‹ Essai sur le nom et la langue des anciennes CeltesChapitre 27 sur 27 · PARLÉE ON N'A PAS PROCÉDÉ AUTREMENT QUE DANS LA LANGUE ÉCRITE · texte numérisé non relu

PARLÉE ON N'A PAS PROCÉDÉ AUTREMENT QUE DANS LA LANGUE ÉCRITE

Lorsqu'un homme ignore l'existence d'une chose, il en ignore ordinairement le nom, et quand il veut désigner tin objet qu'il voit pour la première fois, il cherche à en faire une description, une peinture avec des mots qu'il connaît déjà. C'est ainsi que nous nommerions, nous, chaque outil , d'un atelier que l'ouvrier désigne par fois avec un monosyllabe, et que dans l'enfance de chaque science on se sert de la périphrase pour nommer cent choses; cependant le fréquent usage de certain objet, ou de certaine expression nous fait sentir tout ce qu'a d'incommodé et de long cette sorte de désignation et alors on crée un nom technique, on l'on mutile peu à peu chaque terme de la périphrase jusqu'à ne plus faire qu'un seul mol qui finira par être réduit au monosyllabe si l'usage qu'on fait de ce mot est très fréquent. Pour pren-

dre la nature sur le fait on n'a qu'à enlrer dans un restaurant, et entendre le langage des garçons de table lorsqu'ils demandent un plat au cuisinier. Une langue sauce, un boeuf cornichon, une tête poulête, etc. Une langue de bœuf à la sauce piquante a huit mots une langue sauce n'en a que trois, et comme ces (rois renferment tout ce qu'il faut pour être compris, et que les mots d'unelangue n'ont pas d'autre objet, ces garçons font ici ce que Ton a toujours fait.

C'est ainsi que dans les pays chauds les langues n'ont point de mots particuliers pour indiquer la débâcle; et que le français dit gelée blanche, au reif allemand 9 tandis que cachaza et srap sont des mots des langues du Midi. L'un veut dire la paresse que produit la chaleur, et l'autro la cécité momentanée à yeux ouverts, causée par l'excès de la lumière. Ce premier mot est castillan , srap est arabo-mallhesien. il n'est pas toujours facile aujourd'hui de reconnaître les pièces de tous les mois pour les recomposer; mais il est facile encore d'en reconnaître une grando partie et de juger l'inconnu oar le connu. E» voici quelques-uns de ceux que nous trouvons encore dans la langue allemande, outre ceux mentionnés dans le texte :

Saison jahreszeit jahr année zeit temps.

Mine bergvoorh berg montagne to rk

travail. Synagogue judenschule jude Juif schule ûctf*

lot tant augenblick auge œil bUck regard.

Annulaire goldfinger #oW ory/înj/er doigt.

Pension jahrgeld jahr année, gdd argent.

Charité tnUdtwtigkeit mild tendre, tœtigkeit

violence.

Ivoire elfetibtin elfen éléphant, bein ps.

Foire jahrmarJU marché annuel.

Coquerel juébnkirshe cerise 4e Juifs.

Eteignoir lichtkut chapeau, de la lumière.

Mercredi mittwoch milieu de la semaine.

11 n'y a presque pas de fruit qui ne porte le nom du peuple d'où il est venu ou était sensé venir. Ainsi le maïs est appelé blé de Turquie en France *t en Allemagne; blat de Moru par les Catalans, et indian com ou blé de l'Inde par les Anglais.

Le français dit : pointe du jour ; printemps; chèvre-feuille ; saule pleureur; le jour avant ; c'est pourquoi, etc., pour des mots qu'on trouve uniques dans d'autres langues , soit bissyllabes comme le pridie latin, soit même monosyllabe comme le d grec et tarifes hollandais.

Um veut dire autour de en allemand.

TUl — jusqu'à ce que en anglais. *

Tra — au travers de en Italien.

Ut — afin que en» latin.

Tog — de gréée en hollandais*

lax — avec le talon en grec.

Agis — «pr& damait* en gree r etc.

