‹ Essai sur le PaliChapitre 38 sur 108 · CHAPITRE H. (Î · texte numérisé non relu

CHAPITRE H. (Î

les Barmans, ainsi que nous l’avons vu. Bouddha mourut l’an 543 avant J.-C.; suivant les Siamois, en 544 (0 Cet accord remarquable sur un événement aussi important, suffit seul pour prouver que le bouddhisme est passé de Ceylan dans les contrées de l’Inde ultérieure.

Mais à coté de ces autorités, s’en élèvent d’autres qui les contredisent formellement. Suivant Leyden, c’est de Law ou Laos que les Barmans et les Siamois reconnaissent avoir reçu leur religion, leurs lois, en un mot, leur civilisation ( 2 ). C'est à Laos que les premiers fondateurs du culte bouddhique ont laissé les traces les plus remarquables de leur séjour. De même, c’est Siam qui a colonisé Ceylan, et on en cite pour preuve l’absurde histoire d’un invincible empereur à queue , qui aurait, à une époque assez moderne, civilisé cette île (3).

A de pareils faits, la réponse serait bientôt faite; mais l'opinion de Leyden a quelque chose de plus imposant. Toutefois, son assertion est trop dénuée de preuves pour que nous nous arrêtions à la réfuter. Nous ne montrerons donc pas tout ce qu’il y a de bizarre à considérer comme un centre antique de civilisation un pays encore barbare (4); et jusqu’à ce que des monumens authen-

(1) Laloubère, t. XI, p. 217.

(a) Leiden , Asiat. Research. , t. x , p. a6o , ed. Lond.

(3) Description du Pégu et de Vite de Ceylan , p. aG5.

(4) Voyez Marini, Relation du royaume de Lao. Le Pc gu , l’Ava et les autres régions de la presqu’île sont si loin d’être redevables à Laos de leur civilisation religieuse , que ce voyageur ci a et fait remarquer, que le nom de Talapoin , donne' aux prêtres bouddhistes par les habitans de Laos, est venu du Pe'gu. ( Voy. p. Zy et 4 0, )«

ESSAI SUR LE PAU, tiques prouvent qae les montagnes du Laos sont pour les Barmans la patrie de la civilisation, et comme leur Olympe, nous admettrons le fait rapporte' par Carpanus et Symes, et nous reconnaîtrons l’origine cingalaise du bouddhisme de la presqu’île au-delà du Gange. Enfin , si ces raisnnnemens ne paraissaient pas convaincans, qu’on lise, dans le voyage de Davis, le résumé de la mythologie et de la cosmogonie bouddhique à Ceylan, et surtout l’abrégé des cérémonies usitées pour l’admission d’un prêtre dans l’ordre supérieur de ceux qu’il appelle les oupasampada (i) , et qu’on le compare avec le Mémoire de Buchanan , et la paraphrase qu’il a donnée du Kammouva, on trouvera une identité parfaite. Or, à moins de dire (ce qui au reste est possible), que le culte de Bouddha a passé au Pégu en même tems qu’à Ceylan. il faut reconnaître qu’il a été transporté de celte île dans l’Inde ultérieure; car file de Ceylan est elle-même trop rapprochée de l’Indostan , et les monumens historiques sont trop unanimes à cet égard , pour qu’on croie qu’elle a reçu son culte d’une autre source.

Maintenant, si nous quittons ces généralités, pour revenir à la question qui nous occupe spécialement , celle des alphabets , trouvons-nous entre les caractères usités à Ceylan et ceux de la presqu’île, une ressemblance qui appuie le fait cité plus haut? Nous n’avons pu consulter, comme nous l’avons déjà dit , aucun ancien alphabet de cette île. Sans doute, les formes primitives d’où est dé-

(i) Davis, Tratel to Ceylan , p. at8, no.

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