Maudsley, Id., p
l’image et son rapport au mouvement ^7
fondre, les deux termes sont intimement unis et obéissent aux mêmes lois. L’image est active comme la sensation. Ayant une existence indépendante, elle est un principe propre de mouvement. Tout ce que nous imaginons tend à devenir réel. Il semble que la nature poursuive en nous son œuvre : ses idées sont des êtres, les nôtres veulent le devenir.
L’image persistante d’un état organique, que la volonté ne pourrait directement produire, par une correspondance mystérieuse modifie la nutrition et suscite un ensemble de mouvements que la conscience ignore. « L’idée des aliments fait affluer la salive; une idée triste provoque les larmes; l’idée d’allaiter produit la sécrétion du lait ; les idées érotiques mettent puissamment en jeu l’appareil génital ; l’idée d’une démangeaison en un point donné du corps la produit réellement; enfin l’idée qu’un défaut de structure sera sûrement guéri par une certaine manipulation affecte parfois l’activité organique de la partie intéressée de façon à amener positivement la guérison. Le médecin le plus heureux dans ses cures sera toujours celui qui saura inspirer à ses malades la plus grande confiance dans Tefficacité de ses remèdes, et les personnes les plus exposées aux maladies épidémiques sont celles qui en ont le plus peur \ »
Une pilule de mie de pain peut purger un malade ; l’idée que les intestins agiront provoque leur activité et affecte leurs mouvements péristaltiques involontaires. Une femme croit respirer du protoxyde d’azote, elle s’endort. On admet que les stigmates qui apparaissent sur le corps de certains mystiques sont produits par l’action de l’image sur la nutrition. A force d’imaginer leurs pieds et leurs mains atteints des mêmes plaies que celles de Jésus crucifié, ils amènent un afflux sanguin, d’où résultent des rougeurs, des ulcères, des