La manière de rendre en français ces ; |fitofftft-

2tt

syllabes ne fait clic pas voir, ainsi que les mots allemands cités plus haut et mille autres que nous pourrions tirer de presque toutes les langues, que les hommes font dans la langue parlée comme dans la langue écrite? Qu'ils procèdent partout également du composé, du long, de l'imparfait pour arriver au simple, au court, au plus commode? Quand la logique ne les y pousserait pas, la paresse produirait le même effet.

w« «iiiw%iw»i«wii«»«»wiwii»

TABLEAU QUI TEND À EXPLIQUER L'àNALOGIB DES

noms d'élévation et de lumière, de sublime et de brillant.

Langue*. Mots.

E implications.

Hongrois nap

jour et soleil (1)

Nouvelle Calédo-

nio nap

feu

Terre de Diemen nabé

feu

Occéanie occi-

(1) Jour et soleil sont synonymes en formosan, latin (januê ou dianus mise, de diana) japonnais, en langue villela, yarura, poeonchi, Iule, kurdislane, cora, cochimi, tagala, chinoise, birmane, pampango, et même grecque.

dentale

nevi

feu

Grec

en haut

Anglais

up, upon

en haut

Allemand

iiber

au-dessus

Notka

upsel

soleil

Australien et Ma- put, bid, bu*

decasse

lan,bo

lune

Malais , Made

casse et Celte

api y afe, afo feu

Grec

phébo$

soleil

Persan

afitab

soleil

Tombouktou

ofllti

soleil

Cornwalle

ef,nef

ciel.

ne/S, nef

ciel

Gallois

nefliw

couleur de ciel

Français

bleu

bleu

Latin

nobilis

grand, noble,

élevé

Breton

neff

ciel

Id.

neb

nuage, chose qui est dans les cieux, élevée

Id.

nopl

grand

Copte et Egyp-

tien

neby nyb

seigneur

lUlien

nibbio

oiseau qui plane dans le haut des airs, l'aigle des poètes italiens

Allemand

brouillard ( dé nuage )

Latin

uàula, mAet nuage (de âkose

élerée)

Italien

nembo 9 *tbbia nuage,brouillard,

ntifte

-une

Slavon

iciel

Polonais

njébp

Vénéde

nêbuy

Italien

foiyo

brouillard, obseorilé, nuage

Copte

ftebo

eîel

Hébreux

■ naba

grand, prophite

Dalinate

i)mtèo

Styrien

oiel

Assyrien et Ba« bflonien

' \tyJbo, nabu

chef, roi, ad* gneur

(Nab'uchodonosor 9 Nabonâssar, Nobopo^ lassar, etc.)

Indou

nabal

roi

Malais

buUan

lune

Anglais

bull (taureau) FApis des Egyp-

tiens au front radieux.

Phénicien, Chat

déen

bal, baal

Dieu, seigneur

Cartaginois

bal

Dieu, Àsdrubal, Apnibal, elc,

fttfiémîea

Hébreu

Assyrien

CpmwaiHe

Grec

Latin

Basa Jtraon

§lave

Pepyntea

Caffire

Allemand-

Egyptien

Hébreux

Persan

Arabe

Galle

LaliaeMtotiefi

Auglai»

Celte Latin

nebe ciel

nephil géant

pal phalphul seigneur» Pbtlaf *

sar, Phul, Sardanapal, A'c.

soleil soleil

soleil(Aepfa,4q>f0fn)

soleil

soleil

jour

soleil

soleil

soleil

Pharaon oùphoronée (grec^roi

le plus excellent

seigneur;

être au -dessus

nébuleux

neige

bannière (élévation) brouillard bal, ma^géù,

valypaLtfal, chef, haut,, élevé falco (1) faucon

foui, houl

kèlios

sol

sirota

solntze

lun

le langa

sonne

sun

phar

naaf ntbel

nàb& nifwlofr niXj neve flog, fog

(1 \ Diodore d£t» qu* cej 4Ûpau r qui représentait la dinmtéea Egypte, y était adoré parce qu'il avait

bœuf, bélier, brebis, serpent, corbeau, grenouille, erapeau. Le* guaranis appellent cut-cui un petit oiseau, qui, comme notre coucou, est nommé d'après son cri ;

