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qu'avec un apparéil de pansement complètement inoffensif lequel, par son bon pouvoir absorbant et évaporant, assurera en même temps l'évacuation des déchets de la lutte. Et ce sera là la phase aseptique du traitement de la plaie, phase la plus longue puisqu'elle devra se prolonger jusqu'à ce que la nature ait terminé son œuvre. | |
En possession de ces idées directrices, nous pouvons tenter maintenant de traiter une plaie qui se présente à nous.
Pour fixer les idées, nous supposerons qu'il s’agit d’une brûlure, car c’est là une plaie particulièrement délicate et difficile à bien traiter. Elle n’échappe pas, | bien entendu, aux lois issues des Doctrines Pastoriennes, car ces lois sont merveilleuses par la généralité de leurs applications au traitement de toutes les plaies. ’ Mais deux choses, en général, caractérisent une … brülure : leur facilité d'infection et leur difficulté de réparation. Une brûlure s’infecte avec une facilité extrême, car les éléments anatomiques mortifiés sont . une proie facile pour l’infection. Quant aux autres, « étonnés » par le traumatisme, ils ne se défendent, au début tout au moins, que d’une façon très imparfaite.
Il faut donc essayer d’abord de faire disparaître aussi complètement que possible les germes déjà logés dans là plaie.
Mais il faut, ce faisant, ne pas achever de traumatiser les éléments anatomiques, déjà si fortement endommagés, afin qu’ils puissent récupérer leur vita-
lité le plus tôt et le plus complètement possible pour
lutter victorieusement contre l'infection que nos moyens seuls seraient impuissants à combattre, et pour assurer, par leur vigoureuse prolifération, la réparation de la perte de substance.
La phase antiseptique du traitement d’une brûlure est donc nécessaire, mais doit être judicieusement pratiquée pour ne pas être plus nuisible qu'utile.
Plus que jamais donc le principe : ne pasnuire, devra être présent à notre esprit et nous servir de règle de conduite.
Supposons qu’il s'agisse d’une brülure étendue du thorax, du 2° ou 3° degré, ou de ces deux degrés à la fois, suivant les points de la plaie.
Pendant que l’on déshabille le malade, qu'on le couche, qu’on le réchauffe, qu’on lui donne un cordial, se laver très soigneusement les mains comme pour une petite opération.
A laide de pinces stérilisées enlever soigneusement tous les débris qui se trouvent à à la surface de la plaie : fragments de vêtements, lambeaux épidermiques plus ou moins mortifiés ou que l’on soupçonne infectés, et susceptibles, pour toutes ces raisons dé nuire à la
cicatrisation ultérieure. S'il est des phlyctènes volu-
mineuses il convient de les ponctionner dans un point déclive avec une aiguille ou un bistouri fin stérilisés.
Il ne faut pas enlever cet épiderme car c’est une protection pour les couches prolifératrices sousjacentes. Ce n’est que si la brûlure était déjà ancienne
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-et le contenu des phlyctènes plus ou moins purulent qu’il y aurait avantage à exciser ces lambeaux épidermiques. Ÿ
Ceci fait il faut procéder à la toilette soignée de toute la périphérie cutanée de la brûlure. Pendant toute la durée de cette toilette on prendra garde que les liquides de lavage n’aillent point souiller la brûlure elle-même, et pour cela il faut, si possible, - faire prendre au blessé une série de positions telles que chaque partie de la périphérie cutanée au moment où on la lave, soit dans une position déclive par rapport à la brülure, que l’on protège néanmoins avec un nombre suffisant de compresses stérilisées. IL faut laver dans une zone très large, tout autour de la brûlure et employer d’abord du savon et de l’eau bouillie chaude en s’aidant, mais avec douceur, d’une brosse ou de fibre de bois, sécher avec des compresses de gaze stérilisée, puis compléter le dégraissage de la peau par des frictions avec de l’éther d’abord, de l'alcool ensuite. On peut alors faire agir efficacement des antiseptiques, par exemple permanganate et bisulfite, puis sublimé.
Pour aller plus vite, et peut-être aussi, pour obtenir un résultat meilleur, nous sommes d’avis d'utiliser simplement la teinture d’iode, dont les excellentes propriétés pour l’antisepsie cutanée ont été tant vantées récemment. Elle agira d'autant mieux dans ce cas que la peau à été bien dégraissée. À cause de alcool qu’elle contient on pourrait se dispenser des ‘
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frictions à l’alcool avantson application, se contentant donc de la détersion à l’eau savonneuse chaude, et à l’éther. S
Si l'on craint les propriétés irritantes de la teinture d’iode, on pourrait la diluer en y ajoutant un peu d'alcool à 90°. On peut aussi employer, au lieu de teinture d’iode le chloroforme iodé à 1/20, qui, d’après Chassevant, à le même pouvoir antiseptique que la teinture d’iode sans en avoir les effets douloureux et vésicants. PA :
Ea procédant ainsi on gagne beaucoup de temps, c’est-à-dire des forces pour le ‘blessé et on réalise une antisepsie cutanée meilleure que par n'importe quel autre procédé. ds
Reste l’antisepsie de la brülure elle-même. Avant de la commencer il faut se laver de nouveau les mains, un peu plus sommairement toutefois, ou les passer dans une solution antiseptique. Les essuyer ensuite à sec avec des compresses stérilisées.
Il faut d’abord ne pas perdre de vue cette délicatesse particulière qu'ont les tissus au niveau-des brülures. Il conviendra donc de les ménager le plus possible. C’est pourquoi il faudra chercher à assurer plutôt la disparition des germes par des moyens Mécaniques que leur destruction par des moyens chimiques, car ceux-ci sont, en général, plus nocifs. Et, parmi les moyens mécaniques, il conviendra encore de choisir les plus doux. On ne frottera pas la plaie, car on V’irriterait et le malade souffrirait. Or, généralement
un brûle souffre déjà beaucoup. Il convient donc
de ne pas l’affaiblir encore par des dépenses nerveuses, car, ainsi que le disait Dupuytren, les blessés meurent aussi bien par pertes nerveuses que par pertes sanguines.
Le moyen mécanique le moins nocif est l'irrigation. À l’aids d’un bock bien flambé, d'un tube et d’une canule stérilisés, irriguer longuement la plaie avec de l’eau aussi chaude que pourra la supporter le blessé. La pression doit être assez forte pour assurer une bonne détersion, pas trop cependant pour être into-
lérable au patient.
Nous pensons qu’il est bon nero pie de temps
en temps l'irrigation pour éponger la plaie à l’aide de
compresses de gaze stérilisées que l’on aura d’abord mouillées, puis exprimées très fortement afin qu’elles soient légèreme at ct uniformément humides et qu’elles aient, de ce fait, un plus grand pouvoir absorbant. Il ne faut pas frotter, mais éponger doucement et méthodiquement tous les points de la plaie. En frottant on irrite, on désorganise les éléments anatomiques. De plus, en promenant la compresse à la surface de la plaie, on peut communiquer l'infection d’un point que l’on vient de frotter à un point voisin qui peut, par hasard, être moins infecté. Pour la même raison, employèr de petites compresses qui ne serviront chacune qu'à éponger un point de la plaie. :
Combien de temps devra durer l'irrigation ? Il est difficile de le dire, car cette durée doit varier suivant