INTRODUCTION
Sommaire. — Le génie n'est pas un monstre. ^ Il n*est jamais qu'une diderence de degré et non une diiïérence de nature. — La pensée continue la vie, on peut la définir aussi justement que la>yie du corps une « création ». — Pour comprendre le génie, il faut étudier cette puissance créatrice à tous ses degrés et sous toutes ses formes. — Distinction de la science et de l'art. — Une loi fondamentale de l'esprit : la tendance à organiser tout ce qui pénètre en lui; la renaissance de la sensation dans l'image; le rapport intime de l'image au mouvement qui la réalise : tels sont les éléments de l'explication du génie. — Utilité de l'étude du génie pour l'esthétique.
Il semble que la beauté veuille être aimée silencieusement et d'un peu loin, qu'elle ne se révèle qu'aux âmes naïves qui vont vers elle, sans lui demander la raison du charme mystérieux qui les attire, et que, dès qu'un œil hardi ou une main brutale se portent sur elle, elle s'évanouisse, ne laissant à l'analyse qu'un corps inanimé. Et cependant rhomme n'aime pas seulement la beauté, il la crée : c'est donc qu'elle est eh lui, qu'elle est lui peut-être. Pourquoi ne pas chercher à la saisir au moment où elle naît? Le génie, c'est la beauté vivante dans ses lois, devenue puissance : une puissance réglée, capricieuse et féconde, capable de toutes les métamorphoses. Au lieu de nous tourner vers le dehors, d'interroger la nature, qui se prête à toutes les réponses et