2* Le mot vie, ame, chair synonyme dans toutes les langues anciennes : loi vie en grec; 200» animal, zodion animalcule xémi vivre. Le stades hollandais, le timia latin, dériveraient-ils de ce dernier mot P Nous avons vu que uum vent dire homme en tfainoyède. Svma en piémontaîs, c'est une ânesse) zahm veut dire apprivoisé en allemand et utmen sperm oivtn; — toutes choies qui se rapportent à l'animal ainsi que êehim spectre en batare. Chameau et chamois ne s'en éloignent pas tten plus. Le $om suédois est au voekhe allemand qui veut dire la même chose, ce que le sim grec est an totflfc slave qui veut dire loup ainsi que zwierz (dans la même langue twterùe veut dire renne et animal). Que wUh ait voulu dire homme dans quelques langues anciennes, il ne restera pas de doute à ceux qui auront lu avec quelque attention ce que nous avons écrit touchant les peuples qui ont donné leur nom au Norfolk et au Suffolk en Angleterre, et à ces Wolces ou Wolskes qui ont couvert le midi de l'Europe.

Ce n'est pas seulement 2oè qu'en trouve pour racine de l'animal. Psykê est encore synonyme d'homme et femme en grec , et Ptyketrtporo* était le daarchand d'esclave à Athènes. Vanemos

(vent en grec) a fait l'anima latio fou est dérivé animai

Nouç au note signifie aussi âme en greq; no^ t en suédois, animal et ï)œuf*qt natkr, vipère ep aljçiçand. pïous avons fait remarquer plus haut les analogie» qu'eu» trouve, autre les nains (J'armai et ceux d'hcuBme; peut-être p^rceqqe le sfrôt gui servait â désigner l'un désignait aupsi loutre, comme qui diraH Yêtre vivant % Y être atttm^v Nous avons encore . parié des. rapports qui existent entre l'habitant et l'habit ati ou; et voici ce que nous trouvons à cet ég^rd dans le petit nombre de livres que nous avons en ce moment à notre disposition ;

ftàa, maison ep tppquinois. (Nid et niche ont-ils la même source ?)

Nhi f les enfants id.

Nbem % le toit id.

.. A^<m r rbomme M*»

Ni et nie signifient j* t moi en canlajire, e} «et, nous en latin, qui a encore na$CQr r mtor r naturay nçtuh nupticç * dont les initiales, comme celles 4ïtwrus y nympba y naX$ % nppea, néréide, coïncident d'une manière frappante avec le nom grec, le fias hébreuor et le nesea cantabre , fui signifient jeun» fille.

• JVetihiteii estonien, et matayke en samoyède, signifient aussi jeupefiH*

Serait-ce parce gue, dapp l'éM&t ftauvpgfl» le» femme* sont, physiquement et moralement*

moins développées que les hommes, que nous trouvons des mots comme nain, niais, nigaud, nice le nacca des latins ? Je ne le crois pas. Pour distinguer de petites nuances dans des idées à peu près analogues dans le fonds, tout en modifiant les désinences du root qui les indique, il fallait conserver le radical â peu près intact, et c'est ce qui arrive dans un assez grand nombre de laogues comparativement récentes. Ce nice d'abord veut dire beau en anglais, qui n'est pas la seule langue dans laquelle mou, efféminé et joli, soient synonymes*

JVothos veut dire bâtard en grec; nero voulait dire homme dans l'ancienne langue du latium, et nerio force dans la langue des Sabins. Manly anglais, virilement français, sont au man germanique et au vir latin; ce que neuros et andreia sont à Varier et à Vanax grec.

Anax, qui veut dire chef de la maison, prince, roi, est l'expression de l'effet; neuros ei andreia, expriment là causé.

Ceux qui savent que juventus voulait dire l'armée en latin, ne trouveront pas extraordinaire que nous ajoutions à tous ces mots le ghné géorgien, qui signifie vaillant. Nagusia veut encore dire le maître en cantabre, et nerea le mien; noya, veut dire fille, et nena } petite-filfé en catalan; la nina (prononcez nigna) des Castillans ; nini 9 c'est la grand'mère en malais; la nonna des Italiens, qui disent aussi nonno au

grand*père, Dans notre Essai sur la premier* habitation des hommes, nous ferons voir l'analogie qu'il y a entre plusieurs pronoms et les noms de l'homme, ainsi que les rapports de ceux-ci et les noms des villes et des peuples. Norba, Nursia, Narni, Narona* Narbo; le&Neripi, les Nervii, les Norici, etc., sont de ce nombre. Serait-ce parce que les hommes, ou le peuple primitif qui a nommé depuis ces villes habitait vers le Septentrion, que les mots nor> nord^ nort f désignent les régions septentrionales ? Norvège voudrait-il dire la région Je ce peuple? — « Ai posteri la seritenza. »

