‹ Essai sur le luxe et la vanité des parures [microforme]Chapitre 21 sur 38 · DU PROGRÈS DANS LE SENS QUE LE VEUT L'ESPRIT D NOTRE SIÈCLE · texte numérisé non relu

DU PROGRÈS DANS LE SENS QUE LE VEUT L'ESPRIT D NOTRE SIÈCLE

Est-ce dans le sens que je viens de vous expliquer que l'esprit du siècle vous a présenté le progrès? Non cer. tainement. Un autre esprit que l’esprit de Dien conduit le monde, je vous l’ai sans cesse fait remarquer,

L'esprit dn siècle vous a présenté le progrès sous l’aspect du bien-être matériel et de la prospérité mondaine en dehors des voies catholiques, qui sont non seulement

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les seules vraies, mais encore les seules raisonnables pour toute société humaine. Je vous l'ai déjà dit, on vous a crié sur tous les tons, qu’en vous y livrant dans le sens qu’on vous le présentait, vous serez prospères, riches et heureux : on vous a trompés. Et moi, ouvrant le livre divin, je viens dire avec le prophète Isaïe, parlant au nom du Dieu de vérité: Mon peuple, ceux qui vous disent bien-heureux vous séduisent, et 1LS ROMPENT LKS CHEMINS PAR OÙ VOUS DEVEZ MARCNER ; c’est-à-dire, ils vous jettent en dehors de vos voies pour vous faire suivre ‘un chemin bordé d’abîmes ; ils vous poussent à l’orgueil, qui dissout tous les liens qui doivent unir les hommes vivants en société ; ils ruinent votre esprit catholique pour vous donner l'esprit payen ; ils vous mènent à l’infidélité, au culte de la matière et de la chair, à la perte de vos mœurs et de la foi.

Laissez-moi entrer dans quelques détails pour vous prouver c& que je viens d'avancer. Iei encore, je reclame la liberté d'être france, tout en vous priant de ne point vous offeuser des observations que je vais faire. Il y a de nombreuses exceptions aux remarques que je ferai: exemptez-moi de vous les signaler, Faites atten-

tion que je ne parle que pour les habitants de la campagne.

10, Où EN SONT RENDUES NOS RELATIONS SOCIALES ?

Qu'il y ait entre vous tous, dit le prince des apôtres, une parfaite union de sentiments, une bonté compatissante, une amitié de frères, une charité indulgente, accompagnées de douceur et d’humilité.

C'est dans cet esprit que doivent avoir lieu les relations sociales pour un peuple catholique. Ches lui, on ne devrait jamais rencontrer cette affêterie, ces paroles fardées, cette étiquette préteutieuse qui détruisent cette

amitié fraternelle qui doit être pleine de douceur et d'hu, milité, dont parle i’Apôtre. :

Un homme bien capable d'en juger me disait, il n'y: pas encore bien longtemps: ‘Nos relations sociales sont devenues sottes, empesées, fardées et insipides, Les ris ne sont plus que des grimaces et les paroles des faussetés. Le cœur en est absent.”

Les titres que l'on se donne, en s'adressant la parole sont les signes infaillibles de la disposition où se trouvent les cœurs. Ainsi, deux amis, conversant ensemble, croiraient se faire injure en se donnant d'autres titres que ceux qui indiquent l’union de leurs cœurs. Je ne puis condamner les titres de Monsieur, Madame, Madtmoiselle que l’on se donne maintenant, dans nos campagnes. Mais on me permettra bien de dire qu'ils sont prétentieux, qu'ils sentent l’orgneil et qu'ils indiquent qu'on est plutôt étrangers que frères, compatriotes on amis.

J'ai connu beaucoup de personnes qui s'étaient trouvées très-offensées parce que leur curé ne les avait pus appelées madame on mademoiselle. C'est à faire lever les épaules de pitié pour d'aussi ridicules exigences. I m'a toujours semblé qu'un curé ne devrait voir, dans ses paroissiens où dans ses paroissiennes, pas autre chose que des enfants. Si tout ceci est du progrès, dans le sens chrétien, j'avouerai ingénnement que je ne m'y connais point, et on me permettra d'être de l’opinion de nos ancêtres et de trouver plus conforme aux enseignements de l’apôtre les titres de frères, d'amis, de voisins, de cousins, etce., ete, qu'ils se donnaient. Il me semble que c'était plus canadien, plus fraternel et plus cordial. Mais alors on ne connai<sait ni les télégraphes, ni les chemins de fer, ni les belles toilettes, ni le progrès! !

Aujourd'hui que nous marchons avec notre siècle,

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ous avons pitié de ces vieux canadiens et de ces vieille canadiennes qui s’habillaient avec de l’étoffe de leur pays et l'aimaient cordialement. Nous avons trouvé plus beau de nous fuire des grimaces de politesse et de n'être plus unis que par des toilettes de luxe et de vanité, Est-ce là du progrès catholique ?

Si j'avais le temps de repasser tout ce qui regarde les relations sociales actuelles, ne devrais-je point parler des profondes divisions qu'ont créées dans certains comtés, les luttes pour les élections? Imaginerait-on qu'un peuple qu'on regarde comme doué d'un bon sens remarquable, ait porté le fanatisme des luttes électorales jusqu'au point de briser tous les liens sociaux entre des enfants et leurs pères, entre des frères et des sœurs. Si encore on se fut réuni après ces tristes luttes, comme le bon sens chrétien le voudrait, l’acharnement de ces juttes, tout déplorable quil avait été, aurait eu un remède? Muis n'est-il pas constant que ces scandale out divisions ont duré pendant des nunées et des années ? Est-ce là du progrès chrétien ?

Nos ancêtres n’agissaient point de la soite. Après les luttes des élections tout rentrait duus la paix, l'union et la charité, comme font encore un assez grand nombre de paroisses,

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