LA LANGUE GAULOISE N'ÉTAIT PAS LE BRETON
Les Gaulois avaient une langue à eux, et ce n'était pas celle des Aquitains, ni des Belges, ni des Allemands. Quelle était donc cette langue? L'opinion à peu près générale est que c'était le breton; mais qui le prouve? Des noms géographiques, dit-on, et quelques mots restés dans la langue française. Examinons la force de ces prétentions.
La nomenclature géographique est-elle une preuve suffisante pour établir que la tangue du peuple, dans laquelle elle a des significations, était celle de tous ses habitants?
Les Lapons s'appellent eux-mêmes S âmes; les Bretons K'mres.
que les Francs élaient Germains. C'était le sentiment dn savant Leibnitz. » (M. Poncelin, Origine des Français, p. 12.)
Ce que Leibnitz croyait, l'abbé de Vertot et M. Âog. Thieiry l'ont prouvé : fflod veut dire célèbre en tadesqoe; u>ig 9 guerrier; mero, mir, émioent; rik, puissant; bert, brillant; ode, riche; kug, intelligent, etc.-
Les Finnois appellent les Suédois Rossalins (ce qui suffirait pour confirmer ce que l'histoire dit des Goths, qu'ils vinrent de l'est).
Toutes les nations du Nord appellent Volsques les Italiens.
Les Cantabres s'appellent eux-mêmes £«cualdunaa.
Les Hongrois s'appellent Madjon, et sont ainsi appelés par les Turcs.
Les Polonais appellent Czechy ou Kraj la Bohême [Tchéh en Turc), et Niémen l'Allemagne, que les Turcs appellent Nemché. Us appellent encore triochy l'Italie , et
Inflanty la Livonie.
Les Turcs appellent Adjemisian la Perse ,
Boghdan la Moldavie,
Romili l'Europe,
Arnoudly l'Albanie, .
Cham la Syrie (nom que les Arabes donnent à la Méditerranée),
Erdel la Transylvanie, etc.
Les Grecs changeaient en noms nationaux les noms étrangers.
Les Cantabres donnent des noms basques à leurs villes ; ils appellent, par exemple, Dono$ticoa la ville de Saint-Sébastien.
Les Allemands appellent Ofen la ville de Bude.
Les Turcs appellent Vienne (en Autriche) Betche, et Bticke Eulkesi F Autriche que les Allemands appellent royaume de l'Est (Œsterreich); enfin, ils appellent encore Aiazlyh Ephèse, et Koudsi-Cherif Jérusalem. Mais pourquoi aller si loin de nous pour voir sur quel sable mouvant nous bâtirions notre système, si nous lui donnions des mots géographiques pour base?
Je connais plus de six étymologies pour le seul Canada; et c'est pourtant d'hier que nous l'avons nommé.
Une erreur antfogue à celle qui a créé les anikhtones de Pompon ius Mêla nous a donné les Indes Oecidentales; l'ingratitude et l'intrigue changèrent ce nom en celui d'Amérique.
Un malheur fait appeler en Angleterre iles de Sommer* celles qui avant étaient les Bermudes, nom de l'Espagnol qui les avait découvertes. Les Anglais appellent encore Maurilius l'île de France, et Deutchlad la Hollande.
Rien n'est plus fragile, rien n'est plus changeant que les noms géographiques. 11 n'y a pas une contrée, une ville , une montagne, un fleuve, qui, simultanément ou successivement, n'ait eu plusieurs noms; et puis il y avait des Pyrénées dans les Alpes et dans l'Epire;,
des monts Taurus en Europe comme en Asie, et des Ebres et des lbéries partout. Le seul Amour, dont on a fait un Saint en Europe , est fleuve, mer, ile et détroit en Asie. La ville d'IIios ou de Troye a déjà pris successivement quatre noms différents, et les Turcs l'appellent aujourd'hui Eskï Istambonl.
Rome s'appelait Valenlia, Paris Luteiia, Constantinople Bysance, etc.; Pékin lui-même est appelé Chun-Tien par les Chinois.
Pour ne parler que des villes d'un seul radical, il y a en Espagne vingt-un Gallegos, trois Galleguillos et un GalOÇones; puis :
Galeria en Sicile et en Corse ;
Gâtera en Sardaigne et en Catalogne ;
Gales en Angleterre ;
Galea en Biscaye, en Asturie et en Gallice;
Deux Galeazza, Galiato, Gâlguera, Gatizano, Galgaligas, Galhieo, Galiana, en Espagne et en Italie ; Galibia ou Aklibia (Lybie blanche) en Berberie ;
Galibu, Haute-Egypte ;
Les Galitzies en Autriche ;
Galiich en Russie ;
Galilée près de la Phénicie;
Galiia ou Calathe dans la Méditerranée;
Calais en France ;
Caicu uà dans l'Inde ;
Callen en Irlande ;
Cali (Popayan) en Amérique ;
Californie, id., etc., etc.
Cela étant, on voit combien il est facile de trouver des situations favorables à l'interprétation d'un mot qu'on suppose dériver d'une langue quelconque.
C'est ainsi que l'on s'est efforcé de soutenir toute espèce de systèmes , que le seul mot gammadin delà Bible a été traduit parpygmées, géants, Cappadoces, Mèdes et Gardiens, et qu'on a trouvé des mots juifs , irlandais , cantabres et flammands partout.
Malgré tout ceci, nous n'ignorons point que le breton était un des dialectes de la Gaule; c'était même la langue sacrée des druides, et il est donc possible que l'on trouve des mots bretons dans la langue française; mais cela ne prouve pas que ce fut la langue primitive des Gaules, comme nous allons le démontrer.
M. de Fortia, après nous avoir donné un nombre considérable de mots que les auteurs grecs et latins croyaient Gaulois, conclut ainsi: « Parvenu à la fin du glossaire d'anciens mots celtiques, nous observerons que la plupart de ces mots ne se trouvent plus dans nos langues
modernes, ni même dans nos patois. » M. de Fortia donne encore une liste de mots provinciaux que lui a fournis un savant alsacien, et puis la traduction de l'Oraison dominicale en huit idiomes; et il ajoute : « La simple lecture de ces huit idiomes fait voir combien il serait absurde de voutoir les réduire à trois. »
Il n'y a presque pas de province en France qui ne puisse fournir son patois souvent inintelligible pour la province voisine. J'ai déjà fait observer (article VIII) que« pour former une langue, il fallait une grande nation civilisée, et que c'était une absurdité de chercher une langue primitive chez un peuple encore sauvage. »
Il est difficile de répondre à de pareils arguments , et nous croyons trouver dans César et Polybe des passages qui ne laissent pas le moindre doute sur cette matière.
Dans le Livre VII de la Guerre des Gaules, en énumérant les forces que la ligue des Celtes, consilio principum indicto, avait demandées à chaque peuple pour grossir l'armée de Vercingetorix; après en avoir nommé plus de trente, César continue ainsi : « Rauraciset Boiis tricena;* et ensuite : « Universis civitatibus, quœ Oceanum attingmt quœque EORUM CONSUBTCDINZ ARH0RIC£ APPELLANTUR (quo sunt in nutnem
Curiosoliies, Rhedones, Ambilari, Culeles, O&ismti, Lemovices, Veneti, Unetli) Sena. »0r, Armorique est un mot breton; nous savons que le breton qui, comme le basque, tend tous les jours à s'éteindre, était beaucoup plus étendu autrefois. Il est donc possible qu'on le parlât alors chez tous les peuples auxquels se rapporte le eorum consuetuciine , et dont quelques-uns, comme les Rennois et les Yannois , le parlent encore aujourd'hui ou le parlaient naguère.
