PROPRIÉTÉS THÉRAPEUTIQUES DU MANCENILLIER
Gomme tous les végétaux toxiques, le mancenillier a été introduit dans la matière médicale sous une foule de formes.
Son latex a été employé en frictions sur la peau, comme excitant et rubéfiant; son emploi a fourni de bons résultats.
M. Rufz de Lavison considère son action rubéfiante comme au moins égale à celle du garou; étant médacin à la Martinique, il avait préparé un onguent, où le suc remplaçait la cantharide dans les mômes proportions. Je crois qu’il vaudrait mieux y introduire la résine active obtenue par M. Coutance. La préparation serait plus facile à exécuter et en môme temps plus active.
Selon Fusée Aublet (1), ce suc est employé à la Guyane pour combattre les vers intestinaux chez les enfants. Il peut produire, à petites doses, de bons effets,- car son principe actif agit comme drastique; mais il faut le proscrire de cet usage, en raison des dangers que présente son administration.
M. L’Herminier (2), pharmacien à la Guadeloupe, a préparé un extrait avec les feuilles; on l’emploie, dit-on, avec succès contre l’élephantiasis.
L'extrait éthéré préparé avec les écorces est très-irritant; il entre dans la formule d’une pommade employée aux Antilles pour le traitement des ulcères tenaces ou de mauvaise nature. Gelui préparé à l’aide de l’alcool, ne renferme pas le principe résineux irritant, et est utilisé par les médecins anglais pour combattre les fièvres intermittentes.
(1) Fusée-Aublel, Histoire des plantes de la Guyane française, t. H.
(2) Docteur Renato de Grosourdy, El meJico bolanico eriollo. l. IV.
Les graines renferment une huile, que l’on retire par expression à l’état de blancheur parfaite. Elle rancit très-vite, et se colore en jaune. Elle possède des propriétés purgatives doubles de celles de l’imile de ricin.
Le bois desséché passe pour sudorifique, et on le préconise contre les affections syphilitiques.
Selon Ricord-Madiana, les fruits désséchés seraient diurétiques.
L’étude des propriétés médicales du mancenillier est bien incomplète; sa place n’est pas encore bien établie dans la thérapeutique.
Peut-être un jour^ cet arbre si célèbre sera-t-il acquis définitivement à l’art de guérir I
. Qui sait combien de remèdes puissants, jusqu’ici absolument « ignorés, sont encore tenus en réserve dans ces vastes contrées « du Nouveau-Monde, qui nous a déjà fourni tant de médicaments « héroïques. »
(Professeur Gubler, introduction du Journal de thérapeu-
Vu et Permis d’imprimer Ze Vice-Reetevr de l’Académie de Paris.
Mourier.