DU DUEL ET DE L'APPEL
i"" Lorsque le cartel a été demandé, le demandeur, soit qu'il soit Toffensé ou l'agresseur, doit donner, autant que possible, son nom et son adresse, et celui qui les reçoit doit à son tour répondre à cet appel par son adresse et son nom.
2° Les deux adversaires doivent aussitôt chercher leurs témoins et s'envoyer réciproquement le nom et l'adresse desdits témoins.
5° Si les adversaires se donnent rendez-vous , s'ils conviennent des armes (chap. 4> art. 7), c est une précipitation condamnable, en ce qu'elle ne change rien à la nature de Taffaire, si ce' n'est pour aggraver le danger d'une telle rencontre , ou la rendre dérisoire par de tardives explications.
4° L'honneur ne peut souffrir aucune atteinte de la déclaration d'un tort de la part de celui qui réellement l'aurait eu. Si celui qui a fait insulte en fait réparation sufiS santé , si cette réparation peut annuler l'offense , d'après le dire des témoins de celui même qui a fait l'injure; si ces témoins déclarent qu'en pareil cas ils seraient satisfaits , et qu'ils sont prêts à le signer ; si celui qui a calomnié écrit une lettre de réparation bien explicite , celui qui a fait la réparation, si elle n'est pas acceptée, ne prend plus rang d'agresseur, et les armes sont soumises au sort ; mais, à un coup il n'y a pas d'excuse possible. Ces réparations ne sont valables que faites devant les témoins réunis. (Art. 3 du 4* chap. ) Il faut toujours éviter que ces sortes d'arrangement aient lieu sur le terrain, à moins que, par leur position sociale, il
y ait eu impossibilité aux témoins de se rencontrer avant.
5*" Cependant si, les armes à la main, il convient à Fun des combattans de présenter à Tautre des excuses valables , que les témoins de la partie adverse reçoivent pour bonnes , le blâme ne peut retomber que sur celui qui les a faîtes.
6° Si ce sont les témoins qui, sur le terrain, présentent ces excuses au lieu et place du combattant qu'ils assistent , le blâme , s'il pouvait y en avoir, retomberait sur eux seuls ; car ce dernier doit déférence à leurs avis; ils se sont rendus responsables et garans de son honneur.
7** Nul cartel ne peut être envoyé en nom collectif. Si un corps, une association, une réunion quelconque de plu3ieurs individus a reçu une insulte, il n'appartient au corps, à l'association ou à l'assemblée que le droit d'envoyer un de ses membres pour venger cette insulte. Un cartel en nom collectif est toujours refusable , et il appartient à celui
qui le reçoit^ soit de choisir parmi ceux qui le présentent, soit de demander que le sort désigne lun d'eux.
8* Ce serait entendre mal les devoirs d'amitié, de parenté, fut-ce même au degré fraternel, que de vouloir tirer vengeance de celui qui, défendant sa vie avec honneur, aurait eu l'avantage sur l'ami , le parent, le frère même de celui qui voudrait en tirer vengeance par un appel ; il pourrait s'assimiler à la famille qui oserait profiter du bénéfice de la loi , et poursuivre injustement.
9* Tout duel doit avoir lieu dans les 48 heures, à moins d'une convention contraire de la part des témoins.