‹ Essai sur le génie dans l'artChapitre 29 sur 41 · Th. Couture, i0C eii.» {k âîlr · texte numérisé non relu

Th. Couture, i0C eii.» {k âîlr

l'exécution de l'cedvre d'art 207

cette grande Vierge d'un élan, éveille l'idée d'une Vénus de Milo, transflgurée par des pensers nouveaux, dégagée de toute pesanteur, soutenue comme sur les ailes d'un sentiment invisible. Il faut h Corrège les douceurs des tons argentés (Léda de Berlin), les souplesses félines d'un dessin qui se fond, toute une tangue de caresses lumineuses (Antiope du Louvre, lo de Vienne), pour rendre la volupté des corps divinisés par l'amour de Jupiter. Dans ses scènes religieuses, Van Dyck, avec ses ciels troublés, verdâtres et violets, avec ses yeux soulignés de rouge, ses contractions excessives, fait songer à une sentimentalité de femme qui aime les émotions, volontiers se pâme et s'attendrit. L'artiste parle comme il pense, il pense comme il est. Il faut une candeur de critique et de docteur pour éliminer patiemment les défauts d'un artiste, imaginer ce qui sortirait d'une nature ainsi rectifiée, et se complaire aux combinaisons artificielles de cette chimie quintessenciée. Les défauts du style tiennent aux défauts de la pensée ; les défauts sont l'envers des qualités. II faut s'y résigner. « La langue de Rubens, à la bien définir, est ce qu'en littérature on appellerait une langue oratoire. Quand il improvise, cette langue n'est pas la plus belle; quand il la châtie, elle est magnifique. Elle est prompte, soudaine, abondante et chaude; en toutes circonstances elle est éminemment persuasive... » (P. 48.) «Vous dire que c'est là le dernier mot de l'art de peindre quand il est sévère et qu'il s'agit, avec un grand style dans l'esprit, dans l'œil et la main, d'exprimer des choses idéales ou épiques, soutenir qu'on doit agir ainsi en toute circonstance, autant vaudrait appliquer la langue imagée, pittoresque et rapide dé nos écrivains modernes aux idées de Pascal. Dans tous les cas, c'est la langue de Rubens, son style, et par conséquent ce qui convient à ses propres idées *. » (P, 68.)

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