VIII INTRODUCTION
dont rindifférence pour le beau n'est peut-être corrigée que par un hasard heureux, étudions le génie, regardons la beauté se faire, cherchons à surprendre avec ses éléments le secret de leurs combinaisons.
Mais le génie n'est-il pas lui-même un mystère? Comment analyser le génie qui s'ignore lui-même, qui dans l'inspiration crée des œuvres dont l'artiste de sang-froid s'étonne? Le poète n'est-il pas l'écho d'une voix divine que seul il entend aux heures privilégiées? Nous ne croyons plus aux miracles. Dans la nature, tout a ses lois : l'esprit comme les choses. La fièvre se représente, se raconte dans des courbes régulières dans leur irrégularité même. Si l'inspiration est une fièvre, elle doit avoir ses lois exprimées dans ses œuvres. Le génie, quoi qu'on dise, n'est pas un monstre. Si nous le comprenons, c'est qu'il a quelque chose de commun avec nous ; s'il nous charme, c'est que ses créations répondent aux lois de notre esprit. Il n'est un problème aussi redoutable que parce qu'il est un problème mal posé. Il n'est inaccessible que parce que les regards axés à son sommet ne voient plus ce qui élève jusqu'à lui.
Le génie est humain, il est une difiérence de degré, non une différence de nature. C'est une vérité aujourd'hui reconnue par tous les psychologues que l'esprit n'est pas un réceptacle vide de tout contenu , qu'il intervient dans la connaissance, qu'il a ses habitudes, ses instincts, qu'il s'empare des choses et ne les connaît qu'en les soumettant à ses lois. La pensée continue la vie, elle tend à s'assimiler, à organiser tout ce qui pénètre en elle; on peut la définir aussi justement que la vie du corps « une création ». Pou
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