UrspruengUchkeit
2. Pour Schopenhauer, le temps et l'espace sont les principia individnationis. (V. Schopenhauer etFrauenstœdti dans la Revue Philosophique du l^r mars 1876;.
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dans tous les actes de Tindividu et imprimé en eux comme un chiffre sur mille cachets ; c'est lui qui détermine le caractère empirique, lequel, en tant que phénomène, se révèle dans le temps et par une succession d'actes, et qui par suite doit montrer, dans toutes ses manifestations que les motifs provoquent^ la constance invariable d*une loi naturelle. Cette théorie fournissait encore une explication rationnelle et vraiment philosophique de celte invariabilité, de cette constance inflexible du caractère empirique de tout homme, que les penseurs sérieux avaient de tout temps constatée, tandis que les autres sMmaginaient qu'on pouvait transformer le caractère d'un individu par des leçons de morale. Ainsi la philosophie était mise d'accord avec l'expérience, et n'avait plus à rougir devant la sagesse populaire, qui avait depuis longtemps énoncé cette vérité dans le proverbe espagnol : Lo que entra con el capillo, sale con la mor" iaja (ce qui entre avec la casquette, s'en va avec le linceul) ; ou bien : Lo que en la lèche se marna, en la mortaja se derrama (ce que l'on suce avec le lait, on le déverse dans le linceul).
Cette doctrine de Kant sur la coexistence de la iberté et de la nécessité me parait être ce que Tesprit humain a jamais produit de plus imposant et de plus profond. Elle et l'esthétique transcendantale sont les deux grands diamants dans la couronne de la gloire kantienne, qui brillera d'un éclat éternel....
On peut se faire une idée encore plus nette de cette doctrine de Kant et de l'essence de la liberté, en les reliant à une vérité générale, dont l'expression la plus complète me parait être ce principe souvent exprimé par les scolastiques : Operari
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sequitur esse ; c'est-à-dire que chaque être dans le monde agit conformément à son essence, dans laquelle toutes ses manifestations actives sont déjà contenues en puissance (potentiâ), mais ne passent k Tacte (actum) que lorsque les causes extérieures les y déterminent; et ce sont ces manifestations mêmes qui font connaître Tessence dont elles émanent. Cette essence est le caractère empirique, tandis que la raison dernière de celui-ci, inaccessible à l'expérience, est le caractère intelligible, c'està-dire Tessence en soi de cet objet. L'homme ne fait point d'exception au reste de la nature : lui aussi a un caractère invariable, qui cependant est tout indi* viduel et varie d'un homme à l'autre. Toutes les actions d'un individu, déterminées dans leurs conditions extérieures par les motifs, doivent toujours rester (moralement) conformes à ce caractère immuable et individuel : chacun doit agir comme il est. C'est pourquoi, dans chaque cas particulier, un homme donné ne peut faire qu'une seule action: operari sequitur esse. La liberté n'est pas un attribut du caractère empirique, mais seulement du caractère intelligible. Uoperari d'un homme donné est déterminé extérieurement par les motifs, et intérieurement par son caractère : aussi tout ce qu'il fait^ il le fait nécessairement. Mais c'est dans son Esse que la liberté réside. Il aurait pu être autrement qu'il n*est ^ : et c'est à ce qu'il est actuellement, qu'incombe le mérite ou le démérite. Car
1. Il y a là, ce me semble, quelque confusion entre racceplion objective et racception subjective du mot pouvoir, l'une impliquant la simple possibilitéi et l'autre la puissance effeciive.