‹ Essai sur le luxe et la vanité des parures [microforme]Chapitre 22 sur 38 · OÙ EN EST RENDU LE RESPECT QUE L’ON DOIT AU PRÈTRE · texte numérisé non relu

OÙ EN EST RENDU LE RESPECT QUE L’ON DOIT AU PRÈTRE

Eu lisant la question que je viens de poser, il me semble entendre quelqu'un s'écrier : Quoi donc? Est-ce que nous ne respectons point nos prêtres ?

Veuillez m'éconter un peu, et vous allez en juger vois-mêmes,

Vous vous imaginez peut-être que, pour un catholique, cest respecter le prêtre que de le saluer avec le petit geste de la main qu'on emploie pour saluer lé commis

d'an magasin, un ami, un frère ou une personne du monde que l’on connait. Vous vous trompez. Le prêtre est plus queitout ce monde-là. Il est l'ambassadeur de Jésus-Christ auprès de vous, et il est écrit: Devant k prêtre humilies votre âme : Vous croyez peut-être qu'on respecte le prêtre comme on le doit quand, en lui par. laut, on prend certains airs de familiarité, de badinage, de folatrerie, comme avee un égal? N’est-il pas encore écrit: Honorez Dieu de tout votre âme, et rRévÉREz Lrs PRÊTRES. Vous pensez peut-être enfin qu’on respecte le prêtre, comme le doit faire un catholique, quand on l'écoute en silence lorsqu'il parie dans la chaire, nu confessional, etc., ete., mais sans tenir compte de ce qu'il y euseigne ? oserez-vous me soutenir qu'on respecte quelqu'un qui avertit, reprend ou enseigne des devoirs qu'on doit remplir, quand on ne fait point ce qu'il dit? Est-il écrit seulement: Bienheureux ceux qui écoutent le parole de Dieu ; où bien: Bienheureux ceux qui écoutent la parole de Dieu (ou du prêtre, c’est tout UN), KT LA PRArIQUENT ? N'est-ce pas, au contraire, la marque la plus evidente qu'on méprise un prêtre, quand on fait l'opposé de ce qu'il nous dit ?

Jésus-Christ w’exigenit-il pas qu’on respectât ses envoyés et qu'on mit en pratique ce qu'ils enseignaient, lorsqu'il leur disait: Lorsqu'on ne voudra point vous recevoir, ni écouter vos paroles, en sortant de cette maison ou de cette ville, secouez la poussière de vos pieds ! je vous le dis en vérité, au jour du jugement, Sodome cet Gomorrhe seront traitées moins rigoureusement que cette vilie-là,

Respecter le prêtre et surtout celui qui est notre curé, siguifie avoir pour lui une profonde vénération et une obéissance cordiale qui, dans notre estime n'ait d'égule que celle que nous aurions pour Jésus-Christ, s'il venait au milieu de nous. Voilà ce que la foi nous enseigne.

RS

Pour comprendre ce que je dis, daignez vous rappeler ce que la foi vous enseigne sur l’étonnante dignité dont le prêtre est revêtu, puis portez vos yeux, sur la chaire, sur le confessionnal, mais surtout à l'autel, et vous ne serez pas tenté de manquer de respect à votre curé.

Cependant, pouvez-vous nier qu'un assez grand nombre de personnes parmi vous, n’aillent à l’église que pour juger si le prêtre prêche bien ou mal, se faisant ainsi les juges de la parole de Dieu? Dans l'opinion dun grand nombre d’autres, les prônes, les instructions, les sermons, les avertissements de leur curé ont-ils plus d'importance que les discours politiques, ou pour affaires temporelles ? Dans certaines localités, ne rencontre-t-on pas un tel esprit de susceptibilités orgueilleuses qu’un curé ne peut donner un avis qu'avec des précautions infinies ? Peut-on nier que ce que j'avance ici ne soit véritable ? Si on osait m’accuser de ne pas bien savoir ce que je dis, je demanderais comment il se fait que malgré Îles retraites, les neuvaines, les quarante heures, les Jubilés, les réunions de tempérance, les instructions de tous les dimanches par vos curés, le luxe aille toujours croissant, l'autorité paternelle soit toujours de plus en plus méprisée, l’intempérance gagne rapidement dans presque tous les âges, et les voleurs s'organisent en société ?

Est-ce un signe qu’un peuple respecte ses prêtres et pratique fidèlement ce qu'ils lui enseignent, lorsque, au lieu de diminuer, le mal augmente, les désordes se multiplient et qu’ils en sont réduits à gémir devant Dieu de l'inutilité des moyens de salut qu'ils ont employés pour rendre ce peuple meilleur ?

Qu'on me permettre d'ajouter ici, du moment qu'on peut dire d'un peuple qu'il perd son bon sens religieux au point de ne plus suivre la direction que lui montre celui qu’it appelle sou curé, on peut annoncer sûrement

que ce peuple ne tiendra à l'Eglise catholique que par le nom qu'il porte. Car il sera éternellement vrai, pour individu comme pour le peuple, que du moment qu'on se sépare du prêtre, on se sépare de Dieu, et, que séparé de Dien, on tombe sous l'empire du démon, qui mène rapidement dans le progrès du mal.

Je ne puis oublier ici de faire mention du respect qu'avaient nos ancêtres pour leurs curés. A sa voix tous étaient soumis. Quand un désordre, qu'il avait eendumné, voulait reparaître, des voix respectées dans chaque famille soutenaient l'autorité du prêtre. Ces seuls mots: M. le curé l'a défendu, ne trouvait point de volontés rebelles. C'était bien 1à du véritable progrès, parcequ'il était selon l’esprit catholique. Pourquoi le peuple de nos campagnes en voudrait-il un autre ?

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