CHAPITRE IV
Mu màgadhi , kchn devient ska en pâli et en pràkrit kkha : màgadhi rdskase , pràkrit et pâli mkkhaso ■
Nous ne citerons plus que deux exemples pris dans la première déclinaison. En màgadhi, le nominatif singulier est eue, tandis qu’en pràkrit et en pâli il est terminé en o ; le génitif est en dha , tandis que le pràkrit et le pâli se forment en tissa.
Ces exemples suffisent, ce semble, pour nous justifier de n’avoir pas adopté l'opinion de Leyden sur l’identité du màgadhi et du pâli. Reste l’argument que l’on lire de la ressemblance du nom, avec celui que porte la langue sacrée de la presqu’île. Mais cette ressemblance s’explique d’elle-même : leMagadha est la patrie de Bouddha ; il n’est pas donc étonnant que ce nom se soit étendu à l’Inde eu général. D’après cette explication, le nom de magadha appliqué au pâli , indiquerait seulement son origine indienne.
Il nous reste donc encore à chercher à quel dialecte de l’Inde le pâli se rattache; nous allons voir dans le paragraphe suivant consacré à la comparaison de ce dialecte avec le pràkrit , qu’il tient à l’égard de ce dernier le rang que le samskrit occupe à son égard.
Comparaison du Paît et du Prlltrit.
Le pràkrit ( et par là nous entendons la langue qui reçoit ce nom à l’exclusion de toute autre), a plus de droits qu’aucun des dialectes populaires de l’Inde, a être comparé avec le pâli; d’une part parce que lesgramuiai-
riens indiens le considèrent comme la première et la plus immédiate altération do samskrit, et d’autre part par ce qu’il est le langage sacré d’une secte qui a de grands rapports avec le bouddhisme, les Djainas. Des autorités respectables considèrent cette secte comme formée dans des tems assez modernes des débris du culte de Bouddha dans l’Inde. On pourrait conclure de là qu’elle doit avoir conservé, avec une partie des dogmes de cette religion, autrefois puissante dans ce pays, la langue dans laquelle elle parlait à ses sectateurs. Cherchons donc s’il existe entre le pâli et le prâkrit une assez grande ressemblance pour justifier l’opinion , que ces deux dialectes sont également dérivés du samskrit, ou même ne sont au fond qu’un seul et même dialecte qui a successivement altéré le samskrit ou l’ancien langage du bouddhisme. Si nous trouvons qu’il en est ainsi , nous aurons de bonnes raisons de croire que nous possédons dans le prâkrit, des Djainas, une langue dérivée du pâli, comme le pâli l’était déjà dn samskrit; et ainsi sera de nouveau prouvée la formation et l’existence du pâli dans l’Inde , à une époque antérieure aux migrations qui ont porté le bouddhisme dans le sud et dans la presqu’île au-delà du Gange
Or une comparaison attentive du prâkrit et du pâli nous a conduit à cette conclusion :
i” Qu’il existe, entre ees deux dialectes, une ressemblance telle qu’on peut avancer qu’ils sont presque identiques;
2° Que le prâkrit altère plus le samskrit que ne le fait le paü, et qu’il offre, en quelque sorte, le second dégrc