Pourquoi César dit-il cvrum et non Celtarum, Bclgarumoxi Gallorumcomuetudine? Parce que la langue des Bretons n'était pas celle de tous les Celtes , ni celle des Belges , ni celle des Gaulois.
Pour ceux qui n'ont pas de parti pris , ceci est, ce me semble, concluant; cependant, s'il reste encore des doutes, voici un passage de Polybe qui doit les faire entièrement disparaître. Il est question des Veneti de César, les Bretons de Vannes.
On sait qu'il y eut plusieurs émigrations de Gaulois en Italie, où ils allèrent se fixer avec leurs femmes et leurs enfants, et qu'une partie delà Péninsule dont ils chassèrent les Etrusques était appelée Gaule Cisalpine par les Romains qui appelaient encore Transpadane la partie de
concilier les belligérants. Ces ambassadeurs, dépassant les limites de leurmission, se joignent aux Closiens pour combattre les Gaulois qui, indignés, en demandent satisfaction au sénat romain. Le sénat refuse. Les Gaulois lèvent le siège de Clusium et marchent droit à Rome dont ils s'emparent. Après sept mois de blocus et plusieurs assauts, le capitole lui-même , où s'était réfugiée la jeunesse romaine, demande à capituler. Les Gaulois rançonnaient la ville qui fut quelque temps après la reine du monde. L'amour-propre , l'intérêt de tous les Gaulois devait évidemment faire regarder la cause de Brennus comme une cause nationale, et tous devaient faire des vœux pourque son triomphe fût complet. Eh bienl c'est précisément ce moment critique que les Bretons choisissent pour favoriser les Romains, pour attaquer les Sénonais. « Les Venètes , dit Polybe (L. II.
C. IV.), s'étant jetés sur leur pays, les Gaulois firent un accommodement avec les Romains , leur rendirent leur ville , et coururent au secours de leur patrie. » Comment les Venètes ou Vannois auraient-ils été le même peuple
que les Gaulois? La Gaule avait
et devait avoir plusieurs dialectes dont un était certainement le breton; mais les Bretons,
comme dit Polybe, parlaient une autre langue que les Gaulois.
La langue bretonne venait de la Grande- Bretagne, d'où elle fut transportée avec les doctrines druidiques. César dit que pour la bien approfondir, on allait s'instruire dans l'île (de Bello gai. VI. XIIIJ. La Gaule proprement dite , abstraction faite des Aquitains, Armoricains et Belges , parlait une autre langue , si elle n'en parlait pas plusieurs autres.
Mais quelle était donc cette langue gauloise, si ce n'était pas le breton? Car peut-on supposer un seul instant, comme semble le faire Ménage, qu'un peuple si nombreux et si puissant n'eût pas de langue propre (I)?
(1) On ne peut nier la vaste érudition de Ménage, mais il paraissait ignorer les langues Scandinaves d'où sont dérivés nombre de mots français importés par les Normauds et les Goths» et il partage arec beaucoup d'autres le préjugé dont nous venons de parler. Ménage avoue quelquefois son ignorance sur l'étymologie de certains mots de la langue française; il fait, par exemple , cet aveu au mot bobèche; d'autres fois, il élude les difficultés en «autant les mots; ainsi il saute de homard à nommée, pour ne pas connaître peut-être l'étymologie d'homme, car il sait bien que
tout en avouant les difficultés et son peu d'utilité, nous ne croyons pas qu'il soit impossible de retrouver, de reconstituer la langue gauloise.
Le savaut académicien que nous venons de citer en donne lui-même les règles : « Otez, dit-il, de la langue française tout ce qui appartient évidemment aux autres langues connues, et ce qui en restera sera du gaulois. Cette règle est très-logique ; et si , comme Fa fait M. de Fortia , on veut profiter des ressources que peuvent encore fournir les différents patois, quel vaste champ ouvert aux recherches sur la langue gauloise !
Dans son précieux travail sur la langue romane, M. Renouard était d'avis que le provençal était du latin tout pur. Nous nous permettrons ici quelques réflexions.
D'abord, qu'est-ce ou mieux qu'était-ce que le latin? Selon le savant Maltebrun, le latin est un mélange très-singulier de grec éolien ou plutôt d'albanais ancien, introduit par les colonies illyriennes avec le Pelasge hellénique apporté par les émigrations arcadiennes , épi— rotiques et troyennes , et enté sur un fond d'ancien italique , peut-être déjà mêlé de celtique et d'étrusque.
Si nous pensons avec quelle facilité les Romains prenaient les mœurs , les armes et les dieux de toutes les nations, il est impossible de supposer que leur langue ne reçût pas aussi un grand nombre de mots étrangers, comme cela arrive dans toutes les langues. Nous sa* vons même que la population primitive de Rome était assez peu importante et toute formée d'éléments hétérogènes; que, dès les temps les plus reculés, la ville de Romulus eut des rois et des augures qui n'étaient pas nés dans le Latium ; nous savons qu'elle ne tuait pas les prisonniers; qu'elle donnait asile aux transfuges, et que dès les premières années de son existence, deux cents ans avant la prise de Clusium, comme l'assure Tite-Live , Rellovèse vint avec une armée de Gaulois, que Justin fait monter à cent cinquante mille hommes, s'établir en Italie. Est-il donc croyable que la langue latine n'adoptât pas alors des mots gaulois, de même que la langue gauloise commençait à en adopter de latins?
Nous savons bien que de deux peuples, c'est le moins avancé qui enrichit le plus facilement sa langue avec des mots pris à la langue du plus civilisé ; mais qu'était Rome à son origine? Plus rapprochée de l'Asie, où l'histoire
dous représente les foyers primitifs de la civilisation , elle a eu plus de facilité à se polir, à s'instruire, à marcher; mais il y eut un temps où elle était certainement plus barbare que l'Etrurie et aussi arriérée que les Gaules, lesquelles n'étaient pas aussi sauvages qu'on le pense ordinairement (1).
Selon Pline, on y connaissait de temps immémorial la bière, le savon, le matelas, la charrue à deux roues, le crible de crin et quatre espèces de chars dont deux suspendus. Celui où se promenait le roi des Auvergnats était même argenteus, d'après Florus. En parlant de la monnaie, Cassiodore assure que les Gaulois la connurent avant les Romains : « Pecunia enim, dit-il (epkl. XXXI), à pecudis tergo nominata, gallts autoribus sine aliquo adhuc signo ad metalla translata est. »
Nous savons que les anciens Romains allaient sans culotte, tandis que les habitants de la Gallia bracata en portaient, et que l'empereur
(1) Nous rappelons le Mémoire qu'un sa van l a présenté à l'Académie de Saint-Pétersbourg, dans lequel il prouvait que les lois des Romains et leur langue appartenaient à un peuple nomade.
Caracalla reçut ce nom de celui de la simarre gauloise qu'il fit distribuer au peuple de Rome. C'est Aurelius Victor qui l'assure.
