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Federal Reserve Bank Act du 23 décembre

$ 3 L'apogée et le déclin du système

Le Gold Exchange ne fit que croître jusqu’en 1928. A cette date, il était arrivé à son apogée : les devises détenues par les banques d’émission se chiffraient à 2.476 millions de dollars, soit plus de 63 milliards de francs.

A partir de 1928, plusieurs grandes banques convertissent en or une partie de leurs devises (ainsi la Banque de France). D'autre part, certaines banques d’émission moins importantes, notamment en Europe Centrale, cherchent à augmenter leur stock d’or aux dépens de leur stock de devises.

En 1931, la proportion de l’encaisse des banques centrales aux exigibilités avait varié comme suit par rapport à 1928 :

1928, encaisse égale à 51 % (Or : 21,9 devises : 30 %).

1931, encaisse égale à 41 1/2 % (Or: PEN

devises : 12-597)

On voit le mouvement très net d'abandon, tout au moins de restriction du Gold Esxchange Standard.

L’abandon de l’étalon-or par la Grande-Bretagne hâta le déclin du Gold Exchange. Cet abandon est du 21 septembre 1931. Un grand nombre de pays dont la monnaie dépend étroitement de la monnaie anglaise, abandonnent également l’étalon-or les jours suivants : les 28 et 29 septembre, la Suède, la Norvège, et le Danemark 3; le 11 octobre, la Finlande ; le 20 octobre, le Canada mettait l’'embargo sur les exportations d’or et le 14 décembre, le Japon prenait une mesure analogue. Bien d’autres pays encore ont lié le sort de leur monnaie à celui de la livre : Egypte, et

37. Karin Kock. « Les monnaies scandinaves et leur détachement de l’or », Rev. Eco. pol., 1932.

tout récemment encore, en fait sinon en droit, l’Afrique du

Sud.

Nous ne parlerons que de la perte occasionnée par la baisse de la livre dans trois pays : Hollande, France, Belgique.

En Hollande, la Banque Néerlandaise possédait £ 10.761.000. De ce stock, elle en liquida une partie et vendit l’autre au Gouvernement pour payer un emprunt libellé en livres. La perte subie fut d'environ 30 millions de florins, malgré les assurances données par la Banque d’Angleterre, quant au paiement en valeur-or des livres détenues. En outre, la Banque de Java perdit, par la même occasion, environ six millions de florins.

Ces faits déterminèrent la retraite de M. Vissering, directeur de la Banque Néerlandaise et partisan du Gold Exchange Standard et l’avènement à la direction du Dr. Trip, partisan du Gold Standard #.

La Belgique détenait £ 12.643.000 sur lesquelles elle perdit environ 600 millions de francs belges, perte que le Gouvernement prit à sa charge, faisant remarquer que les agios et intérêts provenant du stock de devises s'étaient élevés, depuis la fin de la guerre, a environ 485 millions intégrale-

ment versés au Trésor.

La Banque de France perdit sur son portefeuille 2.342 millions de francs français, perte également prise à charge par le Gouvernement.

Nous ne possédons pas de statistiques révélant actuellement d’une façon sûre le total des devises détenues par les banques centrales, mais il n’y a aucun doute sur la baisse de leur montant depuis 1931.

38. Cf., Martin, « Le Florin hollandais et l’étalon-or, Rev. Eco. Pol., 1932.

Section HI Conditions de bon fonctionnement du Gold Exchange Standard

De l'étude précédente, il ressort clairement ce fait que le bon fonctionnement du Gold Exchange Standard dépend de l’excédent de la balance des comptes. « Pour que le Gold Exchange Standard puisse s'établir d’une façon durable, il importe que la balance des comptes des pays intéressés demeure créditrice ou tout au moins en équilibre »%. On pourrait ajouter que c’est d’ailleurs le sort de tout autre système monétaire, quoique peut être à un degré moindre.

Un emprunt à l'étranger peut évidemment, pour un temps, combler les déficits de la balance des comptes. Mais son effet ne saurait durer indéfiniment, pas plus que la politique d'emprunt ne peut se poursuivre à jet continu.

Ce fait fut surtout remarqué et étudié lors d’une des premières applications du Gold Exchange Standard: la réforme dans les Indes #. La recrudescence du commerce qui se produisit vers 1896-1900 permit le bon fonctionnement et le maintien du système du Gold Exchange Standard en Autriche-Hongrie et en Russie 4,

Les fonds de réserve du change peuvent parer, comme les emprunts, à un déficit passager de la balance des comptes, mais, quelque soit leur importance, ils ne pourraient résister à une demande continue d’or ou de devises. L'état de la monnaie n’est, en somme, que la traduction visible de l’état économique du pays : par suite d’une politique monétaire fâcheuse, elle peut être mauvaise quoique l’état du pays soit bon, mais il ne peut pas exister de monnaie vraiment saine, si l'économie nationale n’est pas également saine.

39. Icard, Le Gold Exchange Standard, p. 161. 40. Otto Heyn. Jahrbücher für Nationalôkonomie und Statistik, 1904. 41. Hawtrey, Currency and Credit, p. 377.

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