El en lapon est la troisième personne du verbe vivre ; une espèce de masdar scy the. .Elle veut dire vif; et ellem vie. Elein en finnois et allât en hongrois signifient animal. Leben en allemand, life en anglais, et lif en Scandinave signifient aussi vie; lôen, bète en breton , et lœwe lion en allemand.

Du radical ellem et leben nous trouvons partout des dérivés. En voici quelques-uns :

Velg suédois- est Valets des latins (1).

(1) Les Allemands ont eilig (pressé) qui est au haslt anglais, le hast suédois et à notre hâte ce que le hest danois (cheval) est à Yelg. Make haste signifie eu anglais faites vite. Ceux qui connaissent le génie de k langue anglaise , et savent combien de fois ils disent

Vv «Rie — Elo$ faon de biche, canule* chameau.

ffeyos écûrfeoil.

,4fopé£ renard, #îtë belette*

Btophoê oerf arec ton* ses dériver pélopho*, trigelophos, rnègalepho*.

Êlephaê éléphant.

Mpheo bœuf.

£*df» lion, (jfcfot» oerf en slave).

Zyco* loup, (fy$ra> linx en grec).

Do utuf. — Itptts ; ce leput rsppette Ube* vitv #t frima animal en germanique.

Lynx.

Mes (/li éléphant en arabe el ea ture)-

lupus* etc. (ttpuwn chien* en épiroêe,iapsis fraofais).

C'est surtout dans les poissons qu'on trouve chea les peuples qui ont habité pendant long^ temps les borda de la. mer ce radical. Cokiea

faire poar faire faction d$, n'auront pas de peine à le croire.

Les Hollandais ont Ikht, léger (le Hght anglais), mais ils ont encore nn mot dbnt noos ne parlerons «nepar sa rareté, liât signifie membre, teêLlidt

{nientula latin) et boar-lidt (pudênda mulitri*) de kmarm enfanter ; le bhdryà (femme) noos le trouvons encore dans le sanscrit, mais le latine se trouve pins qae dans le eKar animal, on le tool anglais»

finnois, hal on hongrois, veulent dire poisson ; aal aiguille en allemand, et tel en anglais. Anguille lui-même semble un composé languis et tfe ce radical eel, comme qui dirait animal-serpent.

Vie se dit encore bios, biosïs et biotè eo grec v ce dernier mot parait avoir plus d'analogie avec le vita des latins. £to*est à bous, le bis dalmate,le bot latin (bœuf), ce que vita est à vitulus veau.

Pardos. le peu de livres que j'ai è ma disposition m'empêche de retracer l'élymologie de ce mot ; mais je suis presque sûr que si ce q'est pas phutra c'est un mot qui ne doit pas s'éloigner des règles que j'ai établies. Voici quelques-uns de ses dérivés :

grec. — Pardos léopard, (pardo en portugais eipard en suédois).

Pardali* 9 panthère.

Pardalo$, oiseau de couleur cendrée en grec d'après M. Planche ; obscur d'après le proverbe espagnol de noche todos los gatos son par dos; si ce par dos n'est pas peut-être le nom de quelque bête féroce de la famille du chat et qui aurait disparu aujourd'hui de la péninsule comme les lions de la Grèce et les rennes de la France où il en existait encore il y a à peine trois siècles. Nous n'assurons rien, mais pardo en espagnol et enportugais, pris adjectivement, signifie morem r brun, obscur.

En Catalogne pardal c'est le moineau, et quel-

quefois l'oiseau en général comn e le beard en anglais qui semble avoir la même oiiginc.

Panrd, cheval en holIandais;(âar<fcr un cheval, albarde, selle en espagnol, bardot ; tout prouve que ce mot n'était pas inconnu dans le midi de J'europe.)

Pferd, cheval en allemand.

