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LES SYSTÈMES DÉPASSANT LE GOLD EXCHANGE STANDARD

Le mouvement d'opinion que nous avons signalé plus haut n’a pas eu seulement pour effet de faire adopter, dans une large mesure, le Gold Exchange Standard. Il a également contribué à l’échafaudage de systèmes dépassant parfois, par l’audace de leurs conceptions, l’étalon de change-or. Ces systèmes n’ont guère donné d’applications pratiques : nous ne pouvons donc que les étudier du seul point de vue théorique et en faire la critique qu’à ce même point de vue. Ce sont le Gold Index Number du Pr. Fisher, l’Exchange Standard de M. Keynes et la double monnaie. On peut se demander, en outre, s’il ne serait pas possible d’avoir un régime analogue au Gold Exchange Standard, mais basé, non plus sur un étalon-or, mais sur un système bi-métalliste, en somme, ce que l’on pourrait appeler le Bimetallism Exchange Standard.

Section première Le Gold index Number Standard ou Etalon-or de marchandises

Bien que le Pr. Irving Fisher n’ait pas été le premier à vouloir définir l’unité monétaire non plus par un poids

quelconque et fixe de métal précieux, mais par un pouvoir d’achat constant, c’est cependant lui qui, par ses travaux, a véritablement créé le Gold Index Number. Nous exposerons d’abord ce système pour en faire ensuite la critique.

$ 1er Exposé du Système:

Le Pr. Fisher part de ce principe tout à fait juste que les changements dans la valeur de l'or, les fluctuations de celle-ci, gênent les transactions de toutes sortes et nuisent au développement du commerce.

Aussi, au lieu de prendre comme étalon de la valeur une seule marchandise, l’or par exemple, dont les fluctuations jettent le désordre partout, pourquoi ne pas définir l’unité monétaire par un pouvoir d'achat stable, plutôt que par une quantité de métal, instable quant à sa valeur ? Un tel système, une semblable unité se modelant sur les changements pouvant intervenir, ne pourrait manquer de développer l’activité mondiale : non seulement, les relations entre commerçants seraient, de ce fait, facilitées, mais encore les relations entre débiteurs et créanciers. En effet, les mouvements de longue durée qui affectent la valeur de l’or changent également la valeur des obligations contractées, au profit des créanciers si les prix baissent, au profit des débiteurs si les prix haussent, et les pertes ou les gains occasionnés de ce chef sont parfois considérables. Il n'y a plus non plus à craindre de disette ou de trop grande abondance d’or

1. Nous nous contenterons de faire ici un exposé très bref et ‘systématique de cette théorie, comme d’ailleurs de celles qui suivront. Nous renvoyons, pour plus de détails, aux ouvrages mêmes du Pr. Fisher, The Making of Index-Numbers, L’illusion de la monnaie stable (The Money Illusion), Le pouvoir d'achat de la monnaie (The Purchaising power of Money).

et la théorie de Fisher rejoint presque, quant à ses effets, la théorie de la valeur de Karl Marx puisque, là aussi, l’or n'est qu’un médium qui n’est même pas indispensable ?.

Un pareil système est fort intelligible et même très simple en théorie. Voici, par exemple, comment M. Eisler expose la législation nécessaire à l’application de ces idées 3. Il lui suffit de cinq courts paragraphes :

1. L'unité monétaire du Royaume-Uni est la livre ster- Ling ;

2. La livre sterling est un billet de panque de la Banque d'Angleterre équivalent à 122,839 grains d’or fin au prix de l’or à Londres le 18 septembre 1931.

3. Le billet d’une £ a cours légal à concurrence de son pouvoir d’achat actuel ;

4. Le terme « pouvoir d’achat actuel » est défini comme étant la valeur correspondant à l’index du coût de la vie fixé au jour du paiement #.

5. L’index du coût de la vie est calculé sur la base du prix moyen des marchandises suivantes, des transports locaux, des impôts.., et des dépenses d’éducation élémentaire $5.

La théorie d’Irving Fisher n’est d’ailleurs pas une nouveauté. Elle fut déjà mise en pratique en 1747 par la colonie de Massachussets Bay : au temps de l'inflation des Colonial Notes, celle-ci émit des Bons de Trésorerie dont l'intérêt et le capital étaient payables en une quantité variable de

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