‹ Essai sur le PaliChapitre 16 sur 108 · CHAPITRE U · texte numérisé non relu

CHAPITRE U

bets, nous n’en avons pas pu trouver plus de six, quoique les mate'riaux dont nous les avons extraits, fussent, au moins pour le second alphabet, beaucoup plus nombreux.

Quant aux consonnes, nous devons avertir que nous n’avons trouvé le tljha aspiré au commencement d’aucun mot. La forme que nous lui donnons est extraite d’un groupe. Cependant, comme elle offre une grande analogie avec celle de Laloubère, nous avons cru devoir l’admettre au nombre des initiales. Nous n’avons pu trouver davantage le da cérébral non aspiré. II faut reconnaître même, qu’il y a sur les cérébrales quelque incertitude, causée par l’extrême ressemblance des formes. Le reste de l’alphabet nous semble exact; les formes répondent assez bien à celles de Laloubère, et nous avons pu, avec leur secours, lire des textes étendus. Nous n’avons pas besoin de faire remarquer l’analogie de cet alphabet avec le dévanagari, sinon dans la forme, au moins dans la classification des lettres. Nous en traiterons d’ailleurs par la suite. La liaison des consonnes et des voyelles se fait aussi suivant la méthode de presque tous les alphabets de l’Inde, méthode que l’on trouve appliquée au dévanagari dans des manuscrits anciens, et dans un grand nombre d’inscriptions.

Les détails que nous venons de donner font voir fout ce qui reste encore h faire pour arriver à une entière exactitude. La publication d’une grammaire pâlie , ou au moins d’un alphabet complet , notxs eût épargné ce travail fastidieux , et dans lequel on est à chaque instant exposé à des erreurs inévitables. On appréciera sans

dôute les difficultés que nous avons eu à vaincre ; mais , dussions - nous nous être souvent trompés , nous serons heureux si cet Essai peut engager ceux qui possèdent des notions quelconques sur cette langue intéressante à les faire connaître au public (1).

L’alphabet qui vient d’être décrit , et qui est exposé dans la planche II, est extrait du Phâtimokkha, manuscrit sur papier , faisant partie de la collection siamoise de la bibliothèque du roi.

Dans l’appendice, nous en donnerons une notice, avec la traduction da fac-simile qui se trouve planche VI.

Lorsque les Siamois écrivent le pâli sur des olles, ou feuilles de palmier, méthode assez usitée dans la presqu’île , quoique moins fréquemment que dans l’Inde t leur caractère pâli prend alors une forme un peu plus élégante ( nous en donnons un spécimen dans notre planche II ) ; mais , eu y faisant attention , on verra que cette élégance est achetée aux dépens de l’exactitude. Ces caractères sont en effet plus arrondis que ceux du Phdtimokkha , ce qu’explique l’emploi du stylet dont on se sert pour graver sur la feuille du palmier (a).

( 1 ) Le journal de la Société Asiatique de Paris t t. III , p. 5g, avait annoncé que feu M. Carey, fils aîné du savant Carey, avait composé une grammaire pâlie avec une traduction en samskrit, prête à être imprimée. En i8aa , il avait déjà été présenté à la Société asiatique de Calcutta, une grammaire de cette langue , commencée à Ceyian , par fe^ M. Tolfrey, et achevée par le Rév. Benj. Clough. Cet ouvrage devait être imprime. On doit vivement regretter que ces projets niaient pas eu de suite.

(a) Ce palmier est le borassusflabelljormis (Sonnerat. K. aux Ind ., t.i, p. i36, 4°)« Les feuilles de cet arbre sont plus lisses , plus fermes , et d’une couleur plus également jaune à Ceyian, et dans la presqu’île au-delà du Gange, que dans l’Inde même. (Dubois, Mœurs, Cérémonies , etc-, t. il, p. lao.)

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