CHAPITRE III
Nous commencerons par la forme pâlie qui re'pond au samskrit sam, sih, sit.
La troisième personne du singulier de l’aoriste pâli est terminée en si, et la troisième du pluriel en soum; ce sont exactement les désinences samskrites légèrement altérées; le t de sit est supprimé, et 1Y changé en sa brève, sans doute d’après l’usage d’abréger les finales, dont nous avons déjà pu voir des exemples dans les génitifs pluriels. La troisième personne du pluriel est le samskrit souh dont le visarga est changé en arvousvâra ; nous avons déjà vu un changement pareil dans la troisième personne du pluriel de l’optatif. Ainsi modifiée, cette désinence s’ajoute au radical, qui a déjà subi les changemens nécessités par l’euphonie pâlie.
Exemples :
adâsi
S. adtit, il donna.
ahosi
abhoût , il fut.
ahosoum
abhodvan, ils furent.
atthdsi
achthâl, il se tint.
aggamâsi
agamat , il vint;
akâsi
akârchtt, il fit.
anesi
anœchît , il conduisit.
Ces exemples prouvent que le pâli a adopté la terminaison si (sit) pour les verbes samskrits qui l’ont déjà, comme pour ceux qui ne l’ont pas, et qu’ainsi il a confondu les deux formes de ce tems. Nous devons faire remarquer que nous ne parlons ici que des verbes primitifs, à l’exception toutefois de ceux de la dixième classe qui suivent la forme du causatif. Le pâli a, comme le sam-
skrit , gardé l’augment. Le mot akdrchit devrait, d a.près l’analogie de la langue dérivée, devenir akassi, mais l’a esi alongé sans doute pour remplacer l’f supprimé.
Quant à la seconde forme , celle qui en samskrit se fait par l’addition des désinences de l'imparfait à la racine précédée de l’augment, la forma tiou en paraît arbitraire en pâli, au moins est-il assea difficile de la ramener au samskrit. Elle consiste à ajouter un i au radical modifié selon la méthode du pâli et non précédé d’augment, ainsi qu’il suit :
pidjâyi de djan ( djâyate ) , il engendra.
sakkhi de shah ( shakyate ), il put.
drabbhi de rabh ( rabhate ) , il commença.
drabbhisoum de rabh (rabhate), il» commencèrent. poutchtchhi de pratchtchh (prilchtchhati) , il interrogea. passi de pashy (pashyati), il vit.
âtchikhhi de khyâ (âkhyâti), il raconta.
La plupart de ces formes n’ont, comme on voit, presque aucune analogie avec les aoristes des racines samskrites correspondantes. La terminaison i du singulier se trouve en samskrit seulement à la voix passive, exemple: adjani, il est né, avadhi, il fut tué ; mais le pluriel sata ne répond plus au pâli soum. Il nous semble qu’on peut rapprocher ce tems du mode Vi de Wilkins, dont les terminaisons sont en icham, i h, il. Qn pourrait aussi le faire dériver de la forme en si, dont lr aura été retranché , sans doute parce que sa rencontre avec la consonne du radical eût formé un groupe difficile à prononcer. La suppression de l’augment paraît