‹ Essai sur le Pansement au Sérum ArtificielChapitre 29 sur 45 · CT CN · texte numérisé non relu

CT CN

les'cas, en vertu d’une foule de facteurs : la longueur de temps écoulée entre la production de la brûlure et son traitement, son degré probable de septicité, son étendue, sa profondeur, son degré d’anfractuosité, et aussi le changement d'aspect que prendra la plaie

sous linfluence de lirrigation, etc., etc. C’est en

somme l'expérience du chirurgien, son flair clinique qui lui permettront de juger à quel moment la détersion de la plaie pourra être considérée comme suffisante. |

- Il pourra songer alors — mais alors seulement — à détruire sur place les microbes que le courant d’eau chaude r’aura pu balayer.

Dans le cas d’une brülure (comme, à notre avis, dans la grande majorité des cas) l’eau oxygénée convient le mieux, car elle est peu nocive pour les éléments anatomiques, elle ne coagule pas les albuminoïdes comme le sublimé et, par suite, re recouvre pas les microbes d’un coagulum avant même de les avoir atténués. Enfin et surtout son grand pouvoir de pénétration et de diffusion, qualité qu’elle a au plus haut degré sur tous les autres antiseptiques, permet d’escompter la destruction, ou tout au moins l’atténuation, des microbes logés dans les replis, dans les anfractuosités de la plaie, et qui sont précisément à peu près les seuls que l'irrigation prolongée d’eau chaude n’a pu réussir à expulser de leurs cachettes.

L'eau oxygénée sera tiède, la durée de son application

SON ARR : À l 8 également variable et à l'appréciation du praticien,

suivant le cas à traiter.

Après cette phase antiseptique restera-t-il encore des microbes ? C’est fort probable. Mais il y'en aura beaucoup moins et ceux qui resteront auront été atténués par l’eau oxygénée. Or, lon sait très bien aujourd’hui que, pour qu’une infection sérieuse se développe, le facteur microbe, s’il est nécessaire, n’est pas suffisant. Il faut encore les facteurs Nombre et Virulence. Or, ce sont ces facteurs que nous aurons tout au moins combattus par la phase nee telle que nous Pavons réalisée.

La phase aseptique du traitement va maintenant commencer. Elle consiste dans l'application du pansement au sérum artificiel stérilisé.

Une cuvette soigneusement flambée contient un ou deux litres de sérum artificiel stérilisé et chaud. On y jette plusieurs compresses de gaze stérilisée. On les

prend toutes à pleines mains, comme une éponge

unique, et on les essore brusquement toutes ensemble au-dessus de la plaie. On recommence cette opération jusqu’à épuisement du sérum contenu dans la cuvette. On parfait ainsi l'œuvre de détersion et d'antisepsie mécanique et, surtout, on ne laisse plus en contact avec la plaie qu’un liquide incapable de lui nuire, au lieu de l’eau oxygénée qui l’humectait encore après la fin de la phase antiseptique du traitement.

Les compresses exprimées sont remises dans la cuvette qui contenait le sérum. On les reprend, une

EAU, ee LA

par une, cette fois, on les essore à fond, on les déplie et on les applique à platsur la plaie.

L’expérience nous à montré que les compresses ainsi dépliées et appliquées à plat sur la peau étaient plus absorbantes que des compresses chiffonnées, probablement grâce à l'absence des espaces morts qui existent au contraire entre les compresses chiffonnées et qu forment des séries de logettes infranchissables pour les exsudats provenant de la plaie, à moins que le bandage appliqué à la fin du pansement ne soit très compressif et ne fasse disparaître ces logettes. Mais pour cela il faut faire une compression énergique qui peut ne pas être sans inconvénients pour la partie blessée. La disposition des gazes à plat par couches Superposées et successives comme nous la préconisons permet de n’exercer avec le bandage qu’une compression très douce et exactement suffisante pour le maintient du pansement.

Sur les lames de gazes, on met de même une série de lames de ouate hydrophile stérilisée, qui elle, bien entendu, doit être sèche. Epaisseur variable suivant les cas.

Il est d'usage de mettre ensuite une couche de ouate ordinaire. Nous nous demandons s’il ne conviendrait pas de la supprimer, car son pouvoir d'absorption étant nul ou peut s’en faut, elle joue peut-ètre un peu le rôle néfaste d’un protective imperméable c’est-à-dire que lorsque l’exsudat venant de la plaie atteint cette couche non absorbante du

PA 7 d/ (EE SES

pansement, il ne peut aller plus loin et du coup le courant exosmotique se trouve arrêté. |

On peut obvier certainement à cet inconvéniént en mettant une couche de ouate hydrophile suffisante pour qu’elle n’ait pas le temps d’être imbibée dans sa totalité avant le renouvellement du pansement.

Quoiqu'il en soit si la ouate ordinaire a, comme le taffetas gommé, l'inconvénient d’être imperméable aux liquides, elle n’a pas inconvénient capital d’être comme lui, imperméable à lair. Par suite, si à un moment donné elle est susceptible d'empêcher l’absorption elle n’empêchera jamais l’évaporation. Le taffetas gommé, à d'emblée l’un et l’autre inconvénient! et, sauf les cas signalés dans l'introduction, on ne doit jamais l'employer.

Quel bandage appliquer ? Un bandage qui soit à la fois suffisamment contentif et qui ne soit pas trop épais pour empêcher l’'évaporation. Le choix en reste à l'ingéniosité de chacun. Pour le pansement dela brûluré thoracique du jeune enfant dont nous rapportons plus loin l’observation, nous nous sommes bien trouvés en tant que facilité d'application et pouvoir évaporant, d’un bandage de corps constitué par de la gaze en compresses, ep deux épaisseurs seulement. Cela constitue un bandage éminemment perméable.

Le pansement sera renouvelé de facon érès variable suivant les cas.

Le seul crilérium c’est la quantité de l’exsudat. Une

PE CEE PNEU

ar Ad

plaie suppurant beaucoup devra être pansée deux fois par jour, et même trois fois si c’est nécessaire.

Qu'on r’allègue pas que l’on trouble ainsi le travail . de réparation. Le souci de l'élimination des déchets doit, de beaucoup, passer avant. Nous l’avons bien vu à propos du petit brûlé dont nous rapportons Pobservation : Voulant obéir au principe de la rareté du pansement dans les brûlures, nous cessâmes de faire le pansement tous les jours pour ne le faire qu’un jour entr’autres. Aussitôt, l'état général de l'enfant, jusque-là très satisfaisant depuis son pansement quotidien au sérum, redevint mauvais. Et la plaie, qui avait acquis, malgré l’abondante suppuration que chaque matin l’on retrouvait dans le pansement, un fort bel aspect de vitalité, redevint sanieuse et grisâtre. Ce fut bien pis lorsqu’ayant fait des greffes, nous laissâmes à demeure une gaze sur la plaie. Elle ne tarda pas à devenir une lame imperméable par suite du pus concrété, et la température à grandes oscillations caractéristiques de la résorption purulente apparut. Nous n’insisterons pas davantage, renvoyant fau chapitre suivant pour la lecture de cette observation et de l’instructive courbe de température qui Paccompagne. En résumé done, la règle doit être:

Renouveler le pansement aussi souvent qu'il est nécessaire, c’est-à-dire chaque fois que sa capacité absorbante est près d’être satisfaite par les exsudats de la plaie.

Nous n’insisterons pas davantage sur le traitement”

Page 1