Les nombreuses armées que les Gaulois ont souvent rassemblées contre les Romains, les amendes qu'ils leur payaient, les vivres qu'ils leur fournissaient quand ils étaient vaincus ou alliés, et la promptitude des secours de toute sorte qu'ils portaient à leurs propres chefs, supposent une administration, des magistrats, la connaissance des arts et de l'agriculture; de l'aisance , en un mot , et un certain degré de civilisation que n'avait peut-être pas Romfe à sa naissance. Nous savons encore qu'il y avait un sénat chez les Eduins, un collège de druides à Autun, où un grand nombre de jeunes gens accouraient s'instruire; et qu'on se servait, plusieurs siècles avant César, des caractères grecs pour écrire. Enfin, s'il faut en croire Lucien, ils ne connaissaient pas seulement les caractèresdes Grecs, mais quelques-uns d'entre eux eu parlaient la langue et en cultivaient les sciences. Voici ce que, en parlant de YOgmios, l'Hercule gaulois, il dit dans un de ses dialogues; (Poslalia). Après avoir avouéqu il ne comprend pas l'allégorie de ce vieillard qui a des chaînes d'or et d'ambre qui partent de sa langue et
aboutissent aux oreilles d'une multitude qui ne paraît rien moins que fâchée de cette captivité, il ajoute : « Un Celte se trouvait alors près de moi; c'était un homme instruit dans les sciences de la Grèce ; l'élégance avec laquelle il parla liôtrc langue le témoignait assez. » Et ensuite il lui met des vers d'Homère et d'Euripide dans la bouche et même des ïambes d'un auteur dont les ouvrages, d'après le marquis de Fortia, se seraient perdus. Enfin, le Gaulois lui explique que cette allégorie représente la force de l'éloquence.
Ce peuple n'étaitdonc pas si sot, ni si arriéré qu'on pourrait le croire, et il n'y a pas de raison pour que sa langue reçût plus de mots de la langue latine, que la latine de la gauloise.
; On objectera peut-être que les Gaulois devaient être bien barbares, puisqu'ils sacrifiaient des victimes humaines ; ces sacrifices étaient certainement affreux; mais ils ne prouvent rien.
D'abord, l'histoire nous signale malheureusement de pareils excès chez toutes les nations. Les Romains eux-mêmes , comme Plutarque nous le dit dans la vie de Camille, sacrifièrent deux Grecs et deux Gaulois à l'occasion d'une guerre contre ces derniers; et le sang humain a ensanglanté les autels de tous les dieux. Mais
les sacrificateurs ne sont pas la nation. Ce $<W}t les prêtres, et rien ne serait plus inexactitude juger des mœurs progressives d'un peuple par les habitudes stationnafeesde la caste sacerdotale qui est, presque toujours, ou plus avancée ou plus arriérée que la nation. Les prêtres civilisent toujours assez les hommes poui? qu'il* perdent leur sauvage indépendance et obéissent à leurs volontés; mais. 4 est dfti$ l'iipjttflêt 40 leur caste d'empêcher ces feQmmes d'arrivé* à en savoir autant et plus qu'eux-mêmes, ç^ ils pourraient alors sortir de cette tutelle qui sied si bien au sacerdoce. Les sentîmes des peuples sont parfois si loin d'être ceux de leurs, prêtres, que te plupart des Français et des Espagnols gémissaient sur le sort de ces s®** disant sorciers ou hérétiques que tes prêtres voyaient sans s'émouvoir monter sur te bùehft pour y être brûlés tout vifs.. Et d- ailleurs $ous ne parlons de la civilisation de la Gaiite qw comparativement à celle des premiers RoBoaii#. Mais enfin, la langue latine a-t-elle vraiment emprunté du gaulois?
Polybe dit qu'il y avait une si grande différence entre le langage ancien des Romains et celui qu'ils parlaient de son temps, que les plus habiles, avçc toute l'attention et la peine
doma, domus, dunus, hall anglais, polys grec: De bas-fond, down en anglais, vallis en latin, volgi en hongrois, vogi en lapon (1).
confirment hœcnomina indefactaproferunt, Pultobria, Brutobria, Meeimbria et Solimbria; ted quœ illit eet Brutobria, et quœ Ptolemœo finiuntur in briga Plinio exeunt in brica. » Nous savons en outre que Troie s'appelait Pergamos ou la ville par excellence, ainsi que Eondres s'appelle The Town % et urbi signifiait la rille de Rome chez les Latins.
(1) Faule, c'est lac en lapon.
Folgo, fleuve en hongrois.
Palus, marais en latin.
Well, puits en anglais.
Pool, étang en anglais.
Foulque, poule d'eau en français.
Bélos t marais en grec.
Bell, l'enfer en anglais.
Bole, trou en anglais.
Solco, sillon en italien.
Svœlg, abîme; geule en danois.
Belsch, infernal en hollandais.
Vah, vide en hollandais (vacuum latin?)
Tous ces mots, ainsi que le volga (le bulgari dei Latins) désignent la demeure de l'homme lorsqoe la retraite des eaux loi permit de quitter les hauteur» et se fixer sur le» terrassements des fleures. Qoant
Il n'est dooc pas impossible que du nom des habitations , on ait encore tiré une fob
a» mot ferre, on sait qu'il net sewvent synonyme «Je poy». Ea Espagne, on demande encore de quelle terre ▼ou» êtes; de manière que yoilà expliquée cette ana+ logie entre les noms de hauteur, de plaine etdeveHé*. Il reste à expliquer comment la contrée ait nommé l'homme. Den 9 c'est l'homme en breton, et «m* en saxon; witch, c'est l'enfant en hollandais, toitt, fils* en russe, fit zen anglais, bàterâ) peuV4tre le flltui latin en est-il. Cicéron l'emploie quelquefois pour homme de rien, dans le sens du hère français* Il est finale de reconnaître le wieht dans le otkxoioh polonais* mot qui veql dire homme dans cette langue, et dent les pronoms suédois, anglais, allemand et heitaaéais, hwar. wich, uxlchy et toelh} car, pour cet» qui ont feit des études linguistiques an peu profondes , il es* désormais clair que les pronoms et les verbe* amer et être ont des relations constante» areo les noms d'homme et d'habitation.
Sam* veut dire QUEteuv en anglais; $*m womn tn gnraoyède, sont qui en anldoi», jama CAvtajitt en polonais , oan MTOUTon* «a breton), radicale qu'on trouve dans toutes les langues iiwto^eu renée enw : dans le eusammen allemand, damY entmhh français, dans Yinsieme italien, dans le cum latin, le sun et eum grec (syntaxe et sympathie) ; et ee «tim est le rerbe;
le nom des habitants, comme nous l'avons vu ailleurs. Wopka, au reste, signifie encore en
qui dénote L'existence en latin. Us initial se change souvent en h du latin au grée, comme dans sol, serpo, 4$x t septem, semi, et se perd en passant des langues du Nord à celle du Midi comme :
Tsorde lapon, horde français, troupeau;
Scanty angle, kant hollandais, pas abondant;
Stricken, allemand, tricoter français;
Swœlg danois, bolgia italien, abime; < Skri suédois, cri français.
• Dds-lors le same et le sum ont pu devenir hoaur, et eimi; et le heim et home allemand et anglais ont pu être l'habitation du same* Expliquons cependant comment le berg et le balk ont pu fournir aussi aux Welsques des habitations plus spéciales , outre bergerie, auberge, bercail et berceau. Pour cela, il faut -connaître un peu les habitudes des hommes du Nord: lesuns virent dans des- cavernes, comme les Samoyèdes et les Lapons, et bergen veut dire cacher dans la terre, «iosi que bergman, c'est le montagnard et le mineur.
D'autres virent sous des tentes couvertes de peaux d'animaux, et balg veut dire peau en suédois ainsi que hud d'où est venu la hut ou hutte.