Burden c'est la charge d'un animal en anglais et figurativement un fardeau quelconque. La charge et l'animal ont souvent le même nom, comme soma en piémontais, et Vonus latin qui vient d'onos, âne en grec.

Bordegano en espagnol, c'est le mulet produit de l'âncsse et du cheval.

Pars c'est tigre en mandlchoux, et panthère en turc.

Par dus c'est l'once en latin.

Nous avons dit que le mol chair et vie a dû être jadis synonyme, car nous les trouvons trèssouvent avoir le même radical que certains animaux.

At, cheval en turc, et et, viande : eat\ manger en anglais, edo latin et grec.

Ass en anglais, esel en allemand, âne , esen, manger en allemand. Ce esen est Vasinus latin, le aswini hindous (cheval), qui nous fait souvenir du swine germanique (cochon) et du sus latin. Rappelons-nous que les Tarlares et les Tibétains se nourrissent de la viande des chevaux , et que beaucoup de mots de nos langues nous viennent

de l'orient. Au reste, les Espagnols appellent carne la viande, et carnero le mouton ; les Grecs créas la viande, et cria le mouton ; phér la bêle, pAerou et pheros la nourriture des héros. L« mol viande ou vivanda rappelle aussije raot m.

Esurio veut dire mourir de faim en latin, eiurio mourir d'amour. La racine qui se rapporte â l'aliment est donc conservée dans Ves de l'esurto, et esse veut dire manger en latin, d'où esca, esculentia. Esido antique pour edo nous autoriserait à comprendre ici le hest danois (cheval), esus l'action de manger, Edusam déesse qui présidait au manger, comme Potina présidait au boire.

Edos c'est vorace en grec, et edodè aliment.

Comidè et comisè signifient nourriture en grec. Corner eu espagnol et comedo en latin c'est manger, manu'ducere ou manducare. Otoris Y edo à comedo il reste le genre de nourriture tout pur ; ce chamois, ce game anglais qui signifie toute sorte de chasse;|ce gramo espagnol qui, ayant subi une modification inverse â celle du ordeum latin qui est orzo en italien et orge chez nous, est notre daim.

3. II n'y a pas de nom d'animal dans une langue qui ne signifie celui d'un animal différent dans une autre.

Ben brebis en grec, c'est le renne dans presque tout le reste de l'Europe.

Zèbre chez nous c'est un âne rayé ; zeeb c'est le loup en hébreux.

Zubr c'est un b<mf sauvage en polonais et capra qui a le même radical c'est une chèvre en latin. Les PiémoQtais l'appellent crava; eikroca c'est vache en slave.

Do zeeb hébreux ne pourrait-on pas tirer Tri, chien en hongrobt, hebes âne en slave, eftfoft, ours dans la mente langue hébraïque ?

Vtâf c'est biche en polonai ; 1out> en atiftfais, et eoJpt, renard eri italien.

Ov, lièvre en japon; ovi$, brebis eu ûfihv

Lotwe, lion en allemand; lôen, animal en breton ; louve, la femelle du loup en français, et iowy lion encore eu slave.

Ko$ 9 mouton en hongrois; goz, taupe en breton; go$, chien en catalan; bi* f animal* en albanais ; bou$ en grec , et bo& en latin, bœuf.

Feguu (d'eojua), jument en espagnol iyagua, chien en guarani.

Aferî, buffle en hébreux; maéhrê, cheval en allemand} mort en mongol, et mare en anglais, jument*

Arvch en hébreux, cries en latin, mouton,, et hair, lierre en anglais.

Bai, chauve-souris en anglais; paây crapaud en hollandais.

Goto espagnol, chat ; goat> chèvre en angtais ; gota, animal, caribe; kon r cheval en steve; Aiuan, chien en chinois; fcud», chien en grec; gui***, renard en catalan.

Ran, serpent en tonquinois, et ranci, grenouille en latin.

Gady lièvre en breton; gat, chat en catalan.*

Ki % chien en gaulois; khi, singe en anamitique.

Le chamois français, gamo 9 daim en espagnol; (gamc, sport en anglais, signifient à le fois Jeu» (amusement et chasse.

Kcdb, veau en allemand; kelb, chien en arabe.

Norse, cheval en anglais; orso, ours en italien»

ReSy bète à laine en espagnol {las rese$, les brebis); ros*> cheval en allemand.

