‹ Essai sur le Gold Exchange StandardChapitre 19 sur 110 · V., infra, partie Ire, chap. II · texte numérisé non relu

V., infra, partie Ire, chap. II

tons immédiatement que d’autres économistes craignent, au contraire, une surproduction future.

3. Enfin et surtout, on se plaint de son mauvais fonctionnement qui a engendré une mauvaise répartition de l’or sur le globe : celui-ci s’est, en effet, concentré dans un petit nombre de pays, les pays créanciers, les « Glaübigerländer »4 : U.S.A., France, et, à un degré moindre, Suisse, Hollande, Belgique. Et cette inégale répartition de l'or, prétendent les partisans de la théorie quantitative de la monnaie, a elle-même donné naissance à la crise économique sans précédent dont nous souffrons aujourd’hui.

Nous n’essayerons pas d'exposer ici les arguments qui militent, soit en faveur, soit contre cette théorie. Nous nous contenterons de donner, toujours schématiquement, quelques explications et nous renverrons, pour plus de précisions, au magistral exposé que vient d’en faire M. Aftalion #.

En réalité, il semble que cette crise n’est pas le moins du monde une résultante du mauvais fonctionnement de l’étalon-or lui-même mais qu’elle est dûe plutôt aux faits suivants :

1. C’est, en premier lieu, une crise de confiance, une crise psychologique qui sévit. N'’a-t-on pas vu, ces dernières années, l’or quitter Londres pour refluer vers Paris, malgré lPattrait d’un intérêt plus élevé sur la première de ces places ? La Reichsbank n’a-t-elle pas élevé, d’une façon souvent brutale, son taux d’escompte, sans être plus à même pour cela d’endiguer la perte de son or et de ses devises ? N’assistons-nous pas de nos jours à une thésauri-

41. V. Die Frankfurter Zeitung, 20 septembre 1931. 42. V. Aftalion, l’or et sa distribution mondiale, Paris, Sirey, 1932.

sation exagérée du papier-monnaie qui n’est explicable que par un manque de confiance ? Le jour où cette confiance renaîtra, les détracteurs de l’étalon-or s’apercevront de leur erreur car les affaires reprendront, sous le règne de ce

même étalon, dont on se plaît aujourd’hui à exagérer les inconvénients.

2. En second lieu, la gêne actuelle est attribuable en partie à de fâcheuses restrictions apportées aux arbitrages de place à place par une application, parfois maladroite, de l’économie dirigée. Notamment, les U.S.A. en exigeant

le paiement en or de leurs créances de guerre, et en réduisant leurs importations par une politique ultra-protectionniste ont méconnu la grande loi de J.-B. Say : les produits s’échangent contre les produits, etont vu la marche de leurs affaires commerciales considérablement entravée.

3. Enfin, et c’est ce point qui doit constituer notre étude, ce n’est pas tant l’étalon-or lui-même qui est responsable du fâcheux état de choses actuel, que certaines de ses formes telles que le Gold Exchange Standard, tant prôné par les financiers de la Cité et par la Conférence de Gênes de 1922 et peut-être même le Gold Bullion Standard.

Nous devons nous souvenir des recommandations de la Conférence de Bruxelles de 1920 : pour sortir de l’imbroglio monétaire dans lequel on se trouvait à cette époque, elle insistait sur la nécessité, pour tous les pays qui s'étaient écartés de l’étalon-or, d’y revenir au plus tôt et elle émettait le vœu que, dans les pays où il n’existait pas ou n'existait en fait plus de banque centrale, il en soit créé sans retard.

Ces sages conseils datent de treize ans et le but de notre étude sera précisément de montrer qu'ils n’ont en rien perdu de leur valeur, pourvu que l’on sache bien les interpréter et qu’on les applique d’une façon prudente et raisonnable.

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