CHAPITRE II
au siamois, les groupes kaï et ko, et au lieu de kaou, pour le groupe suivant, lire ko. La troisième partie se compose de la liste des consonnes ka et na, successivement unies à toutes les voyelles pour former des syllabes. Les inexactitudes du second alphabet sont rc'péte'es dans celui-ci, et, de plus, il faut lire partout deux na, de cette manière karma , kannd, etc. L’erreur de Laloubère vient de ce qu’il n’a pas nettement distingué les consonnes initiales de la forme abrégée qu’elles revêtent, lorsqu’elles font la deuxième partie d’un groupe. 11 nous a fallu quelque attention pour nous apercevoir que les consonnes, telles que les donne Laloubère, étaient singulièrement amplifiées. C’est qu’il a confondu les deux formes des lettres, desquelles il n’a pas toujours exactement rendu la seconde; et cette confusion vient elle-même de ce qu’il a placé la seconde sous la première, de manière que souvent elle semble faire corps avec celle-ci. Dans nos planches nous avons séparé les consonnes initiales des groupes, suivant l’usage adopté dans les grammaires samskrites. L’emploi des groupes, composés de plusieurs consonnes diverses, n’est pas, au reste, si fréquent en pâli qu’en samskrit. On rencontre plus ordinairement des groupes de deux lettres semblables; on verra la raison de cette différence lorsque nous traiterons du mode d’altération que le pâli fait subir au samskrit.
Pour suppléer au manque de voyelles initiales, dont nous ne connaissions que l’a bref, donné par Laloubère dans le groupe final ang (voy. pl. I), il nous a fallu nécessairement avoir recours aux conjectures. D’abord
noos ignorions en quel nombre elles pouvaient être. Leyden ilitbien, comme on l’a vu plus haut, qu’elles sont disposées suivant l’ordre dévanagari , mais que l’application de la méthode d’accentuation usitée pour les consonnes, les élève jusqu’au nombre de dix-huit. En supposant que chaque voyelle porte trois accens, le moyen, l’aigu et le bas, cela rédui t les sons fondamentaux h six. Mais quels seront-ils? D’abord , nous avons reconnu qu’il fallait éliminer quatre voyelles de l’alphabet dévanagari, les deux ri, et les deux Iri; nous indiquerons par la suite comment le pâli les remplace. Restent dix voyelles de l’alphabet samskrit a, â , i, i, ou, ou, e, œ , o , ao. Dans les manuscrits qui nous ont servi pour nos recherches, nous n’en avons trouvé que six a , d , i , ou, e, T>. En les accentuant des trois manières énoncées plus haut, nous aurons les dix -huit de Lcyden. Cependant, nous avouons qu’il y a quelque chose de singulier à ne voir ni 1Y long, ni l’oiî long. 11 ne faut pas, toutefois, oublier que, même en samskrit, le nombre des mots qui commencent par ces lettres, n’est pas trèsconsidérable. Au reste , ce qui peut justifier et appuyer nos conjectures sur la forme des voyelles initiales, c’est que dans les deux manuscrits, que nous avons lus en entier, aucun signe ne nous a arrêtés, et les mots que nous avons épelés suivant notre système, présentent tous un analogue reconnaissable en samskrit. Nous en donnons quelques exemples dans notre planche II, sous le titre de spécimen du Phdtimokkha. On pourra ainsi vérifier s’ils légitiment notre lecture. Quant au nombre des voyelles, on verra que dans les deux autres alpha-