CHAPITRE I
nictère thay propre , et ne s’en distingue que par sa couleur, qui est jaune. Nous avons donc, pour déterminer les autres manuscrits, consulté Buchanan et Leyden ; et , quoique ces savans ne nous aient pas donné la forme des caractères, cependant leurs indications sont précieuses. Buchanan s’exprime ainsi (i): « Dans beaucoup d’inscriplions , et dans les livres » d’apparat tels que le Kammouva , le pâli est écrit » avec un caractère carré, ressemblant un peu au sams- » krit bengali (a) , et qu’on nomme magata ou rna- » ghaila. On peut en voir un spécimen dans la descrip- » tion du musée Borgia, p. i5. Mais en général on se sert » pour l’écrire d’un caractère rond qui se rapproche » beaucoup des lettres barmanes. » Ici nous retrouvons la première et la troisième espèce d’écriture que présentent nos manuscrits; Leyden va nous donner l’explication de la seconde , et confirmer pleinement nos conjectures- Comme le passage de ce savant est ce qu’on a écrit sur les alphabets palis de plus précis et de plus exact , nous le donnons ici en entier. Il servira comme d’introduction générale à ce que nous avons à dire sur chacun de nos alphabets eu particulier.
« L’alphabet pâli semble dériver du dévanagari , quoiqu’outre une très-grande différence de forme , la
(i) Asiat. Research. y t. vi, p. 3 oj. cd. Lond. 4°*
(i) Ceux qui compareront noire planche IV avec les alphabets bengalis connus, trouveront probablement celle assertion peu exacte. (Voyez, au reste, sur le rapport des alphabets palis avec les alphabet» de l’Inde , la planche v, et l’explication , chap. if , Ç
l6 ESSAI SUR LE PALI,
valeur des caractères ait été sensiblement modifiée par la prononciation monosyllabique des nations indo-chinoises. L’usage a fait disparaître quelques lettres , d’autres ont été accentuées d’une manière semblable aux tons appelés en samskrit ouddtta, anouddtta et svarita , dans le système de prononciation usité pour chanter les Mantras et réciter les Védas (1). Ainsi le sha palatal et le cha cérébral , avec la double kcha de l’alphabet dévanagari, ont disparu en pâli, quoiqu’on trouve souvent encore les deux premiers dans les alphabets les plus complets. Au lieu de prononcer la première série des consonnes ka , kha , ga , gha , nga ( à la manière indienne ) , le pâli les accentue ainsi : ka, kha, klià, gaha, nga; en proférant ka trois fois , i° dans son ton naturel ; 2° légèrement accentué, comme le ton ouddtta (l’aigu); 3 ° dans un ton bas et profond , comme dans Y anouddtta ( le grave ) des Brahmanes qui chantent le Sanuiveda. Gaha, ou ga , ne se prononce qu’une fois et avec un accent léger, tandis que nga ne souffre pas d’altération. La seconde série tcha, etc., et la cinquième pa , etc., éprouvent les mêmes modifications. Les voyelles sont généralement disposées dans le même ordre que le dévanagari; mais, par une modification analogue de prononciation, on en compte quelquefois dix-huit. Cette prononciation est toutefois plus rigoureusement observée par les Thaj
(i) Oudàllï , l’accent aigu ; anouddtta ,1e grave ; svarita , le circonfleae. (ï r oy. Wilson , sur ces mots).