Byk f bœuf en slave; bouka, bœuf sauvage en mongol ; bock, bouc en allemand»

Caninge, lapin en allemand; coma, chien en latin. On verra ceci sur une plus grande échelle dans la liste qui suit; mais H ne faut pas eo tirer la conséquence prématurée que les langues, salent, pour cela, toutes dérivées d'une seule et même tangue, car on voit ces phénomène»

souvent dans la même langue, comme sjiï r qui veut dire lion et bison en chinois;, et puis des noms aussi différents dans leur signification que lupuê et iepus en latin, stetng et $té (chien* et chat) en ailobrogé(Beauforl), chûmaw et chamoi* en français', toilb f loup, vol, bœuf en polonais, torro, âne, et perro, chien en espagnol; et enfin» par d'autres considérations dont nous nous sommes occupés dans la deuxième partie de cet ouvrage*

4° Que le nom de plusieurs animaux n'ait voulu

désigner dans le commencement des sodé lés humaines que l'espèce en général, il ne reste pas le moindre doute.

Le ther grec sigbifie à la fois animal et lion, et théra chasse.

Le thier allemand signifie animal. Nous trouvons ces roots dans panthère, tratnpelthier qui veut dire dromadaire en allem nid, dans taureau, le dier hollandais, animai, ondier, monstre, etc. - Toura, vache stérile en portugais; torra> tigre en japonais, et tru, cochon en lonquîuois.

Tarv, taureau en celte ou breton.

Djur, animal en suédois.

Tyr, taureau en danois.

Teras, monstre en grec, d'où peut-être nous sont venus terreur, terrible et trembler, mois qui expriment assez l'impression que produit sur Thomme timide la présence d'une béte féroce.

Cepeodant une langue onomalopécnne , ou significative, quelle qu'elle soit, ne peut survivre dans sa pureté à ia génération qui Ta créée; car comme les enfants ne s'enquiérehl pas des élymologies de la langue qu'ils apprennent par cœur, ils sont incapables de réfléchir sur les . motifs qui ont fait donner à un ôlre un nom plutôt qu'un autre, aussi trouvôns-pous dans les langues dures ce tr que nous venons de voir dans trux et diras, aussi bien dans le vultur comme dans le turtur, !e sturnus, le turdus et la

coturniœ ; aussi bien dans tigre redoutable , que dans le castor et lerat; tandis que leo t hiéna et lupus n'ont pas plus de terrible dans leur son que lapin, pigeon et colombe» En tonquinois, le tigre c'est hum, et ho en chinois. C'est pourquoi H faut marcher doucement quand on veut établir des systèmes exclusifs.

Bis, animal en albanais, c'est bœuf en dalmate, le bos latin et le bous grec.

JVolfi loup en germanique, belva, bêle fauve en Italien.

Zwierze, bête en slave, zwierz, loup dans la même langue; peut-être cerf en vient-il.

Ztcierz veut aussi dire renne en polonais , szarwas en hongrois et szerv en lapon signifient cerf. Il y a une grande analogie entre le nom de cerf et celui de ses bois ; ce dernier est szarv en hongrois et szorv en lapon qui dit aussi sorv à la renue, et le cornu lui-même ne s'éloigne guère plus du sorv que du cervus.

Nous finirons cette note avec une liste de noms d'animaux qui confirmera notre théorie :

Homographes Leur signification , Langues.

Klepper petit cheval allemand

Cbleb chien hébreu

Kelb id. arabe

Kourd loup turc

Gelp cbien punico-maltésicn

Kalb veau allemand

Go'p renard sicilien

até

Voipe

Renard

italien

WidMad

cbaneau

slave

Vulpis

renard

latin

Wulf

loup

allemand

Wotf

id.

anglais

Wol

iMBUf

polonais

Bawol

buffle

id.

Welp

faon, el le petit

d'un chien

anglais

Waelpe

id.

suédois

Dlf

loup

timbre*

Dlv

loup

danois

Alpbeo

iMMf

grec

Etophaa

éléphant

id. eh latin

Elapho* et ses

composés

renne et cerf

grec

Leptê

lièvre

latin

Leputun

chien

épisat»

Lffpfai

Iqpto

français

Lebend

être rivant, ani-

mal

allemand

Levatta

chien

eanavki'

Glibo, gtipo, gl

pho, glissa

id.

grec modéra*

Uxi

id.

moscovite

Lize , lisai •

id.

polonais

LikkaDi

id.

hotlentot

Lekoi

id.

ibérien

Wilk

loup

polonais

Porc

cochon

français

Farkas

loup

hongrois

Shark

requiD

anglais.