D'autres sont riverains , et leur habitation e»t l* barque;
Lfis plus anciens vaisseaux hollandais dont on ait
slave habitation et habitants, comme en espagnol puebto, et povo en portugais. Nous allons voir en combien d'endroits on trouve les Volsques ou les Phrygiens, car Polybe fait phroug de bourg , et phragma, phregma, phryganon, signifient encore enclos, palissade, haie, fortification, comme le dongeon du dan, et le àurgt, qui signifie aussi château en hollandais, du 1er g, montagne en allemand et suédois.
souvenir s'appelaient houlkt, et sont appelés borka en polonais, et barque en français.
En6n, d'antres ont des maisons, comme les Finlandais, faîtes comme des bûchers, avec des poutres jetées les unes sur les autres, et balk veut dire grosse poutre en,Bollsndais, et baïken en allemand; baal un bûcher en danois, bulk tas en anglais, belegen couvrir en allemand, et baraque, petite maison en bois. . Un mot de plus quant aux pronoms.
Dans la grammaire anglaise de M* Siret, il y est dit page 36 :
« Le mot self signifie proprement personne
iïïy own self, ma propre personne; the que en* s self, la personne de la reine. Le self anglais vient dn sjelf suédois, et le sjelf de sjal, âme, cœur. Le pronom réfléchi des lingue* sémitiques qui disent : Ne tue pas mon âme pour ne me tue pas, (Y. les notes justificatives.) Le sjal suédois est le soûl anglais.
Dans l'île de Sainte-Kilda, une des Hébrides, il y a un ancien fort, vers l'extrémité sud de la baie , qui s'appelle Dun fir volg. John Knoi, qui l'a visité ; dans son Voyage aux montagnes d'Ecosse et aux îles Hébrides (tome II, page 2W, traduction de 1790), traduit Dun fir volg par le fort des Volscii.
Mais ce nom de Volscii ou welsh, les Anglais le donnent aux Gallois ; et , chose , vraiment remarquable, depuis les Suédois jusqu'aux Allemands (le peuple du moins), tous les gens du Nord appellent IValsk ou fFeUk les Italiens. Le mot volg et belg est par trop semblable pour qu'il ne donne pas aussi un Un peu à penser. Peut-être trouvons-nous encore ce mot dans les Allobroges ouïe Latobrigi, où il s'approche de plus en plus du Phroug de Polybe, peuple d'où les rois des Francs prétendirent être sortis après s'être établis dans les Gaules. Nous observerons encore en passant que le nom de Tectosages que l'on donna aux Volcœ qui, conduits par Sigovèse, furent s'établir dans la Germanie, prisco Tarquinio Romœ régnante 9 comme dit Tite-Live, rappelle un peu ce Teut qui veut dire la même chose que Folk ou Volcœ. Le tectum latin, le dek anglais et le dach allemand et slavon (couvert]
suivent cette chaîne constante de relations déjà indiquée entre l'habitation et l'habitant.
Tacite dit que le mot Bohême vient de Boit, peuples gaulois qui y émigrèrent. H( im signifiant demeure en allemand, rien n'est plus possible. Mais ce Boïï étaient les Volcœ dont parle César (1).
Or, pendant qu'un des fils d'Ambigat marchait en Germanie, Bellovèse passait les Alpes et venait s'établir en Italie.
Si nous en croyons Justin, c'est par centaines de milliers que ces Volsques quittèrent les Gaules; mais, quel que soit leur nombre, il ne pourrait être insignifiant quand nous nous rappelons que leur nom fut bientôt à l'Italie ce qu'a été depuis celui des Francs dans les Gaules et celui des Angles dans la Bretagne insulaire; car aujourd'hui eucorc, comme nous l'avons fait remarquer, les peuples du Nord ne connaissent que ce peuple en Italie. Ceci une fois posé, la langue latine ne pouvait éprouver les changements dont parle Polybe sans que les Volsques établis en Italie, c'est-à-dire sans que
(l)itey en suédois, by en anglais rappellent l'habitation primitive d'où auraient pu être nommé* le* Boii, ai ce n'est pas une contraction de Bolei.
français dont je ne trouve pas d'étymologie ailleurs, et auxquels on pourrait ajouter
Employés par Pétrarque.
Drudo
taveggiare
Lasso
Scoscender* pour rompte
Serrare
Bieco
Ligîo
Forsennato
Marea
Tracotanza
Vengiare
Oîlracoïanza
Âpprocciare
T raseur aggi ne-
Giugiare
Mots gaulois*
Arranger
Grêle
Breuvage
Ne pas
Regret
Poser
Regarder
Avant
Chatouiller, catouiller
Après
(ancien)
Pendant
Pâmer, pasmer (ancien)
Encore
Avec, avecques (ancien)
Gauche
Boeter pour tirer
Gai
Endurer
Anssi
Oster pour ôter
Fois
Blâme
Outre, (préposition)
Donzet (provençal)
Costume
Bonrgeois
Brique
Hôtel, ostal
Bruit
presque tous ceux pour lesquels Ménage n'a point trouvé d'étymologie ou n'en a trouvé qu'une forcée, comme au mot besoin et à beaucoup d'autres.
On a dit que la langue provençale s'appelait romane, parce qu'elle était parlée à Rome.
C'est une erreur : elle était ainsi appelée par les indigènes non encore soumis à Rome, parce qu'elle naquit dans les provinces habitées ou colonisées par les Romains. Les Basques appellent encore aujourd'hui romance la langue espagnole, et latine la latine.
Soit à cause de leur concurrence avec les Carthaginois, ennemis de Rome, soit par d'autres motifs, on sait que les Marseillais étaient très-liés avec les ennemis de leurs en-
Auberge
Craquer
Bourg
Plume
Bel, beau
Bouche
Flâner
Brette
Goujat
Carquois
Groin
Etroit (stretto)
Matelas
Serrer
Rideau
Marcher
Bijoux
Beaucoup
Benêt
Sabot, etc.
nemis. Des peuples gaulois aygnt attaqué Nice et Antibes, villes massiline, Rome envoya le consul Quintus Opimus pour faire lever ce siège aux OxibiensetauxDécéates qu'on chassa des environs de Marseille. L'an de Rome 628 à 631, les Saliens ou Salviens ayant fait une incursion sur le territoire des Marseillais , les Romains revinrent et les en chassèrent. Comme c'était trop loin de Rome à Marseille, et que les Romains voyaient bien qu'aussitôt retirés les Gaulois reviendraient molester leurs amis, le proconsul Sextius fonda la colonie d'Aix, Aquœ sextiœ , qui tira son nom, comme dit M. Berlier, tant de celui du proconsul vainqueur que des eaux minérales de ce lieu. Cette colonie prit et a encore aujourd'hui le nom de Provence ou prùvincia romana, habitée par des Latins et des Gaulois qui, mêlant la langue du pays avec le latin, en firent la langue de la province romaine ou le provençal romance. Ceci nous semble la chose du monde la plus facile, si nous songeons que déjà les deux langues devaient avoir beaucoup de mots communs, de ces doubles mots surtout qui désignaient le même objet, la même idée, et dont l'un était d'origine latine et l'autre d'origine gauloise. C'est ainsi que le mélange des peuples enrichit
les langues des nations d'une foule de synonymes dont l'existence serait autrement inexplicable; car quand un homme, une famille un peuple, ont appelé pain le pain, eau l'eau, bouche la bouche, ils n'ont aucune raison pour changer le nom connu de ces choses en un autre qu'on ne comprendrait pas. Il n'y a que la longue habitude et le besoin de comprendre un mot qui puisse le faire rappeler et adopter. Les soldats gaulois devaient surtout se trouver dans ce cas; ils devaient comprendre les deux langues et employer tantôt les mots latins, tantôt les mots gaulois, selon les gens à qui ils avaient à parler. C'est ce qui arrive aujourd'hui encore aux Anglais dans les Indes , au soldat italien en Autriche, aux Castellans dans les provinces basques et aux Français en Afrique. Cependant, après avoir passé des Orientaux chez les Romains, la civilisation fut portée par ceux-ci dans leurs colonies; et ce fut un autre motif pour employer de préférence les mots et la construction de^ la langue parlée dans la colonie romaine ou la langue provençale; mais nous insistons sur le rapprochement des deux langues latine et gauloise avant les conquêtes des Francs et l'invasion des Goths, des Bourguignons et des Normands; avant même la
formation de la langue provençale romance.
