‹ Essai sur le luxe et la vanité des parures [microforme]Chapitre 3 sur 38 · AVANT PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT PROPOS

J'adresse ce petit traité contre le luxe et les vaines parures spécialement aux personnes de la campagne, sans cependant avoir l'intention d’exclure aucune personne des autres localités.

Les titres qui semblent me donner droit à leur confiance, sont ceux d’une vie employée, presque toute entière à leur vouloir, et peut-être aussi, à leur faire un peu de bien spirituel, selon la mesure du talent quil a plu à Dicu de me confier. Avant de laisser cette vie, je me sens pressé de leur mettre devant les yeux les réflexions que je crois utiles à leur bonheur éternel. J'écris sans dessein de blesser qui que ce soit, mais aussi sans fard et sans artifice. Ma conscience me dit que je serais digne du mépris des habitants de nos eampagnes, généralement si francs et si nonnête, si je cherchais à leur plaire au dépens de la vérité, que je dois leur dire franchement et toute entière.

Je comprends que la question qne je vais traiter, est extrêmement chatouilleuse pour un eertain nombre de personnes qui aiment éperdument ce que la vérité m’o-

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bligera de condamner. Mais cette considération ne peut m'empêcher de leur dire la vérité, parce que, j'ai la confiance que, ayant conservé la foi dans leurs cœurs, elles ne serout point rebelles à la lumière de cette foi, du moment qu'eile brillera à leurs yeux. D'ailleurs, je ne dirai rien de moi-même, et elles sont trop raisonnables pour s'irriter contre la voix de leur conscience chrétienne et contre les préceptes de l'Evangile.

Je dois dire à tous ceux qui liront ce que je vais écrire : Souvenons-nous de ne point mettre nos passions, et surtout celles de lorgueil et l’amour propre de part dans notre discussion, N'y appelons que notre raison et nos principes religieux. Ayons le courage d’un peuple chrétien et digne de porcier le beau nom de catholique. Si on nous prouve que le luxe et les vaines parures sout condamnés par nos principes religièyx, et en opposition avec nos intérêts spirituels, condamuous-ies franche ment, et corrigeons-nous.

Gardons-nous de ressembler à ces hommes dont parle l'Apôtre St. Paul, dans son Epitre à Thimothée. Zl viendra un temps, dit le grand apôtre, où les hommes ne pourront plus souffrir la sainte doctrine, et fermant l'oreille à la vérité ils l'ouvriront à des fables.

Faisons donc taire nos passions, nos préjugés, la voix de la chair et celle de l’orgueil, et disons avec le prophète David : Seigneur, je me suis trouvé tout enveloppé par les liens des pécheurs, mais je w’ai point oublié votre loi. Donnez-moi l'intelligence, et je m'appliquerai à connatre votre loi, et je la garderai de tout mon cœur. Le cœur docile, l'esprit dégagé de tout préjugé mondain, la volonté sincère de connaître la vérité pour l’embrasser avec une entière fidélité, seront donc les compagnons de notre discussion et, Dieu aidant, nous la rendrous salutaire.

AL. MaizLoux, Ptre., V.G.

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