‹ Essai sur le Gold Exchange StandardChapitre 81 sur 110 · Vilfredo Pareto, Cours d’Economie Politique · texte numérisé non relu

Vilfredo Pareto, Cours d’Economie Politique

Le Branchu 13

En temps de crise un tel régime n’en a que bien peu #. Il y a certainement quelque chose d’illogique lorsqu'on veut limiter un danger, d’en limiter une des causes ou plutôt de limiter un facteur qui, à son tour, agira de même manière. C’est un peu comme un projet de désarmement qui, au lieu de restreindre directement les effectifs d’une armée, se contenterait de limiter les quantités de vivres à distribuer aux troupes.

Il existe d’ailleurs d’autres moyens d’action : l’un d’eux est le fait de la banque elle-même, c’est la politique du taux de l’escompte ; l’autre est le fait du pouvoir central : ce sont les impôts.

Par le taux de l’escompte, la banque agit dans un sens ou dans l’autre : en l’abaissant, elle augmente les possibilités de crédits ; en l’élevant, elle restreint les crédits. L’action du taux de l’escompte peut être plus ou moins brutale ou plus ou moins efficace. Comme l’a fait remarquer M. Hawtrey *, elle dépend beaucoup du caractère des affaires du pays et de la proportion de celles-ci qui se trouve financée par le crédit. La patrie de la politique du taux de l’escompte est l’Angleterre qui fut la première à s’en servir. Un des exemples classiques est celui de ce fait qui se produisit lors de la crise de 1847 : la Banque d'Angleterre décidée à agir énergiquement pour éviter le drainage de son encaisse métallique, éleva son taux d’escompte jusqu’à 10: et même 12 %. Lorsque ce taux de 12 % fut connu, il arriva que de l’or, consigné et déjà embarqué à Liverpool pour l’exportation, fut débarqué aussitôt et réexpédié sur la place de Londres.

De nos jours, la politique du taux de l’escompte reste tou-

38. L'exemple de la Reichsbank dans ces dernières années en est la. preuve.

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