Lorsque les Mantchoux envahirent la Chine, ils furent obligés de se faire entendre des Chinois et de les entendre; dès-lors la langue des conquérants s'enrichit d'une foule de synonymes qui étaient les noms des choses en chinois; mais comme les Tartares, ou se marièrent avec des chinoises, ou moururent sans postérité, les mots mandtchoux tombèrent peu à peu dans l'oubli, et la langue des plus civilisés, des plus nombreux, et des plus attachés à leurs habitudes, fut la seule qui resta. Alors, les empereurs tartares se virent obligés d'instituer des tribunaux composés de savants pour rédiger de bons dictionnaires dans les deui langues , et prendre tous les soins possibles pour que leur langue natale se conservât en Chine. Voilà comment le P. Amiot, MM. de Fortia et Langle nous expliquent la conservation du raandtchou; mais rien de semblable n'ayant été fait dans les Gaules, rien ne put sauver le corps de la langue gauloise, dont les membres épars ne se retrouvent plus que dan9 les patois de la France et dans les langues et patois des peuples qui eurent quelque contact avec eux; et pour les langues étrangères, il arrive ce que le baron Zur-Lauben a observé
pour le suabe, que les mots qui leur viennent d'une autre conservent rarement avec exactitude leur signification primitive (1).
"Nous avons vu comment s'est formée la langue romance, dans les castra romains qui furent bientôt des castels entourés de maisons où de villages etde villes. Cette langue, appelée ainsi par les peuples alliés ou ennemis des Romains, avait un autre nom à Rome. Avant d'en parler, nous reviendrons encore sur l'étymologie du mot gaulois.
Dans la première partie de cet ouvrage, nous avons expliqué les raisons que nous avions pour préférer à toute autre l'étymologie que nous avons adoptée quant aux Celtes : elles
(1) Frons e.t front en latin et ride en hollandais; froncer semble yenir du verbe frons en dérivé de ce frons dans la même langue. Grim yeut dire laid en danois; gramo yeut dire triste en italien, et le français en a fait grimace qui se rend par face en anglais, autre altération du mot visage , qui signifie grimace fn espagnol. Le moue français se ret»d par maul en allemand; maula en espagnol signifie celui qni fait semblant d'ôlre malade lorsqu'il ne l'es» pa3. Grimace c'est careta en portugais; cara signifie 1p visage en espagnol et careta un m»*que.
Faodra-tîl pour cela nier l'existence du tabre eo Navarre? Cela n'est pas possible, car on le parle encore aujourd'hui dans la montagne, dans la Borunda, dans tonte la Navarre de ce côté-ci de TEbre, et dans Pampehme même qui en est la capitale ; et partout oà j'ai demeuré, soit dans la Navarre, soit dans r Alava ou dans la Biscaye, partoat j'ai pu me convaincre que le cant :bre, qui tend aujourd'hui, comme le breton , à s? concentrer , à se perdre, était jadis beaucoup plus répandu. Les vieillards ne parlent presque que le basque, quoiqu'ils entendent le romance, c'est-à-dire l'espagnol ; les hommes d'un âge moyen entendent le basque et ne parlent guère que l'espagnol qui est la langue presque exclusive des enfants, dans les écoles du moins, où l'on punit celui qui parle basque.
Les raisons du Bembo ne sont donc pas ici convaincantes; il me semble même, au contraire , qu'elles conûrment ce qui est aujourd'hui bien prouvé : que le vulgns de Rome avait un idiome vu-gare, et que cet idiome étant méprisé soit parce qu'il était commun aux barbares, soit parce qu'il était relégué à la basse classe, ceux qui savaient écrire n'avaient aucun désir de l'employer. Peut-être le son des
voyelles ou des consonnes que personne ne s'était encore donné la peine d'analyser n'étant pas tout-à-fait le même que celui de la prononciation latine, offrait-il des difficultés à ceux qui auraient voulu le tenter.
Encore aujourd'hui, on chercherait en vairi en Piémont une inscription écrite en Remontais, quoique ce dialecte gaulois soit plus ancien qu'on né le croit, et parlé dans la capitale et à la cour de préférence à toute autre langue. L'objection du Bembo tendrait donc plutôt à confirmer qu'à détruire notre supposition.
Nous allons maintenant jeter un coup d'œil sur les langues des deux Péninsules.
LANGUES DE LIBÉR1E.
Le P. Hervas a certainement prouvé l'identité de plusieurs mots basques hors de la Cantabre , en Italie et en Espagne ; d'où il conclut que la langue ibérienne était anciennement la langue des deux Péninsules.
. Nous avons d'abord à opposer à ce principe unitaire toutes lés raisons que nous avons énoncées plus haut.
D'abord la différence des races. Sous ce
rapport, le docteur Virey a victorieusement réfuté Blumenbac, et M. Desmoulins a démontré l'invariabilité de la couleur de la peau, de- F iris et des cheveux ; de même qu'il a démontré la distance qu'il y a de la race des Hottentots à celle des Bushiman, et les différences des races blanches entr'elles. Or, comme nous l'avons dit, le Cantabre blond , blanc ; aux yeux bleus, n'a rien de commun avec cet Ibérien que les poètes latins nous peigneut noir et frisé, sinon comme un nègre , comme un Andaloux du moins. Comme les Lusitains, dit Romei, les Celtibères affectionnaient la couleur noire. Spanus en latin était synonyme de brun , et c'était la couleur des laines noirâtres de l'Hispanie. .
Il faut être très-prudent pour se prononcer en fait de langues.
. Si un idiome a quinze mille mots, il ne suffit pas qu'il eu ait cinquante ou cent ou même mille d'une autre langue pour dire que toutes deux sont identiques. Nous le répétons :
1° La religion, les émigrations, les modes, la civilisation, le commerce, l'onomatopée, le hasard, peuvent faire que sur quinze mille roots il y en ait certainement un quinzième d'analogues, sans que pour cela il y ait le
moindre rapport entre une langue et l'autre.
