Currency and Credit, p
jours prônée par les économistes anglo-saxons ; elle semble cependant avoir perdu beaucoup de son efficacité.
La question des impôts est au moins aussi complexe. Lorsqu'un état accorde à une banque centrale le privilège d'émission sur son territoire, il se fait payer cette faveur et perçoit des impôts établis suivant des barèmes souvent très compliqués. Mais là n’est pas le cas qui nous intéresse pour l'instant : il arrive parfois que l’accord passé entre le Gouvernement et la Banque d’émission prévoit et autorise une inflation temporaire, à charge pour la Banque d’émission de payer des droits très élevés sur le papier-monnaie ainsi émis en excès. Le meilleur exemple que l’on puisse trouver est celui de la Reichsbank avant la guerre. Jusqu’en 1909, la Reichsbank pouvait émettre des billets au delà des limites permises à condition de payer une taxe de 5 % calculée sur le montant de ces billets. « Cette disposition, unique à l’époque fut clairement suggérée par le bizarre expédient anglais de suspendre le Bank Charter Act dans des conditions analogues # ». Un pareil impôt d’un taux aussi élevé empêchait la banque de recourir à cette émission de billets en surnombre à moins que cette émission ne fut absolument nécessaire. En tout cas, grâce à cet impôt, les choses rentraient rapidement dans l’ordre. La législation qui succéda à cette disposition (en 1909) permit l’émission sans impôt de 200 millions de mark à la fin des mois de mars, juin, septembre et décembre, c’est-àdire aux époques des grosses échéances et liquidations.