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dorsal d'une grenouille vigoureuse. Celle-ci est alors fixée sur la planchette à expériences, et, par l’ouverture de la poitrine, nous mettons son cœur à découvert pour en compter les battements.
Compté avant l'expérience, le cœur donnait 84 pulsations à la minute.
À trois heures quinze, le cœur ne bat plus que
78 fois.
À trois heures vingt, 72 pulsations cardiaques. A trois heures vingt-cinq, 70. À trois heures trente-cinq, 60.
À trois heures quarante-cinq, 58.
À quatre heures, 54.
Nous abandonnons la grenouille.
De ces expériences ressortent plusieurs points importants. D'abord, toutes montrent de la façon la . plus nette la présence de la bile dans le canal thoracique. Elle est démontrée dans la première expérience par la coloration jaune-verdâtre de la lymphe de ce canal, dans les deux autres, par les propriétés toxiques de ce même liquide.
Nous voyons, en effet, dans l'expérience n° 2 un quart de centimètre cube de lymphe produire chez une grenouille un coma complet au bout de quelques minutes, faire tomber le cœur à 26 au bout de quarante minutes, et amener la mort après deux heures dix minutes.
L'expérience n°.3 n’est pas moins concluante. Là,
hs — un centimètre cube et demi de lymphe détermine, chez une grenouille vigoureuse, un ralentissement prononcé du cœur, qui le fait tomber dans l’espace de moins d'une heure, de 84 pulsations à 54.
Il était, en outre, important de rechercher si la lymphe écoulée du canal thoracique de l'animal vivant avant l'établissement d'aucune pression dans ses voies biliaires, ne possédait point déja des propriétés toxiques. L'expérience n° 2 nous met à même de donner à cette question une réponse négative, puisque nous n'avons constaté aucun phénomène morbide, quel qu'il fût, chez la grenouille qui a subi l'injection de cette lymphe ; le nombre des pulsations cardiaques, qui était de 76, un quart d'heure après l'injection, était encore de 70, quatre heures plus tard.
Dans l'expérience suivante, nous avons particuhèrement recherché si, dans certaines conditions, la résorption de la bile et notamment des sels biliaires peut se faire, contrairement à l'opinion de M. le professeur Ludwig, par les veines sus-hépatiques. Or, cette expérience (IV) paraît démontrer la réalité de ce fait important et inattendu. [l convient, d’ailleurs, d'ajouter que la réaction de Pettenkofer a été beaucoup moins belle dans le sang de la veine sus-hépatique que dans la même quantité de lymphe retirée du canal thoracique.
Voici l'exposé de cette expérience :
1° CSS |
EXPÉRIENCE JV
Curarisation. — Pression exercée dans les Canaux biliaires. — Présence de Sels biliaires dans le sang des Veines sus-hépatiques.
Le vendredi 17 juillet, à deux heures quinze de l'après-midi, dans la trachée d’une grosse chienne à jeun depuis vingt-quatre heures, nous introduisons une canule à trachéotomie. Nous lui injectons ensuite dans la veine jugulaire externe gauche une dose de curare suffisante pour provoquer une résolution musculaire complète, et nous pratiquons la respiration artificielle.
À ce moment, l'ablation de la première côte gauche nous permet de mettre à découvert le canal thoracique dans la partie où il côtoie l’œsophage, et de le dénuder sur une certaine longueur.
À trois heures trente, incision abdominale ; ouverture de la cavité péritonéale ; ligature du canal cholédoque; ouverture de la vésicule biliaire, dans laquelle on fixe une grosse canule en verre.
À trois heures trente-cinq nous sectionnons la veine jugulaire externe droite, nous lions le bout supérieur, et nous poussons dans le bout inférieur un long tube en verre dont la lumière est exactement obturée par un tube plein formant piston.
Après nous être assuré, à l’aide de la main introduite dans la plaie abdominale, que l'extrémité du tubeest bien dans les veines du foie nousrecueillons une certaine quantité de sang des veines hépatiques dans une capsule de porcelaine.
Ce sang est défibriné par le battage.
À ce moment (trois heures quarante-cinq), nous établissons la communication entre la canule placée dans la vésicule biliaire et le réservoir d'eau salée, placé à trois mètres de hauteur, pour exercer une pression dans les voies excrétoires de la bile.
La première capsule est aussi remplacée par une seconde, dans laquelle nous recueillons du sang des veines sus-hépatiques, après qu'il a subi l'influence de la pression intra-biliaire.
Enfin, à trois heures cinquante, le tube de verre est un peu retiré, pour le dégager des veines sus-hépatiques et aussitôt poussé dans la veine cave inférieure à quelques centimètres plus loin. Nous recueillons du sang de ce vaissseau dans une troisième capsule, puis nous retirons le tube, et nous lions le bout inférieur de la jugulaire externe.
À ce moment, nous recueillons la lymphe du canal thoracique en assez grande quantité, sans faire exécuter aucun mouvement aux membres de l'animal.
À six heures, nous mettons fin à l'expérience en céssant de pratiquer là respiration artificielle. Quelques minutes après, l'animal meurt.
Les trois échantillons de sang ét la lymphe sont
remis à M. Aubert, qui les traite suivant la méthode s
eS
classique, rappelée récemment dans le Yournal de Pharmacie et de Chimie, par M. Rüietsch (1).