L'italien a plus que ce nombre de mots identiques avec l'allemand, rien que dans les mots qui commencent par c; l'allemand en a près de deux cents que comprendrait un italien. S'ensuit-il que la langue allemande et l'italienne aient le moindre rapport? La propagande ée Rome a envoyé des missionnaires partout, et leur zèle et leur influence a semé des mots européens dans les langues de toutes les parties du monde ; mais ces langues seront-elles pour cela du latin ou de l'italien , de l'espagnol ou du français? Des Polonais, des Italiens, des Espagnols ont émigré en France; des Français en Angleterre, en Allemagne; ces émigrés ont donné îles leçons de leur langue, ils ont fait voir les beautés des auteurs de leur nation ; et c'est encore du bon ton que de naturaliser, par ci par là, des mots étrangers, mais quelque soit le nombre de ces mots, cela fait-il autre chose qu'augmenter les synonymes de la langue hospitalière? Cela en détruit-il L'essence? cela iraplique-t-il identité entre la langue qui reçoit et celle qui donne? Pas le moins du monde.
2° Les langues qui se ressemblent peuvent encore avoir puisé les mots qu'elles ont en commun à la même source, sans qu'elles aient
pour cela d'autres titres à l'identité, pas plus avec celle qui donne qu'avec celle qui reçoit, .à moins que ces mots ne soient par milliers, comme les mots saxons, danois et français dans la langue anglaise , greffés sur le kymre , le gaélique et le belge, lesquels sont les trois troncs antérieurs aux trois dernières espèces d'invasions. Nous savons bien d'où venait Tarabe, le golh, le latin, le grec; le carthaginois, le phénicien et le celte qu'on a parlé en différents lieux en Espagne, langues qui toutes ont laissé quelques mots dans les dialectes ibériques; mais outre celles que le cantabrfe explique, il y a des mrdaUlns desconocidas qui prouvent que l'Espagne ne sortait pas de Ife règle, que nous avons établie, de la pluralité nécessaire des langues. Les patois fournissent encore ces preuves. Je voudrais bien qtfoto me dise d'où sont venus les mots marfaga (paillasse), en$iam (salade) et cent autres mots Catalans; et pour ceux qui sont habitués à régarder le portugais comme de l'espagnol ou de l'italien totft pur, afin qu'ils t oient que ce n'est pas tout-à- Jait cela , nous donnerons quelques mets dans les trois idiomes, en avertissant que la grammaire et la syntarxe ne manquent pas non plus de différences très-remarquables^ différences
Ai
dont nous avons du reste implicitement parlé quand nous ayons établi qu'il n'y 3 pas deux longues dont le mécanisme soit entièrement semblable. Nous ajouterons à ces observations que le catalan, outre lès mots hollandais comme aûtai\ anglais comme mushcmon, latin comme capsa, turc comme thurange, et beaucoup de mots français , arabes , *bosques et italiens, qui ne se trouvent pas dans le castillan , il en a aussi qui ne se trouvent que dans le portugais. Dans la liste que nous présentons, il y en a beaucoup auxquels je n'ai pu. trouver d'étymologie dans les langues que je connais et que je crois de quelques-unes des langues éteintes de la Péninsule.
Nous De parlerons point du patois des Pa-* cirgos, rempli de mots étrangers à toutes les langues et patois de là Péninsule et de l'Europe peut-être; mais nous ne unirons pas ce para~ graphe sans dire Quelque chose du fcastiila.n.
Porlu^aU. Espi-giitil. Italien. Fiançai*.
Aha est* emidad estremita extrémité
Àbafo estufa . stuffa poêlé. .
Abalisar senalar indicar de balise :
Abalo motin ., commozione agitation Asilhargaslascostniaslecoste° ri Jes côtés : ;
Obofe el pulmori il puîmoûé le ppumoù'
Portugais. Espagnol. Italien.
Ascrianzaslascriaturasi bimbi Menino criatura bambino Rapaz muchacho fanciullo Rapariga rauchacha fanciulla
Cheiro
Orvalho
Espirro
Janella
Canhoto
Ciume
Enteado Enteada As lùvas Brincos
olfato
rocio
estarnudo
ventana
izquierdo
Celos
gendro
nuera
odorato rugiada stranulo finestra
Français.
les enfants
enfant
garçon
odorat
rosée
éteraument
fenêtre
manmanco gaucher
gelosia genero nuora
los gaantes i guanti aracadas orecchini
vélo
ventaglio
nastrQ
Touca mantilla
Leqne abanico
Fita cinta
Mariola mozo de fachioo
cordel Oaçouguematadero macello Aslojas lastieqdas lesbottegheles bouti-
jalousie gendre bru
les gants boucles d'oreilles coiffe éventail ruban crocheteur
boucherie
Lido sabio • erudito remate la fiesta la festa Castiçal entorcha fiaccola
ques instruit la fête flambeau
Portnjftfc.
Espagnol.
Italien.
Français.
fiatde
pozal
secchia
seau
Fàca
navaja
coltello
couteau
Tampa
tapadera
coperchio
couvercle
Bilha
cantaro
vaso
cruche
Peneira
sedazo
setaccio
tamis
Modorra
entresueno sopore
assoupisse-
ment
Alfaces
acelgas
kttughe
des laitues
Gogumelos hongos
fungi
champi-
gnons
Trevas.
oscuridad
os eu ri ta
obscurité
Galho
ramos
rami
branches
Garamufo
> principiante tirone
novice
Senaô
falta
diffetto
défaut
Fero
amenaza
Leme
timon
calpestare fouler aux
pieds minaccia menace timone gouvernail Ce que nous avons dit du portugais n'empêche pas que le fond de la langue ne soit du latin. Un moine portugais a même fait des distiques également latins et portugais ; le maestro Oliva a aussi composé des phrases eu castillan et latin, et les italiens ont cette odç fameuse :
In mareirato, insubitaprocella, Invoco te, nostra benigna tUlla,
•Si
qui , à quelques inexactitudes près , est vraiment aussi bien italienne que latine; le distique que nous venons de citer est presqu' aussi correct dans lune que dans l'autre langue. Voilà ce qui caractérise la parenté irrécusable des quatre langues; mais l'espagnol comme le portugais et toutes les langues européennes sont pleines de mots de langues étrangères. Rien que le mexicain lui a donné pulque, xicara, tomates, maïz, tocayo, pita et un très-grand nombre d'autres mots de plantes, de fruits et d'animaux .
Chico, gordo, yermo, barrenar, botar, arre— batar, minio, esparto, cogote,$oga, ris&o, zapato, etc., sont cantabres ou celtibères.
Ciudad, incognito, rueca, nuncio , bufo, etc., sont italiens.
Arlesa, baVar, broma, tio, cima, pelear, etc., c'est du grec.
Taxa, vetlota, zamarra 9 javali % cifra, albanil, alguazil, almudi > alkohol , alkali et cent autres mots avec cette initiale qui est l'article, viennent de l'arabe, ainsi qu'une quantité de , mots de villes comme Beceite, Médina, Vêlez, Valladolid, etc.
Agora (hoc hora), ocano (hoc anno), luegp (illico), hoy (hodie), etc. , viennent du latin.
Balcon, gato, caballo, bonete, cable, cierzo»
daga, bando, bossue, capn, yclmo,carino, etc., viennent du gaulois, du gbth et dubretôb. M Malgré cela , il n'y a qu'à parcourir le die-' tionnairè de Taboada pour voir qu'il y reste encore beaucoup de mot* dont l'existence n# peut être expliquée que parcelle d'une o»
plusieurs langues qui ne sont plus. •
Nous éllons parler maintenant de la laqguef ou des langues de Tltaliie. . ;; ° J
Supposons que la langue* ibérique ait été importée eiïltalie.par les. Sfcani, repoussés dd de l'Espagne, selon Denis d'Alicarnassé, par lesLiguriens(dix-septgénérationsavantlesiégé de Troye); ou par les Liguriens eux-mêtaes.
