‹ Essai sur le PaliChapitre 66 sur 108 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Le potentiel offre quelques irrégularités ; la première . du singulier et la troisième du pluriel sont évidemment les mêmes qu’en samskrit. Le ya est doublé d’après la tendance habituelle du pâli , et le visarga est remplacé par l’ anousvdra . innovation dont nous verrons plus bas un nouvel exemple. Mais la troisième personne est toute différente; en samskrit la désinence ed est et, le t final a dû disparaître en pâli d’après la règle énoncée plus haut , et la terminaison devenir e , mais elle n’est pas restée en usage et s’est changée en eyya , comme si on l’eût immédiatement dérivée de la première personne.

Avant de passer au parfait pâli, nous devons résumer quelques-uns des principes qui règlent en samskrit la formation des tems. En général les terminaisons sont les mêmes pour tous les verbes, à quelque classe qu’ils appartiennent; seulement elles sont modifiées parla nature de la racine à laquelle elles s’adjoignent et par certaines lettres ou syllabes dont on les fait précéder. Ainsi # dans bhavdnii, bhavasi , bhavati, et dans pdmi , pdsi , pdti, les désinences sont les mêmes; seulement dans le second verbe qui appartient à la seconde classe appelée improprement conjugaison, les désinences ami , si, ti , se joignent immédiatement à la racine, et dans le premier, à l’aide d’un à bref qui sert de liaison . exemple bhav-a-si, bhav-a-ti. Dans d’autres verbes les règles de combinaison sont plus compliquées, comme dans nash-y-a-ti , où nash est la racine,^ la caractéristique de la quatrième classe , a la copule qui unit la désinence au radical. Mais au fond ces modes divers rentrent dans les deux pre'cédens, c’est-à-dire que la terminaison se joint au radical ou

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immédiatement , ou par l’intermédiaire d’un a. Cette observation ne doit s’appliquer qu’à ce que le docteur Wilkins appelle les quatre premiers tems, c’est-à-dire le présent, et ceux qui en sont dérivés / imparfait, le potentiel, l' impératif ; c’est en effet dans ces formes seulement que la racine est modifiée par certaines additions qui prennent place entre elle et- la désinence. Ces modifications ne s’étendent pas aux autres tems qui se forment immédiatement du radical; seulement il en est qui font précéder la terminaison d’un ï; mais l’emploi de cet i n’est pas déterminé par les chaugemens que subit la racine dans les quatre premiers tems. Ce sont ces dernières modifications qui ont autorisé les grammairiens indiens à diviser les verbes en dix classes ; mais cette division n’est que superficielle; il faudrait ne reconnaître que deux classes : la première, des verbes qui adoptent à avant la désinence; la deuxième, de ceux qui ne l’adoptent pas; à la première appartiennent les classes première, quatrième, sixième, dixième de Wilkins ; les autres sont comprises dans la deuxième. En outre, la dixième classe a quelques particularités dont nous parlerons plus bas.

Ces principes s’appliquent également au pâli , et il s’ensuivrait que les verbes devraient en cette langue former autant de classes distinctes qu'en samskrit. Mais il en est dontla caractéristique est effacée par suite des règles euphoniques dont nous avons donné un abrégé. Ainsi en samskrit, la quatrième classe a pour caractéristique un ja, mais en pâli le y a se change en la consonne qui le précédé; ainsi passdmi est pour pashydtni, je vois. 11 serait inutile de citer de plus nombreux exemples après

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