‹ Essai sur le PaliChapitre 93 sur 108 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

conde corruption do pâli. Le génitif est identique dans les deux langues ; il en est de même du locatif, avec cette différence qu’on trouve la désinence asmî , qui est la forme générale, changée en ammi , que quelques grammairiens donnent comme la forme plus usitée. Le nominatif masculin pluriel est le même dans les deux dialectes. Le neutre a retranché le n de dni. L’accusatif masculin diffère du pâli â qui se rapproche plus de la forme primitive dn. L’instrumental est le même, sauf que leprâkrit ajoute un m. La désinence du génitif est la même qu’en pâli; seulement le n est devenu cérébral. Nous retrouvons toujours la même altération progressive : S. dndm , P. ânam, Pr. dnam (1). Le locatif est le même dans l’un et, l’autre idiome; mais le prâkrit a la faculté d’ajouter un m, comme pour l’instrumental.

Le tableau suivant donne la déclinaison des féminins en a.

. Singulier.

Pluriel.

Nom. â

âou , âo

Acc. am

âou, do

Inslr. \

âhirn

Abl.

dhinio

Gdn. *

ânam

dsou

L’accusatif est bref au lieu d’être long. Les quatre cas

(1) On trouve quelquefois âna (ccrcb.) pour le gen. pluriel en prikrit. Mais cette nouvelle désinence parait une faute des copistes.

suivans n’ont qu’une désinence commune ; et , quoiqu’elle ne soit pas la même qu’en pâli , au moins y a-t-il cela de remarquable , que ce dialecte n’a probablement aussi qu’une forme pour ces quatre cas. Le prâkrit ne parait même qu’une corruption du pâli ; il changera en *, ou contracte yn en e. Le nominatif et l’accusatif pluriel ne sont que peu diflcrens dans les deux langues ; les autres cas sont les mêmes, avec les différences que nous avons remarquées pour le masculin.

Nous ne pousserons pas plus loin cette comparaison , qui nous montrerait partout l’identité des deux idiomes. Nous rapporterons seulement quelques irrégularités qui se rencontrent également en pràkrit et en pâli , sans qu’on puisse attribuer cette ressemblance au hasard. En pràkrit, les noms en i et en ou masculins et neutres font le génitif singulier en ino et ouno, et ont en outre une seconde forme, qui , quoique spéciale en samskrit pour la première déclinaison, a été, en pràkrit comme en pâli, appliquée indifféremment aux autres. Nous avons remarqué , en parlant des noms palis dérivés des substantifs samskrits en ri, que quelques-uns de leurs cas se formaient en ou; il en est de même en pràkrit. Dans les noms de cette espèce , les cas sont en partie dérivés immédiatement du samskrit, en partie formés de l’accusatif du singulier, comme s’ils appartenaient à la première déclinaison ; ainsi bhartri, mari, fait l’accusatif comme en samskrit, bhattâram , l’instrum. singulier bhaltounâ ou bliatlarena , l’instrum. pluriel bhattoühi ( comme le pâli pitouhi ) , et aussi bhattarehi.

Les mots terminés par une consonne offrent les mêmes

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