Supposons que les Tusci d'Aulu-Gèle fussent les Etrusques, et mettons ;tjc côté le gaulois et le grec qu'on parlait dux deux extrémités de l'Italie ; \\ n'en resterait pas - moins trois oti quatre langues Outre cçs- quatre dans te beau pays ch'Appenûin parte, ilnhxr cinconda e l'alpe. î)ans son premier livre , Dédis' d'Aîycarnassè "nous dft des Etrusques, qu'ils fie ressemblaient à aucuri autre peuple, ni par lés moeurs, ni par le langage ; à qui pourrait se rapporter cette expression aucun autre, si ce n'est aux peuples de l'Italie? Si Denis eût dit qu1ï$ ne ressemblaient point aux Latins, nous ne verrions en-
d'Ennuis, ni celai d'Horace; ni rétrnsqoe, ni le gaulois, nilesabin, nilevobquequi pourrait bien être le valaque : de tontes les langues du Nord la pins rapprochée de l'italien. Noos aurions donc déjà une diiaine de langues avec le grec et arec ce latin que l'on n'entendait déjà plus du temps de Polybe.
Ces langues avaient presque toutes leur alphabet particulier; & l'exception du gaulois qui diffère encore du breton en ce que celui-ci avait son alphabet, d'après John Knox, et que le gaulois empruntait les caractères g&cs.
D'après les auteurs latins dont l'opinion est confirmée par les inscriptions des monument», l'étrusque semble avoir été le premier alphabet connu en Italie; selon Mazzochi, l'osque aurait été parlé jusqu'à l'an 663 de Rome , à quoi Micali ajoute que plusieurs inscriptions trouvées à Pompeia font connaître que cet idiome était encore la langue vivante du peuple plus d'un siècle et demi après cette époque, c'està-dire au temps même de la catastrophe de la ville.
Ceci fera peut-être croire à quelqu'un que l'osque était tout simplement le latin. Nous avons déjà dit plus haut qu'Ennius le distu>guait du latin et du grec; et si Cela ne suffisait
pas, nous citerions Tite-Live qui nous dit que le consul Volumnius Unvoya dans le camp des Samnftes de&'gnarus tinyuœ oscœ , ce qui fait clairement voir que l'osque adopté par les Sanjiiites n'était pas compris des Latins sans interprète.
Mais parmi les écritures trouvées dans les tombeaux de l'Italie, il y aussi les caractères euganei; à quelle langue se réfèrent : ils? Enflrv, le continent, de 1! Italie ne s'éloigne pas plus que ses îles de la règle générale, et nous croyons avoir bien établi que dans la Celtique, au lieu d'une seule langue, comme le croyait Pelloutier , ou trois selon d'autres , il y en avait plus de* vingt, sans compter le lithuanien, le letton, le bohémien, l'allobroge, l'helvétieii, le varne, l'épirote et tant d'autres idiomes dont nous ne pouvons maintenant nous occuper.
Il nous reste à dire un mot sur la langue ou les langues grecques .
En réfutant MM. Lévêque et Fréret, qui faisaient venir du Nord la langue grecque:
« Feu M. Hemsterhuis, dit Larcher dans la note 132 de son Hérodote (T. 1, p. SY6), l'un des plus savants hommes qui aient existé depuis la renaissance des lettres , avait une opinion bien différente de la langue grecque. Ce. savant,
qui rayait cultivée avec le pire grand succès pétulant près de soixante-dix ans 9 pensait qu'elle était née dans son propre sol, et qu'à l'exception de quelques termes orientaux qui y avaient été apportés par des marchands phéniciens on par des étrangers Tenus de FOrient, tout le reste était grec. Rien de si vrai que cette assertion, et c'est cette vérité qui engagea* il 7 a quelques années, un homme' célèbre à soutenir, dans une dissertation, que la langue grecque ne tirait son origine d'aucune antre langue, et que si Ton excepte un petit nombre de termes qui concernent l'art militaire et la marine que les Grecs ont empruntés des Phéniciens, quelques autres qu'ils ont pris des Perses, peut-être aussi des Thraees et des Scythes, tout le reste est grec d'origine. Ainsi, conclut-il, « ceux qui dérivent cette langue des différents dialectes de l'orient, de la langue des anciens Perses, du Celte, etc., perdent ledr temps et le font perdre aux autres. » J'ajoute à cela une observation que j'ai faite il y a bien des années : que ceux qui se repaissent de ces vaines idées sont précisément ceux qui n'ont qu'une légère teinture de la langue grecque. *
Il faut une grande conviction pour parler de cette manière; et ce savant traducteur du
père de l'histoire, un des meilleurs hellénistes de son temps , n'aurait pas avancé, ce nous semble, une semblable opinion, si elle était en contradiction avec les don nées de la science; car il ne saurait avoir aucun intérêt à compromettre son mérite littéraire par un jugement que rien n'appuyerait. Il faut donc croire que le grec a en soi-même comme le hollandais , le slave , le pampango, etc., des marques évidentes, des caractères incontestables pour faire croire que ses éléments sont le fruit du soletdu climat, des hommes qui la parlent et des circonstances qui les entourent. Jusqu'ici nous sommes parfaitement d'accord avec M. Larcher; mais dans sa note 137 du même volume, où il croit, contre l'opinion d'Hérodote et de Thucydides, que le pélasge n'était pas différent du grec, nous ne voyons pas les choses comme lui.
Les Hellènes, dit-il, et tous ceux qui parlaient leur langue formant un seul corps, donnèrent le nom de barbares à tous ceux qui ne faisaient pas partie de leur association, et nommèrent langue barbare celle que parlaient les nations qui leur étaient étrangères. C'est par cette raison qu'Hérodote assure que les Pélasges parlaient une langue barbare. »
Je commencerai par avouer mon ignorance
de la hngue grecque, et par re*\>;mailre tout ce qu'il y a de téméraire à oser mesurer mes forces avec un athlète connue M, Larcher; cependant je ne me rappelle pas avoir jamais lu que les Grecs ayent appelé barbares des peuples qui auraient parlé leur langue, ou barbare la langue qu ils parlaient eux-mêmes. Ce n'est-pas du tout parce que les Pélasges né faisaient pas partie dé l'association des Hellènes qu'Hérodote assure que les Pélasges parlaient une langue barbare; Hérodote dit (p. 41 du même livre), d'après la traduction de M. Larcher lui-même : a Le langage des Crestoniates et des Placiens, qui est le même, n'a rien de commun avec celui d'aucun de leurs voisins; preuve évidente que ces deux peuplades de Pélasges conservent encore de nos jours l'idiome qu'elles portèrent dans ces* pays en Tenant s'y établir. Quanta la nation hellénique, elle a toujours parlé la même langue, du moins cela me paraît ainsi. » L'opinion d'Hérodote n'est pas isolée; dans la note 13V, M. Larcher lui-même cite ce passage de Thucydides qui semble la partager. ljn parlant des Pélasges Crestoniens d'Hérodote établis en Thrace, après avoir nommé quelques-unes de ses villes, il dit qu'elles sont habitées par deux nations
barbares mêlées ensemble et parlant deux langues ; il y a quelque peu de Chalcidiçns, mais la plupart sont des Pélasges, c'est-à-dire de ces Tyrrhéniens qui ont habité autrefois Lemnos et Athènes. »
Si les Pélasges eussent parlé le grec, Thucydides dirait-il deux languis tout court, après avoir dit que les peuples qui les parlaient étaient barbares? (V. les notes justificatives.)
