‹ Essai sur le PaliChapitre 78 sur 108 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

onl prouve, que les bouddhistes du Tibet et de la Chiue possèdent, dans leurs bibliothèques, un grand nombre de livres traduits sur des originaux indiens, et des textes originaux eux-mêmes (1). La langue dans laquelle ces textes sont écrits est appelée fan par les Chinois , nijagar par les Tibétains , enedkek et hendkek par les Mongols (a). Suivant M. Schmidt, elle s’appelle encore chez ces deux derniers peuples samgkrida , mot qui offre une ressemblance frappante avec samskrita. Cependant comme ces dénominations diverses n’indiquent pas avec beaucoup de précision, ce que c’est que celte langue indienne des bouddhistes, on s’est demandé si c’est le samskrit ou le pâli , qui ont tous deux des titres dans la question, l’un comme le langage du pays où est né le bouddhisme , l’autre comme celui du bouddhisme même dans les contrées où il domine; et, en troisième lieu, si ce ne pouvait pas être un idiome dérivé du samskrit , ou altéré à dessein par la sefcte religieuse qui l’a parlé.

Quoiqu’on n’ait encore publié aucun des ouvrages écrits en cette langue, l’examen de quelques textes a suffi pour nous donner la conviction , que la langue fan , au moins au Tibet, n’est autre que du samskrit pur, aussi peu altéré qu’il est possible, par l’ignorance ou l'inattention de ceux qui l’ont transcrit. Ces textes sont empruntés au vocabulaire bouddhique en cinq langues que M . Abel-Rémusat a fait connaître il y a plusieurs années

( 1) lie cherches sur les Langues tartans , L I, p. 375. (1) Schmidt Forschung. , in d. Geb. , p. 345 .

dans les Mines de l’Orient , et récemment dans ses Mélanges Asiatiques (i). Le lecteur qui aura de la langue savante de l'Inde .une connaissance quelconque, sera convaincu, nous n’en doutons pas, que c’est là du samskrit véritable. Enfin s’il pouvait rester à cet égard quelqu’incertitude, on verra, dans notre notice du manuscrit appelé Boromat, appendice n° i , de nombreux passages du vocabulaire pentaglotte opposés à des passages semblables en pâli , et on appréciera les différences qui séparent le dialecte usité dans la Péninsule, de la langue conservée au Tibet. Remarquons, au reste, que nous ne parlons ici que du samskrit de ce pays. Nous sommes jusqu’ici personnellement privés des connaissances nécessaires pour déterminer exactement ce que c’est que la langu efan de la Chine. Comme le pâli existait au tems où Bodhidharma , en pâli Bodhidhanimo et en Chinois Tamo , passa dans cette contrée, on peut croire qu’il n’y dut pas être ineonuu. Pour constater ce fait, il faudrait examiner un certain nombre de mots fan assez différens en samskrit et en pâli, pour que leur forme caractéristique n’ait pas pu disparaître sous les altérations que leur fait subir le Chinois. Jusqu’ici nous n’en connaissons que deux qui puissent mener à une conclusion, qui ne peut, de toute façon, être générale. Le nom du patriarche Bodhidharma , ou par abréviation Dharma, est en pâli Dhammo et en Chinois Ta-mo. Quoique les Chinois n’aient pas de r, ils cherchent cependant à re-

( 1 ) lUtl. Atial. , t. I, p. i5ÿ, sqq. , «t 45a.

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