Dérivés de pars

et de phobra.

Bear

sanglier

anglais

Aper

id.

latin

Ape

singe

Afe

id.

allemand

Caper

bouc

lalin

Capros

saoglier

grec

Caballus

bêle de somme latin

Cheval

français

Keopek

chien

turc

Caprfuôla

i chevreuil

italien

Kub

vache

allemand

Cow

id.

Cab

le pelit

d'une

bête fauve

tel qu'un our-

son, un

lou-

vetau

Cabra

chèvre

espagnol

Eber

verrat

allemand

Verres

id.

latin

Perro

chien

espagnol

Boito

mouton

indostani

Borrego

agneau

espagnol

Beorra

jument

cantabre

Purro

âne

espagnol

Burdol et bardot

Pan

Paard

Baer

Bear

Bera

Pber

Farre

Far

Poros

Burokou

Jourc'h

Bourkou

Ircas

Boros

Brebis

pelit mulet tigre cheval ours

id.

loup

bêle féroce bœuf

îd.

cochon

id.

chevreuil porc bouc

lalio et français mandchou hollandais allemand anglais indostan grec

allemand tibbou ostiaque caraïbe breton kazi-kumuk latin et gaulois vogul

id.

la femelle du mouton français Porys id. samoyède

Fart bœuf puoico-m allé-

sien.

Nous le répétons, ceci ne doit pas faire croire que les langues sont toutes identiques; car nous venons a peine de ciler une quarantaine de langues sur trois mille, et encore trouverionsnous dans ces trente ou quarante langues de très-grandes difficultés, si nous n'avions pas la latitude de passer du nom d'un animal à celui d'un autre; ainsi par exemple :1e seul nom d'âne a plusieurs synonymes dans plus d'une

langue. Rien qu'en slave, il se dit osiel, htbe$, nieuk, gap, mazgai ; en anglais il se dit dunky, rooky etc. Voilà sept mois qui ne représentent pas la moindre analogie graphique, ni de son ; pourrait-on les multiplier jusqu'à cinquante , jusqu'à cent, sans que l'un ou l'autre n'offrit un côté favorable à l'affinité phonique ou orthographique de queiqu'autre ? non. Dès-lors que signifie une analogie impossible à éviter pour prouver l'identité des langues ? Et qu'est-ce pourtant que cent motssur cent noms d'animaux en trois mille langues ! — Un sur trois mille.

Nous avons fait voir, quanta l'analogie d'idée, combien de choses distinctes signifiait la lettre t ou y en plusieurs langues; nous avons démontré, d'un autre côté, que l'on, pouvait nommer Veau en employant tour à tour toutes les lettre/ de l'alphabet; nous avons ensuite fait voir combien d'analogies graphiques et phoniques on pouvait trouver dans plusieurs langues, entre le nom de Veau celui du feu et entre les choses et les idées les plus opposées, tandis que nous montrions par combien de noms différents étaient appelés Jes choses les plus identiques ; Pnom me, la maison, l'eau et le pain; pour qu'on ne s'imagine pas que nous nous soyons servi de quelque heureux hasard; pour convaincre le plus obstiné que c'est bien la règle et non pas l'exception qiii est de notre côté, voici comment un signe, un son identiqueparmi

tant d'autre* peut seul désigner ce qu'an a appelé (es quatre éléments.

Cour afgan.

\hour arménien.

lanr basque, Eau [ay* malais.

LaUr chaldéen.

Air [aer latin.

iêr turc.

our .sanscrit.

