comprises, et, sans commenter partiellement chacun des paragraphes, on pourra trouver , à chaque chapitre, un commentaire qui, je l'espère, suffira pour rendre nos idées claires et précises.

DE LOFFENSE.

Il est difficile de définir rofi*ense. Tel homme à qui on dira une grossièreté ne s'en formalisera pas ; tel autre, pour une simple contradiction, se formalisera; celui-ci prendra pour une injure grave ce qui n'est qu'une impolitesse ; celui-là, au contraire, ayant frappé un homme au visage , dira qu'il a été d'abord grièvement insulté, et voudra encore choisir ses armes. La plus grande difficulté est de classer l'injure, parce qu'elle est telle qu'on la sent, et on la sent de mille manières difierentes. Il faut donc nécessairement, pour mettre une ligne de démarcation entre les offenses, en séparer l'injure réellement grave, celle qui attaque l'honneur ; et la plus grave de toutes , un coup frappé au visage. S'il faut , en certaine occasion, bien de la retenue, cette retenue est comptée et pour ainsi dire récompensée par l'avantage qu'elle donne sur l'agresseur.

Un fils ne peut guère être impartial lorsqu'il croit son père offensé ; il est plus que jamais nécessaire de

faire passer son ardeur par la filière froide des témoins ; et pour qu'il puisse prendre sa défense, il faut que son père ait été bien réellement et bien gravement offensé ; qu'il n'ait pas provoqué l'offense par une offense égale) qu'il ait raison, et enfin que l'agression soit flagrante et facile à établir. Cette demande d'une réparation, de la part d'un fils, doit être appréciée à sa juste valeur par les témoins, qui peuvent refuser, qui doivent refuser ce duel, si l'insulte n'est pas flagrante.

Page 1