C'était en effet l'opinion de M. Fréret, que les Grecs s'appelèrent d'abord Graici et Pélasges, c'est-à-dire indigènes et étrangers, jusqu'à ce qu'ils se mêlèrent et se fondirent en une seule nation qui prit le nom d'Hellénique. Faible dans son commencement Y la nation hellénique est devenue peu à peu très-considérable, principalement, dit Hérodote, depuis qu'un grand nombre de peuples barbares se sont incorporés avec elle.
Quoiqu'il soit arrivé à ces peuples ce qu'Hérodote suppose des Pélasges :« qu'ils oublièrent leur langue en devenant Hellènes, et apprirent celle de ce dernier peuple; » ce qui arriva aux Goths en Europe, et aux Tartares en Chine, qui tous adoptèrent la langue de la nation la plus civilisée ; il est probable et même certain que chacun de ces peuples devait avoir sa
langue (1); ce n'est que de cette manière qu'on peut expliquer les nombreux synonymes de la
(1) On ait qu'outre le pélasge, le tbessalien , le béotien» le lacxdémonien» le crêtois, le macédonien, etc.» il y- avait plusieurs dialectes dans la bogue grerque, teb que réolien, ie dorien, etc. Pour oe parier que des peuples qui parlaient fteaien, voici ce qu'n dit Hérodote :
« lfilet est la p r em ière de leurs villes du côte du Midi» et ensuite M joute et Prièue : elles sont en Carie, et leur langage est le même. Ephése v Cofoplton, Lébédos, Téos, Cbiosnènes» Pbocée, sont en Lydie. EDes parlent entraxes une même langue» niais qui ne s'accorde en aucune manière avec celles des villes que je viens de nommer. Il y a encore trois antres villes ioniennes dont deux sont dans les lies de Samos et de Caios. et la troisième, qu'on appelle Erytkres, est en terre ferme; le langage de ceux de Cnios et d*Ervthres est le même» mais les Samîens ont eux seuls une langue particulière. Teb sont les quatre idiomes qui caractérisent l'ionien (Clio CXUI). Ces langues avaient cependant des referions en tr'eOes. Ces Ioniens qui» même après avoir été subjugués par les Perses, ne cessèrent point de s'assembler au ftonionmm où Bias et Thaïes continuaient à les conseiller, étaient depuis trop longtemps liés ensemble pour que leurs langues ne finissent pas par avoir des
langue grecque, ces diverses manières de conjuguer les verbes et décliner les noms et leur» irrégularités. Une langue formée d'une seule pièce n'a pas besoin de seize mots pour dire femme, vingt pour dire noire, trente pour dire rouge, et un plus grand nombre encore pour exprimer d'autres idées. Si l'anglais dit bread et loaf au pain, c'est que l'un est Scandinave et l'autre est saxon. Si le français dit miroir et glace au spéculum latin, c'est que l'un est gaulois et l'autre allemand.
Si le verbe substantif des Anglais a plus d'une irrégularité , c'est qu'il est composé du /osakimre, du eimi grec, du sum latin, et qu'il emprunte des temps à l'allemand.
Si le verbe sum latin lui-même s'altère, c'est qu'il a l'imparfait germanique , et se sert du
rapports; maïs, du temps d'Hérodote, chacune d'elles •Tait encore sa flexion particulière. Noos ferons en entre remarquer que» les noms donnés par les dîfcrs peuples de la Grèce aux mois sont aussi différents. Le premier mois des Macédoniens était dius, celui des Paphiens aphrodisius. Le premier mois des Athéniens était héeatombéon, celui des Béotiens hippodromus. Le métagitnion de PAttique était carnius à Syracuse, etc.
verbe fuô grec au passé, au plusque-parfait et au conditionnel.
Au reste, la Grèce n'était pas et ne pouvait pas être une exception à la règle. Si nous la comptons comme faisant partie de l'ancienne Celtique , nous avons vu nue le nombre de ses langues était considérable (1). Peut-être notre supposition fera-t-elle sourire quelqu'un; car, dira-t-on , jama ; s la Grèce n'a été regardée comme faisant partie de la Celtique. — Quelles en sont les preuves? Elles ne sont que négatives; cependant nous savons une chose, c'est qu'ëvant de s'appeler Doriens, Ioniens, OEoliens et même Hellènes, les Grecs s'appelaient Graici; et ce Graici est bien semblable au Ca 1 ^ laiH et Galathi; mais j'ouvre Hésiode, et je lie le vers 270 de sa Thcogènk : « Les Grias furenj ainsi appelées, parce qu'elles étaient ex genetes polias, blanches dès leur naissance; je cherche comment m'explïquer la synonymie de grec et de vieillard (graici et gera\os en grec ), et je ue lg
(1) Pline l'ancien ajoute m£rne le ligurien aut idiomes de l'Italie, el dans relie langue, le nom Bodincum, qu'on donnait au Pô, aurait signifié, d après lui, funéo earenUm. (Lib III. XX. 8.)
puis que par la canules du dernier ; je considère que les Grecs étaient vraiment plus blancs que les Scythes, lesïhraces, les Orientaux et les Africains; et que souvent on les appelait Argivi ou blancs; enfin, je vois que le mot gria veut dire peuple dans l'ancienne langue de Tinde, où il y a tant de mots grecs, où les Graici allaient puiser la science, et suis-je bien sûr que la terre habitée par ce peuple blanc ou cite, aux yeux des Orientaux qui l'étaient moins, ne fût pas regardée, quelques milliers d'aimées avant Hérodote, connue faisant partie de la Celtique? Je me garderais bien de l'affirmer.
Je dis donc que si nous les considérons comme Celtes ; les Celtes parlaient plusieurs langues différentes, même quand nous admettrions, ce qui ne peut pas être, que les Grecs ne parlaient qu'une langue; et si nous les considérons comme des Asiatiques , l'Asie aussi était peuplée de nations aux langues différentes.
En parlant de la ville de Dioscuriade en Colchide, Pline dit avec Thimostène, et Strabon avec eux, que. trois cent nations dis&imifibus litguis venaient y commercer, et il ajoute (L. VI. V. 1.) : Poitea à uoxlris CXXX hncrpteiïbus ucyotiu ib- g sia. De quelque côté que
nous nous tournions , nous voyons donc la multiplicité des langues; et la Celtique aurait été un phénomène inexplicable, si elle eût pu parler une seule langue sans que l'histoire nous la montre une seule fois sous une même loi, ce qui seul pourrait opérer de pareils prodiges. JBien au contraire, la taille, la couleur, la conformation physique des différentes nations du globe, leurs diverses superstitions, leurs mœurs et leurs institutions différentes , tout nous prouve ce que la géologie et la linguistique nous démont snt à priori, et chaque page de l'histoire confiras qu'il y a eu plusieurs races d'hommes, et que leurs idiomes étaient aussi différents que leurs organes physiques et les circonstances qui influèrent sur leurs développements (1). Nous respectons cependant les opinions qui ne s'accordent pas avec la nôtre , et nous prions ceux qui ne se sentent pas disposés à la même tolérance envers nous à ne pas perdre de vue que nous appuyons nos principes sur les faits; que les faits sont ce qui est, et que ce qui est est DIEU.
(1) « Les premiers dialectes, ceox qui donnèrent naissance aux autres» sont barbares; la nature les a dictes, d (Sain t Cément d'Alexandrie. Slromal 1)
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