MES CHERS PARENTS
Dès mos premiers pas dans la carrière nouvelle , où je m'é- ^ lance plein d'ardeur , comme > après avoir agi, le chrétien ^ rend grâce à ce Dieu auquel il doit et rapporte sa force , j'é- ^( prouve le besoin de faire une pause , et de remercier publi- N quement , avant de passer outre y ceux qui ont contribué à ^ mon développement, et sans lesquels je ne serais pas, même ^ le peu que je suis ; qu'ils reçoivent tous ici Thommage de mon éternelle gratitude. Hais au milieu de ces innombrables bienfaits, dont tant de mains amies ont entouré mon jeune âge, il en est, que je dois placer et que je place avec joie au premier rang. Quel bonheur pour un fils , de trouver à la tète de ses bienfaiteurs un père et une mère I Oui , d'une part, vos bons exemples , dont certainement vous ne vous avouez pas à vousmêmes la puissante influence , de Tautre , des sacrifices qui étaient peu en harmonie avec une fortune modique, laborieusement acquise, laborieusement conservée, ont fait pour mon éducation morale et intellectuelle mille fois plus que je n'étais en droit d'espérer. Cette éducation est en grande partie votre ouvrage , et si elle est féconde, il est juste que vous en recueilliez les premiers fruits. Ce travail vous appartenait^
et je ne fais qU6 payer une dette » en tous le coniacrant. Mais surtout, chers parents, ne prenez ib<hi oGTrande que pour ce qu'elle vaut. Qu^elle soit à vos yeux , comme elle Test aux miens , un faible gage , un pâle symbole d*une affection vive et profonde I Ce modeste Essai n'a pas de prétention à une longue existence; s'il sortait un moment de l'obscurité, ce serait pour y retomber bientôt ; probablement le jour de sa naissance a été celui de sa mort. Cest donc là un signe qui représente à peine, comme une image ébauchée et indécise, les sentiments que je vous ai voués. L'^ouvrage que je vous dédie passera ; mon amour et ma reconnaissance ne passeront point 1
Votre affectionné et tout dévoué fils et ami ,