‹ Essai sur le PaliChapitre 56 sur 108 · SECTION II · texte numérisé non relu

SECTION II

Déclinaisons.

A El N de faire comprendre plus aisément la ditférence

«O.j KSSAI suit LF. PALI,

du samskrit cl du pâli , sous le rapport de la déclinaison , il est nécessaire de résumer en peu de mots les principes généraux de la déclinaison samskrite.

En samskrit, il y a trois nombres, le singulier, le duel, le pluriel , et dans chaque nombre huit cas ( le locatif et l'instrumental de plus qu’en latin). Le duel n’a que trois terminaisons différentes, l'une pour le nominatif , accusatif et vocatif; l’autre, pour l’instrumental , le datif, l’ablatif; et la troisième, pour le génitif et le locatif. Cette langue reconnaît trois genres, le masculin, le féminin et le neutre, qui ont chacun leur terminaison propre, excepté le neutre, qui est identique au masculin dans tous les cas autres que le nominatif, accusatif et vocatif- Les déclinaisons sont nombreuses; mais ce sont dans chacune les memes désinences, modifiées toutefois par la finale radicale du mot. On les divise en deux grandes classes : i° déclinaison des mots fiuissant par une voyelle quelconque; 2 0 déclinaison des mots terminés par une consonne. Dans celle-ci, la désinence se joint au mot, sans autre altération que celle qui résulte des règles générales de permutation des lettres; dans celle-là, au contraire, la terminaison est modifiée suivant la nature particulière de chaque voyelle. De-là, il suit qu’il y a autant de déclinaisons différentes dans cette classe, qu’il y a en samskrit de voyelles qui peuvent terminer un mot, savoir, a , i, ou , i, où ri , œ , o, ao.

Si nous passons au pâli , il faut d’abord remarquer que cette langue ne peut avoir de noms en ri, æ, et ao. Les mots terminés en samskrit par ces voyelles, doivent donc, eu pâli , prendre une autre forme. Il est vrai que

CH APITIIF. LU.

la classe des noms en œ , et en no, est peu nombreuse, ce qui explique qu’on ne les retrouve plus en pâli; mais la classe des noms en ri, contient, en samskrit, beaucoup de substantifs; aussi est-il important de connaître sous quelle forme elle a passé en pâli. Les noms en o, ne sont qu’au nombre de deux , go et dyo. Le second ne se trouve probablement pas en pâli , et nous n’avons pu savoir comment le premier était altéré dans cette langue. Quant à la classe des noms en a , elle parait être la plus nombreuse, et avoir conservé la plupart des formes primitives. Elle forme le féminin en d long,, et semble, comme en samskrit, devoir être placée la première. Les noms en i , peuvent former la seconde. Ceux qui sont terminés en i , sont presque toujours féminins en samskrit; quant au neutre, il n’existe pas dans cette déclinaison. Mais le pâli n’est pas très-exact dans l’emploi des longues et des brèves ; aussi , ne pouvons-nous rigoureusement déterminer de quel genre doivent être les noms de cette classe. Peut-être ne s’y tronve-t-il pas de masculin en i long. On peut donc réunir en une classe ces deux terminaisons, i bref pour le masculin et le neutre, i long pour le féminin. Les mêmes observations doivent s'appliquer aux noms en ou, et, d’après ces principes, nous pourrons offrir le tableau suivant de la déclinaison pâlie :

I e en â niasc. a

11* en ï masc. ï

lit* <’ll UÜ IIKI6C. uü

|Y P samskrit ri

fem. â lient.

le in. i lient, f.

fem. uù neul. uü,

io6

( A cette classe on ajouterait les noms qui en samsLritsont terminés en as, o, ao .)

V e Noms terminés par une consonne.

Dans ces diverses déclinaisons, le pâli a conservé tous les cas dn samskrit; mais parmi les nombres , le duel a disparu; s’il en fallait donner la preuve, nous citerions cette phrase du Kaminouva (fol. 3, r°). Anouhdto si mdtdpitoûhi , as-tu reçu la permission de tes père et mère P Hi est la terminaison de l'instrumental pluriel, et, comme nous, le montrerons plus bas, une corruption de désinence samskrite blüs. On ne peut pas supposer que la terminaison du duel samskrit bhjrdm ait pu être changée en hi. Nous en concluons que le pâli substitue les désinences du pluriel à celles du duel. 11 est cependant deux mots qni offrent quelque trace du duel; ce sont dvi et oubha ; dans dve dhammd , les deux devoirs, dve a la terminaison d'un duel neutre (le masculin serait dvao) ; mais dhammd a la terminaison plurielle. Dans oubho pouttd , le substantif est au pluriel; mais oubho est évidemment une corruption du duel oubli ao , d’après la règle énoncée plus haut, chap. III, § 4- H n’est peutêtre pas inutile de remarquer que le pâli offre ici une ressemblance complète avec le latin. L’étude de la grammaire comparée, montre que le duel a été originairement commun aux différentes branches de la famille des langues qui se rapportent au samskrit, mais qu’il a graduellement disparu du plus grand nombre. On le retrouve dans le gothique, mais non dans les dialectes teutoniques modernes ; on le retrouve rarement dans les composi-

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