Terre {*

PÉLàSGES. (Voir (a page 233.)

fin parlant de la langue des Pélasges et de celle des Hellènes, que nous croyons, avec Hérodote, Thucydides et Homère, avoir été différentes, nous avons dit, contre l'opinion de I*reber, que noos ne savions pas que les Grecs eussent jamais donné le nom de barbare * leur propre langue ou aux peuples qui la parlaient. Justin dit en effet (livre II) que les jétkémmu étaient « eodim innati solo guod ineolunt; • et Hérodote (Clio LV11) dit d'eux qu'ils étaient Pilasges d'origine ; or, dans sa note 137 du même livre, Larcher croit que leur langage avait le même fond que celui des Hellènes , et que si Hérodote assure que le PHasges parlaient une langue barbare, c'est purement parce qu'ils ne faisaient pas partie de l'association des Hellènes.

Nous n'examinerons pas ici si ffellas ou 1Mlanis, d'où vint le motHellan (dorique) et Helisn, était un mot géographique ou purement religieux, comme qui dirait la Judée ou la chrétienté. Il serait assez difficile de se prononcer après la lecture du S LI de l'Euterpe. Nous avons aussi sur les Pélasges notre opinion particulière que nous nous proposons de manifester dans notre prochain Essai sur la première habitation des hommes, si le présent ouvrage est encouragé. Nous nous bornons ici à rectifier quelques points de philologie historique, et notamment :

lo Que le mot barbaros, employé dans l'acception d'étranger, au lieu iïexoticos ou de œénos, ne s'appliquait qu'aux peuples et aux idiomes, sinon barbares, étrangers du moins à la Grèce et à la langue grecque. En espagnol, il y a deux mots pour désigner un homme qui n'est pas du pays : forastero , c'est-à-dire qui est Espagnol, mais d'une province ou d'une ville différente; et estrangero, qui veut absolument dire d'une autre nation. Je veux donc dire que les ôarôaroiétaient toujours des estrangerot. (Voy.Eutcrpe,ScLvin.)

2° Que lorsque Hérodote et Thucydides donnent le nom de barbaroi aux Pélasges, ils ne prennent pas seulement ce mot dans l'acception d'étrangers, mais de barbares, non civilisés, incultes; et voici sur quoi je me base :

D'abord Hérodete, qui a une très-haute opir nion des Egyptien», dont il loue surtout la reli*

§ k. Contraction des mots. .... 51 Chapitre IV. § 1. Comment des peuples divers auraient-ils été désignés par un seul nom? ... 5^

§ 2. Principes généraux 61

§ 3. Le mot Cett n'est pas venu du

mot Zelt 70

§ 4 (1). Caractère commun à tous

les Celtes 71

§ 5. Etymologie du mot Celte. . . 82 »• Partie» § 1. De la prétendue

langue des Celtes 91

§ 2. Les langues n'ont pas toutes

une source commune 93

$ 3. L'analogie ou la différence des caractères alphabétiques ne prouve ni en faveur ni contre une langue primitive.. ..... 95

§ 4. Des lettres . 96

§5. Combinaison des lettres. . . . 102

§ 6. Longueur des mots 104

S 7. De la structure des mots. . . 105

(1) La désignation de ce paragraphe a été oubliée, et son titre, qui est le dernier alinéa de la page, est confondu a vec le texte.

§ 8. De l'article Î07

§ 9. Des nombres 108

§ 10. Des genres 109

§11. Des verbes, de leurs voix et de leurs modes. ........ 111

§ 12. Des temps 112

§ 13. Des mots 117

§ 14. 1 T0 preuve. Nom de parenté et

d'habitation 118

§ 15(1). Nom du pain 127

§ 16. L'eau et le feu 130

§ 17. 2 m0 preuve. Les étymologies sont des zéros qui n'ont de valeur que lorsqu'on les place à côté des

unités historiques 133

S 18. Objection et réponse. . . . . 136 § 19. 3 me preuve. Mots aux caractères identiques et aux idées opposées. 13fr

§ 20. Dernière preuve. Les langues sont le produit de l'intelligence et l'expression du caractère ta-

pi) Ce § 15 et les suivants jusqu'à 20 doivent être numérotés dans le livre comme ils le sont dans lt table.

Portugais 22tf

Espagnol 226

Langues de l'Italie 227

Langues grecques 231

Notes justificatives 251

1" note appuyant l'opinion de l'auteur contre celle de M. Nodier . 241

2 me note. Analogie des noms d'élé-

. vation et de lumière . 254

3 me note. Noms d'animaux. .... 249

« mê note» sur les Pélasges 266

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